Et Jésus, comme il le fait d’ordinaire, monte sur un petit talus pour que tous puissent le voir. Il a devant Lui, au premier rang les cinq Jean. En arrière se trouvent les disciples, mêlés à ceux qui sont accourus de toutes parts de la Palestine, pour leur santé ou pour entendre la parole.
275.4 – “La paix à vous tous, et la sagesse sur vous.
Écoutez. Quelqu’un, en un jour lointain, m’a demandé si Dieu est miséricordieux envers les pêcheurs et jusqu’à quel point Il l’est. Celui qui le demandait était un pécheur pardonné qui n’arrivait pas à se persuader de l’absolu pardon de Dieu. Et Moi, par des paraboles, je le calmai, le rassurai et lui promis que pour lui j’aurais toujours parlé de miséricorde pour que son cœur repenti qui, semblable à un enfant égaré lui pleurait au-dedans, se sentît assuré d’être déjà en possession de son Père des Cieux.
Dieu est Miséricorde parce que Dieu est Amour. Le serviteur de Dieu doit être miséricordieux pour imiter Dieu.
Dieu se sert de la miséricorde pour attirer à Lui ses fils dévoyés. Le serviteur de Dieu doit se servir de la miséricorde comme d’un moyen pour amener à Dieu les fils dévoyés.
Le précepte de l’amour doit être obligatoire pour tous, mais il doit l’être trois fois pour les serviteurs de Dieu.
On ne conquiert pas le Ciel si en n’aime pas. Mais cela, il suffit de le dire aux croyants. Aux serviteurs de Dieu, Moi je dis: “On ne fait pas conquérir le Ciel aux croyants si on n’aime pas avec perfection”. Et vous, qui êtes-vous, vous qui vous pressez tout autour? En plus grande partie, vous êtes des créatures qui tendez à une vie parfaite, à la vie bénie, à la vie pénible, lumineuse du serviteur de Dieu, du ministre du Christ. Et quels devoirs avez-vous en cette vie de serviteurs et de ministres? Un amour total pour Dieu, un amour total pour le prochain. Votre but: servir. Comment? En rendant à Dieu ceux que le monde, la chair, le démon ont pris à Dieu. De quelle façon? Par l’amour. L’amour qui a mille façons de s’exercer et une fin unique: faire aimer.
275.5 – Pensons à notre beau Jourdain. Comme il est imposant à Jéricho! Mais, était-il ainsi à sa source? Non, c’était un filet d’eau, et tel il serait resté s’il avait toujours été seul. Au contraire, voilà que des montagnes, et des collines, de l’une et l’autre rive de sa vallée, descendent mille et mille affluents, les uns seuls, d’autres déjà formés de cent ruisseaux, et tous se déversent dans son lit, qui croit, croît, croît, jusqu’à devenir, de doux ruisseau qu’il était, cours d’eau d’argent azuré qui rit et s’amuse dans son enfance de fleuve, le fleuve large, solennel, tranquille qui déroule son ruban d’azur au milieu de ses rives fertiles couleur d’émeraude.
Ainsi en est-il de l’amour. Un filet initial chez ceux qui sont des enfants sur le Chemin de la Vie qui savent à peine se garder du péché grave par crainte de la punition et puis, avançant sur le chemin de la perfection, voilà que des montagnes de l’humanité rugueuses, arides, orgueilleuses, dures, sortent par la volonté de l’amour de nombreuses rivières de cette principale vertu.
Tout sert à la faire surgir et jaillir: les douleurs et les joies, comme sur les montagnes servent à faire des ruisseaux les neiges gelées et le soleil qui les fait fondre. Tout sert à leur ouvrir le chemin: l’humilité comme le repentir. Tout sert à les diriger vers le fleuve initial, car l’âme, poussée sur cette voie, aime descendre dans l’anéantissement du moi aspirant à remonter, attirée par le Soleil-Dieu, après être devenue un fleuve puissant, magnifique, bienfaisant.
Les ruisseaux qui nourrissent le ruisseau embryonnaire de l’amour de respect sont, outre les vertus, les œuvres que les vertus apprennent à accomplir, les œuvres qui justement, pour être des ruisselets d’amour, sont des œuvres de miséricorde.
Voyons-les ensemble. Certaines étaient déjà connues à Israël, d’autres, c’est Moi qui vous les fais connaître parce que ma loi est perfection d’amour Le Catéchisme de la doctrine chrétienne, Pie X, 1913, retient sept œuvres de miséricorde corporelle, et sept œuvres de miséricorde spirituelles (§ 22 et 23). Les voici : Œuvres de miséricorde corporelle : 1 - Donner à manger à ceux qui ont faim ; 2 - donner à boire a ceux qui ont soif; 3 - procurer des vêtements à ceux qui sont nus; 4 - et un logement aux étrangers; 5- visiter les infirmes; 6- et les prisonniers; 7 - ensevelir les morts. Ces prescriptions sont conformes aux enseignements de Jésus, mais il parle « d'hospitalité », là où le catéchisme parle seulement de « logement » pour les étrangers. Œuvres de miséricorde spirituelle : 1- Conseiller les incertains; 2 - instruire les ignorants; 3- avertir les pécheurs; 4- consoler les affligés; 5- pardonner les offenses; 6 - supporter patiemment les personnes désagréables; 7- prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Là aussi, les préceptes sont conformes, mais Jésus ne parle pas de conseiller les incertains que le catéchisme cite en premier. À noter la richesse de l'enseignement de Jésus qui met en correspondance la miséricorde corporelle et spirituelle. .
275.6 – Donner à manger aux affamés.
Devoir de reconnaissance et d’amour. Devoir d’imitation. Les enfants sont reconnaissants au père du pain qu’il leur procure et, devenus hommes, ils l’imitent en procurant du pain à leurs enfants, et à leur père que l’âge rend désormais incapable de travailler, ils procurent le pain par leur propre travail, affectueuse restitution, juste restitution du bien qu’ils ont reçu. Le quatrième commandement le dit: “Honore ton père et ta mère” Exode 20, 12 – Deutéronome 5, 16. . C’est aussi honorer leurs cheveux blancs de ne pas les réduire à demander leur pain à d’autres.
Mais, avant le quatrième commandement, il y a le premier: “Aime Dieu de tout toi-même” et le second: “Aime ton prochain comme toi-même”. Aimer Dieu pour Lui-même et l’aimer dans le prochain, c’est la perfection.
On l’aime en donnant du pain à qui a faim en souvenir de tant de fois où Lui a rassasié l’homme par des actes miraculeux. Mais sans regarder uniquement la manne et les cailles, regardons le miracle continuel, du grain qui germe par la bonté de Dieu qui a donné une terre propre à la culture et qui règle les vents, les pluies, la chaleur, les saisons pour que la semence devienne épi et que l’épi devienne pain.
Et est-ce que cela n’a pas été un miracle de sa miséricorde d’avoir enseigné par une lumière surnaturelle à ses fils coupables que ces herbes grandes et fines, qui se terminent par un épi de grains d’or à la chaude odeur de soleil, renfermés dans la dure enveloppe d’écailles épineuses, étaient une nourriture qu’il fallait récolter, égrener, réduire en farine, pétrir, cuire?
Dieu a enseigné tout cela. Et comment le récolter, le trier, l’écraser, le pétrir, le cuire. Il a mis les pierres près des épis et l’eau près des pierres, Il a allumé par des réverbérations de l’eau et du soleil le premier feu sur la terre et le vent a amené sur le feu des grains qui ont grillé en. répandant une odeur agréable pour faire comprendre à l’homme qu’il est meilleur ainsi qu’au sortir de l’épi, comme les consomment les oiseaux, ou pétri après avoir été moulu formant ainsi une pâte gluante que l’on cuit au feu. Vous n’y pensez pas, vous qui maintenant mangez le bon pain cuit dans le four familial, de quelle miséricorde est la preuve, ce fait d’être arrivés à cette perfection de cuisson, quel chemin on a fait faire à la connaissance humaine depuis le premier épi que l’homme a mastiqué comme le fait le cheval, jusqu’au pain actuel? Et, grâce à qui? A Celui qui a donné le pain. Et ainsi pour toute espèce de nourriture que l’homme a su, par une lumière bienfaisante, distinguer parmi les plantes et les animaux dont le Créateur a couvert la terre, lieu de châtiment paternel pour le fils coupable.
Donc, donner à manger aux affamés, c’est une prière de reconnaissance au Seigneur et Père qui nous rassasie, et c’est imiter le Père duquel nous avons la ressemblance gratuitement donnée, et qu’il faut augmenter toujours plus en imitant ses actions.
275.7 – Donner à boire à ceux qui ont soif.
Avez-vous jamais pensé à ce qui arriverait si le Père ne faisait plus pleuvoir? Ou bien s’Il disait: “A cause de votre dureté pour celui qui a soif, J’empêcherai les nuages de descendre sur la terre” pourrions-nous protester et maudire? L’eau, plus encore que le grain, appartient à Dieu. Car le grain est cultivé par l’homme, mais c’est Dieu seul qui cultive les champs de nuages qui descendent en pluie ou en rosée, comme les brouillards et les neiges, et alimentent les champs et les citernes et remplissent les fleuves et les lacs, en donnant un refuge aux poissons qui, avec d’autres animaux, rassasient l’homme. Pouvez-vous donc dire à celui qui vous dit: “Donne-moi à boire” “Non. Cette eau m’appartient et je ne te la donne pas”? Menteurs! Qui de vous a fait un seul flacon de neige ou une seule goutte de pluie? Qui a évaporé un seul diamant de rosée par sa chaleur astrale? Personne.
C’est Dieu seul qui le fait. Et si les eaux descendent du ciel et y remontent, c’est seulement parce que Dieu règle cette partie de la création comme Il règle le reste.
Donnez donc à qui a soif la bonne eau fraiche qui sort des veines du sol, ou l’eau pure de votre puits, ou celle qui remplit vos citernes. Les eaux appartiennent à Dieu. Elles sont pour tous. Donnez-les à qui a soif. Pour une si petite œuvre, qui ne vous coûte pas d’argent, qui n’impose pas d’autre fatigue que celle de présenter une tasse ou un broc, je vous le dis, vous aurez une récompense au Ciel. Car ce n’est pas l’eau, mais l’acte de charité qui est grand aux yeux et à l’appréciation de, Dieu.
275.8 – Vêtir ceux qui sont nus.
Il passe sur les routes de la terre des misères nues, honteuses, pitoyables. Il y a les vieillards abandonnés, ceux qui sont invalides par maladies ou accidents; il y a les lépreux qui reviennent à la vie par la bonté du Seigneur; il y a les veuves, chargées de famille, il y a ceux qui ont été frappés par des malheurs qui leur ont enlevé toute aisance, il y a les orphelins innocents. Si je porte les yeux sur la vaste terre, je vois partout des personnes nues ou couvertes de haillons qui protègent à peine la décence et ne mettent pas à l’abri du froid, et ces personnes regardent d’un œil humilié les riches qui passent en vêtements somptueux, les pieds chaussés de confortables sandales. Humiliation et bonté chez ceux qui sont bons, humiliation et haine chez qui sont moins bons. Mais pourquoi ne venez-vous pas en aide à leur humiliation, en les rendant meilleurs s’ils sont bons, en détruisant la haine par votre amour s’ils sont moins bons?