312.9 – Es-tu plus tranquille maintenant, Jean?”
“Oui, mon Seigneur. Mais quelle douleur!”
“Tu ne te révoltes pas pourtant…”
“Me révolter? Jamais! Je te perdrais tout à fait. Je dis “mon” Notre Père: Que soit faite ta volonté.”
“Je le savais que tu m’aurais compris…”
Il l’embrasse sur ses joues sur lesquelles coulent des larmes continuelles bien qu’apaisées.
“Me laisses-tu saluer l’enfant?…Cela est une autre douleur… Je l’aimais bien…”
Les pleurs coulent plus fort…
“Oui. Je l’appelle tout de suite… Et j’appelle aussi Syntica. Elle aussi souffrira… tu dois l’aider, toi, homme…”
“Oui, Seigneur.”
Jésus sort pendant que Jean pleure et caresse les murs et les objets de la petite chambre hospitalière.
Marie et Marziam entrent ensemble.
“Oh! Mère! Tu as entendu? Tu le savais?”
“Je le savais et je m’en affligeais… Mais moi aussi je me suis séparée de Jésus… Et je suis la Mère…”
“C’est vrai!… Marziam, viens ici. Tu sais que je pars et que nous ne nous reverrons plus?” Il veut être courageux, mais il prend l’enfant dans ses bras, s’assied sur le bord du lit, et il pleure, il pleure sur la tête brune de Marziam qui est bien prêt de l’imiter.
312.10 – Jésus entre avec Syntica qui demande:
“Pourquoi, Jean, tant de larmes?”
“Il nous renvoie, tu ne le sais pas? Tu ne le sais pas encore? Il nous envoie à Antioche!”
“Eh bien? N’a-t-il pas dit que là où deux sont réunis en son nom, il est au milieu d’eux? Cf. EMV 278.2. Allons, Jean! Toi, peut-être jusqu’à présent, tu as choisi ton sort toi-même et pour toi de subir une autre volonté, même venant de l’amour, cela t’effraies. Moi… j’ai l’habitude de subir le sort que m’impose autrui. Et quel sort!… Aussi je me soumets volontiers à ce nouveau destin. Et quoi? Je ne me suis pas révoltée contre un esclavage despotique autrement que quand on a voulu l’exercer sur mon âme. Et je devrais maintenant me révolter contre ce doux esclavage d’amour qui ne blesse pas, mais élève notre âme et nous confère le titre et la réalité d’être ses serviteurs? Tu as peur de demain, parce que tu souffres? Moi, je travaillerai pour toi. Tu as peur de rester seul? Mais moi, je ne te quitterai jamais. Sois-en certain. Je n’ai pas d’autre but dans ma vie que d’aimer Dieu et le prochain. Tu es le prochain que Dieu me confie. Pense si tu me seras cher!”
“Vous n’aurez pas besoin de travailler pour vivre, car vous êtes dans la maison de Lazare. Mais je vous conseille de vous servir des méthodes d’enseignement pour approcher le peuple: Toi, comme maître, toi, femme, par tes travaux féminins. Cela servira à l’apostolat et à donner un but à vos journées.”
“Ce sera fait, Seigneur” répond avec fermeté Syntica.
312.11 – Jean est toujours avec l’enfant dans ses bras et il pleure doucement. Marziam le caresse…
“Tu te souviendras de moi?”
“Toujours, Jean, et je prierai pour toi… Même… Attends un moment…” Il sort en courant.
Syntica demande: