Que vous laisse le plaisir de la chair, de l’or et de la pensée? Rien. Qu’acquérez-vous en les repoussant? Tout. Je parle à des pécheurs parce que l’homme est pécheur. Eh bien, dites-moi, en vérité: après avoir satisfait les sens, ou l’orgueil, ou la cupidité, vous êtes-vous sentis plus frais, plus contents, plus tranquilles? Dans l’heure qui suit la satisfaction et qui est toujours une heure de réflexion, vous êtes-vous en réalité sentis sincèrement heureux? Moi, je n’ai pas goûté ce pain de la sensualité. Mais je réponds pour vous: “Non. Flétrissure, mécontentement, incertitude, nausée, peur, agitation. Voilà ce qu’a été le suc que vous a procuré cette heure de plaisir”.
Cependant, je vous en prie. Lorsque je vous dis: “Ne faites jamais cela”, je vous dis aussi: “Ne soyez pas inexorables à ceux qui se trompent”. Rappelez-vous que vous êtes tous frères, faits d’une même chair et ayant une même âme. Pensez que nombreuses sont les causes qui amènent quelqu’un à pécher. Soyez miséricordieux envers les pécheurs, relevez-les avec bonté et amenez-les à Dieu en leur montrant que le sentier qu’ils ont suivi est hérissé de dangers pour la chair, pour la pensée et l’esprit. Faites cela et vous en serez grandement récompensés. Parce que le Père qui est aux Cieux est miséricordieux avec les bons et sait rendre au centuple.
Je vous dis donc…”
(À ce moment, Jésus me dit que vous devez me copier la vision-dictée du 12 août 1944, B 961, de la 35e ligne jusqu’à la fin, c’est-à-dire jusqu’au départ de Marie-Madeleine, aux mots “et elle eut un rire de rage et de mépris”. Puis vous continuerez par ce qui suit, naturellement en omettant cette parenthèse) En revanche, l'éditeur ayant pris le parti de reproduire intégralement et fidèlement le manuscrit original, il a mentionné cette note et les 34 premières lignes de la vision à insérer. Le sigle B 961 fait référence aux copies dactylographiées par le père Migliorini. .
Vision du samedi 12 août 1944
174.11 – Jésus me dit:
“Regarde et écris. C’est l’évangile de la Miséricorde Il s'agit d'une série de visions données du 12 au 14 août 1944. Elles sont réparties entre ce chapitre et le chapitre EMV 183 de ce Tome, ainsi qu'en EMV 233 et en partie en EMV 377. Jésus l'évoque en EMV 468. que je donne à tous et spécialement à ceux qui se reconnaîtront dans la pécheresse et que j’invite à suivre dans sa rédemption.
Jésus, debout sur un rocher, parle à une foule nombreuse. C’est un endroit alpestre. Une colline solitaire entre deux vallées. Le sommet de la colline est en forme de joug ou plutôt en forme de bosse de chameau Bien que cette partie ait été reçue un an plus tôt que le début du chapitre (du 29 mai 1945), elle est en parfaite cohérence et fournit une autre description tout aussi exacte des cornes d'Hattin. , de sorte qu’à peu de mètres de la cime elle offre un amphithéâtre naturel où la voix résonne avec netteté comme dans une salle de concert très bien construite.
La colline n’est qu’une fleur. Ce doit être la belle saison. Les moissons des plaines commencent à prendre une couleur blonde et seront bientôt prêtes pour la faux. Au nord une montagne élevée resplendit avec son névé au soleil Le 12 août 1944, est la première fois que Maria Valtorta voit le mont Hermon, qu'elle ne connaît pas encore ! . Immédiatement au-dessous, à l’orient, la mer de Galilée paraît un miroir brisé dont les innombrables éclats semblent des saphirs embrasés par le soleil. Elle éblouit avec son scintillement azur et or sur lequel ne se reflète que quelques nuages floconneux qui traversent un ciel très pur et les ombres mobiles de quelques voiles. Ce doit être encore les premières heures de la matinée car l’herbe de la montagne a encore quelques diamants de rosée disséminés parmi les tiges. Au-delà du lac de Génésareth il y a des plaines éloignées qui par l’effet d’un léger brouillard, peut-être la rosée qui s’évapore, semblent prolonger le lac mais avec des teintes d’opale veinée de vert, et plus loin encore une chaîne de montagnes dont la côte très capricieuse fait penser à un dessin de nuages sur un ciel serein.
Certains sont assis sur l’herbe ou sur des pierres, d’autres sont debout. Le collège apostolique n’est pas au complet. Je vois Pierre et André, Jean et Jacques, et j’entends qu’on appelle les deux autres Nathanaël et Philippe. Puis, il y en a un autre qui est ou qui n’est pas dans le groupe. C’est peut-être le dernier arrivé: ils l’appellent Simon Contrairement aux apparences, ce commentaire est parfaitement cohérent : Jean, Jacques, Pierre et André ont été "vus" le 25 février 1944. La vision de la rencontre avec Nathanaël et Philippe a lieu le 13 octobre 1944, deux mois après la scène décrite ici et celle avec Simon le Zélote le 26 octobre 1944. . Les autres ne sont pas là, à moins que je ne les distingue pas au milieu de la foule nombreuse.
Le discours est déjà commencé depuis un moment. Je comprends qu’il s’agit du sermon sur la montagne. Mais les béatitudes sont déjà énoncées. Je dirais même que le discours approche de sa fin car Jésus dit: “Faites ceci et vous en serez grandement récompensés, car le Père qui est aux Cieux est miséricordieux avec les bons et sait rendre au centuple. Je vous dis donc…”
174.12 – Un grand mouvement se produit dans la foule qui se trouve vers le sentier conduisant au plateau. Les gens les plus proches de Jésus se retournent. L’attention se détourne. Jésus cesse de parler et tourne son regard dans la même direction que les autres. Il est sérieux et beau dans son habit bleu foncé Cohérence remarquable : le même vêtement est décrit au début de ce chapitre, dans une vision reçue le 27 mai 1945, dix mois après celle-ci. , avec les bras croisés sur la poitrine et le soleil qui effleure son visage avec le premier rayon qui passe au-dessus du pic oriental de la colline. Observation cohérente, car les deux sommets des cornes d'Hattin sont orientés nord-est/sud-est.
“Faites place, plébéiens” crie une coléreuse voix d’homme. “Faites place à la beauté qui passe”… quatre jolis-cœurs tout pomponnés s’avancent et l’un est certainement un romain car il porte la toge. Ils portent en triomphe sur leurs mains croisées pour faire un siège Marie de Magdala, encore grande pécheresse.
Elle rit de sa bouche très belle, elle rejette en arrière sa tête à la chevelure d’or toute en tresses et boucles retenues par des épingles précieuses et par une lame d’or parsemée de perles qui enserre le sommet du front comme un diadème et d’où descendent de légères boucles pour voiler ses yeux splendides rendus encore plus grands et plus séduisants par un savant artifice. Le diadème, ensuite, disparaît derrière les oreilles sous la masse des tresses qui retombent sur le cou très blanc et découvert. Et même… le découvert va bien au-delà du cou. Les épaules sont découvertes jusqu’aux omoplates et la poitrine beaucoup plus encore. Son vêtement est retenu aux épaules par deux chaînettes d’or. Les manches sont inexistantes. Le tout est recouvert, si l’on peut dire, par un voile qui sert uniquement à mettre la peau à l’abri du bronzage. Le vêtement est très léger et la femme se jetant, comme elle fait, par cajolerie, sur l’un ou l’autre de ses adorateurs, semble se jeter nue sur eux. J’ai l’impression que le romain est le préféré, car c’est à lui que s’adressent de préférence les sourires et les coups d’œil et il reçoit plus souvent la tête sur son épaule Ce romain pourrait bien être le meurtrier par dépit amoureux qui s'enfuit de chez Marie-Madeleine en EMV 183.3. .
“Voilà, la déesse est satisfaite” dit le romain. “Rome a donné une monture à la nouvelle Vénus et là se trouve l’Apollon que tu as voulu voir. Charme-le donc… mais laisse-nous aussi quelques bribes de tes charmes.”
Marie rit et d’un mouvement agile et provocant se jette à terre découvrant ses pieds chaussés de sandales blanches avec des boucles d’or et une partie de la jambe. Puis couvrant le tout, son vêtement très ample, fait de laine fine comme le voile et très blanc, est retenu à la taille, mais très bas à la hauteur des hanches, par une ceinture à boucles d’or dénouées. Et la femme se dresse comme une fleur de chair, une fleur impure, éclose par un sortilège sur le plateau vert où se trouvent quantité de muguets et de narcisses sauvages. Cohérent puisque depuis plusieurs jours les fleurs s'épanouissent dans toute la Galilée.
Elle est belle plus que jamais. La bouche petite et pourpre semble un œillet qui se détache sur la blancheur d’une dentition parfaite. Le visage et le corps pourraient satisfaire le peintre ou le sculpteur le plus difficile tant pour les teintes que pour les formes. Large de poitrine avec des hanches bien proportionnées, avec une taille naturellement souple et fine en comparaison de la poitrine et des hanches, elle semble une déesse comme l’a dit le romain, une déesse sculptée dans un marbre légèrement rosé sur lequel l’étoffe légère se tend sur les côtés pour retomber ensuite en plis nombreux sur le devant. Tout est étudié pour plaire.
Jésus la regarde fixement, et elle soutient effrontément son regard en riant et en se tournant légèrement à cause des chatouilles que le romain, lui fait en passant sur ses épaules et sur son sein découverts un brin de muguet cueilli dans l’herbe. Marie, avec un courroux étudié et faux, relève son voile en disant: “Respecte ma candeur” ce qui fait éclater les quatre en un bruyant éclat de rire.
Jésus continue de la fixer. Quand le bruit des éclats de rire s’atténue, comme si l’apparition de la femme avait rallumé la flamme du discours qui tombait, Jésus reprend la parole et ne la regarde plus. Mais il regarde ses auditeurs qui paraissent agités et scandalisés par cette aventure.
174.13 – Jésus reprend:
“J’ai dit d’être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d’aimer non seulement les frères nés des mêmes parents mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu’ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu’il vaut mieux compatir que d’être inexorables Jésus explique, en EMV 234.5, que cette phrase, noyée au milieu du discours, est dite spécialement à l'intention de Marie-Madeleine. .
Mais maintenant je vous dis qu’on ne doit pas condamner si on n’est pas exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens qui sont sévères avec tout le monde, mais pas avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et peut ne souiller que l’extérieur, et ils accueillent l’impureté au plus profond de leur sein, dans leur cœur. Préfigure déjà ce que sera le discours contre les scribes et les pharisiens, donné en EMV 596.14 et rapporté par Matthieu 23,1-36 et Luc 11,37-43.
Dieu n’est pas avec ceux qui sont impurs, car l’impureté corrompt ce qui est la propriété de Dieu: les âmes, et surtout les âmes des petits qui sont les anges répandus sur la terre. Malheur à ceux qui leur arrachent les ailes avec la cruauté de fauves démoniaques et qui jettent dans la boue ces fleurs du Ciel en leur faisant connaître le goût de la matière! Malheur!… Il vaudrait mieux qu’ils meurent brûlés par la foudre plutôt que d’arriver à un tel péché! Prépare l'invective contre ceux qui scandalisent les enfants (Cf. EMV 352.13) rapporté par Matthieu 18,6; Marc 9,42 et Luc 17,2.
Malheur à vous, riches et jouisseurs! Car c’est justement parmi vous que fermente la plus grande impureté à laquelle l’oisiveté et l’argent servent de lit et d’oreiller! Maintenant, vous êtes repus. La nourriture des concupiscences vous arrive jusqu’à la gorge et vous étrangle. Mais vous aurez faim, une faim redoutable et que rien ne rassasiera ni n’adoucira pendant l’éternité. Maintenant vous êtes riches. Que de bien vous pourriez faire avec votre richesse!
Mais vous en faites un mal pour vous et pour les autres. Vous connaîtrez une pauvreté atroce un jour, lequel n’aura pas de fin. Maintenant vous riez. Vous vous prenez pour des triomphateurs. Mais vos larmes rempliront les étangs de la Géhenne et elles ne s’arrêteront plus.