248 – À Bethléem de Galilée. Jugement après un homicide et parabole des forêts pétrifiées
9 août 1945
Vision du jeudi 9 août 1945.
248.1 – C’est le soir quand ils arrivent à Bethléem de Galilée. On comprend que c’est la destinée des villes qui portent ce nom de s’étendre sur des collines ondulées, entourées de verdure, de bois, de prairies sur lesquels paissent les troupeaux qui descendent vers les bercails pour la nuit.
Le ciel est rouge, reste d’un crépuscule puissant qui s’achève. L’atmosphère est pleine de la musique pastorale des cloches et des bêlements tremblants auxquels s’unissent les cris joyeux des enfants qui jouent et les voix de leurs mères qui les appellent.
“Judas de Simon, va avec Simon chercher un logement pour nous et les femmes. L’auberge est au centre du pays et nous vous rejoindrons là.”
Alors que Judas et le Zélote obéissent, Jésus se tourne vers la Mère et dit:
“Cette fois ce ne sera pas comme à l’autre Bethléem. Tu trouveras où te reposer, ma Mère. Il n’y a pas beaucoup de voyageurs en cette saison et il n’y a pas d’édit.”
“En cette saison, il serait même agréable de dormir dans les prés ou au milieu de ces bergers, parmi les agneaux”
Marie sourit à son Fils et sourit à des jeunes bergers curieux qui la regardent fixement.
248.1 – Elle sourit de telle manière que l’un d’eux donne un coup de coude à un autre et lui dit tout bas:
“Ce ne peut être qu’Elle” et il s’avance, sûr de lui, en disant:
“Je te salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est-il avec toi?”
Marie répond par un sourire encore plus doux:
“Voilà le Seigneur” et elle montre Jésus qui s’est retourné pour parler avec ses cousins, en les chargeant de donner des oboles aux pauvres qui s’approchent avec des demandes plaintives. Et la Mère touche légèrement son Fils en Lui disant:
“Mon Fils, ces jeunes bergers te cherchent et ils m’ont reconnue, je ne sais comment…”
“Sûrement qu’Isaac est passé par ici en y laissant le parfum de la révélation. Garçon, viens ici.”
Le pastoureau, un brunet d’environ douze-quatorze ans, robuste malgré sa maigreur, aux yeux noirs très vifs, aux cheveux qui retombent en une tignasse d’ébène, enveloppé dans sa peau de brebis - il me semble une copie du jeune Précurseur - s’approche de Jésus, avec un sourire de bonheur, comme fasciné.
“La paix à toi, enfant, comment as-tu reconnu Marie?”
“Parce que seule la Mère du Sauveur pouvait avoir ce sourire et ce visage. On m’a dit: “Un visage d’ange, des yeux comme des étoiles et un sourire qui est plus doux que le baiser d’une mère, doux comme son nom Marie, saint au point de pouvoir se pencher sur le Dieu nouveau-né”. J’ai vu cela en Elle et je l’ai saluée parce que je te cherchais. Nous te cherchions, Seigneur, et… je n’osais pas te saluer Toi, en premier.”
“Qui t’a parlé de nous?”
“Isaac de l’autre Bethléem. Il nous a promis de nous amener vers Toi à l’automne.”
“Isaac est venu ici?”
“Il est encore dans ces contrées, avec tant de disciples. Mais à nous, bergers, c’est lui qui a parlé. Et nous avons cru à sa parole.
248.3 – Seigneur, permets-nous aussi de t’adorer comme nos compagnons de la nuit bienheureuse”