Jésus se hâte en arrivant sur une place minuscule, un élargissement de la rue plutôt qu’une place, où le tumulte est à son comble.
La femme dispute encore son fils aux gardes. Elle s’accroche d’une main qui est devenue une griffe de fer aux débris de la porte abattue et de l’autre reste attachée à la ceinture de son fils. Si quelqu’un cherche à l’en séparer elle le mord férocement, insensible aux coups qu’elle reçoit et à la souffrance des cheveux qu’on lui tire d’une manière si féroce qui amène sa tête en arrière. Et, quand elle ne mord pas, elle crie:
“Lâchez-le! Assassins! Il est innocent! La nuit du meurtre de Joël il était au lit près de moi! Assassins! Assassins! Calomniateurs! Immondes! Parjures!”
Le jeune garçon, saisi aux épaules par ceux qui veulent l’enlever, traîné par les bras, se retourne, le visage bouleversé et crie:
“Maman! Maman, pourquoi dois-je mourir si je n’ai rien fait?”
C’est un bel adolescent, grand et élancé, aux yeux noirs et doux, aux cheveux noirs foncés, légèrement frisés. Son vêtement déchiré laisse voir son corps souple et jeune presque comme celui d’un enfant.
Jésus, aidé par ceux qui l’accompagnent, fend la foule compacte et se fraie un chemin jusqu’au groupe pitoyable juste au moment où la femme, à bout de forces, a été arrachée à la porte et traînée comme un sac lié au corps de son fils sur les pierres du chemin.
Mais cela dure pendant quelques mètres seulement. Un coup plus violent arrache la main de la mère à la ceinture du fils et la femme tombe en avant, en frappant durement son visage contre le sol et en saignant encore davantage. Mais tout de suite elle se redresse sur les genoux, en tendant les bras pendant que le fils, qu’on emporte rapidement autant que le permet la foule qui s’écarte difficilement, libère son bras gauche et l’agite en se tordant en arrière et en criant:
“Maman! Adieu! Rappelle-toi, toi au moins, que je suis innocent!”
La femme le regarde avec des yeux de folle, et puis tombe à terre, évanouie.
248.8 – Jésus se présente devant le groupe des gardes:
“Arrêtez-vous un moment. Je vous l’ordonne!”
Son visage ne souffre pas de réplique.
“Qui es-tu? demande, agressif, un citadin du groupe. Nous ne te connaissons pas. Écarte-toi et laisse-nous aller pour qu’il soit tué avant que la nuit arrive.”
“Je suis un Rabbi. Le plus grand. Au nom de Jéhovah (Jeovè), arrêtez-vous ou Dieu vous foudroiera.”
À ce moment, il semble que Lui va les foudroyer.
“Qui est témoin contre celui-ci?”
“Moi, lui et lui” répond celui qui a parlé le premier.
“Votre témoignage n’est pas valable parce qu’il n’est pas vrai.”
“Et pourquoi peux-tu le dire? Nous sommes prêts à le jurer.”
“Votre serment est un péché.”
“Nous, pécher? Nous?”
“Vous. De même que vous couvez la luxure, que vous nourrissez la haine, que vous êtes avides des richesses, que vous êtes homicides, vous êtes également parjures. Vous vous êtes vendus à l’Impureté. Vous êtes capables d’accomplir n’importe quelle infamie.”
“Fais attention à tes paroles. Je suis Aser…”
“Et Moi, je suis Jésus.”