Jésus le regarde fixement et sourit.

“Pourquoi souris-tu, Maître?”

“Parce que le coupable, c’est ton père. Une faute d’enfant qui cache son jouet pour qu’on ne le lui prenne pas.”

“Mais il n’était pas avare. Crois-le. Il faisait du bien.”

“Je le sais, mais il était très âgé… Ce sont les maladies des vieillards… Il voulait mettre son argent à l’abri dans votre intérêt et il vous a désunis par excès d’affection. Mais la cassette est enterrée au pied de l’escalier de la cave. Je te le dis pour que tu saches que je le sais. Pendant que je te parle, par pur hasard, ton frère cadet en frappant le sol avec colère l’a fait vibrer et ils l’ont découverte. Ils sont confus et regrettent de t’avoir accusé. Retourne tranquillement chez toi et sois gentil avec eux. Ne leur reproche pas leur manque d’estime.”

“Non, Seigneur. Je n’y vais même pas. Je reste à t’écouter. J’irai demain.”

“Et s’ils t’enlèvent de l’argent?”

“Tu dis qu’il ne faut pas être avide. Je ne veux pas l’être. Il me suffit qu’il y ait la paix entre nous. Du reste… je ne savais pas ce qu’il y avait dans la cassette et je ne me mettrai pas en peine pour une déclaration inexacte. Je pense que cet argent aurait pu être perdu… S’ils me le refusent, je vivrai maintenant comme je vivais auparavant. Il me suffit qu’ils ne m’appellent pas: voleur.”

“Tu es très avancé sur le chemin de Dieu. Continue et que la paix soit avec toi.”

Et lui aussi s’en va content.

174.8 – Jésus retourne vers la foule, vers les pauvres et il distribue les oboles comme il le juge bon. Maintenant tout le monde est satisfait et Jésus peut parler. “La paix soit avec vous.

Quand je vous explique les chemins du Seigneur, c’est pour que vous les suiviez. Pourriez-vous suivre en même temps le sentier qui descend à droite et celui qui descend à gauche? Vous ne pourriez pas, car si vous prenez l’un, vous devez laisser l’autre. Même si les deux sentiers étaient voisins vous ne pourriez continuer à marcher un pied dans l’un et l’autre pied dans l’autre. Vous finiriez par vous fatiguer et par vous tromper même si vous aviez engagé un pari. Mais entre le sentier de Dieu et celui de Satan, il y a une grande distance et qui ne cesse d’augmenter, exactement comme ces deux sentiers qui se rejoignent ici, mais qui, à mesure qu’ils descendent dans la vallée s’écartent toujours plus l’un de l’autre, l’un allant vers Capharnaüm, l’autre vers Ptolémaïs. Exact : Il s'agit du sentier vers le nord-est (route de Magdala), et celui vers le sud-ouest (route de Cana). La vie est ainsi. Elle s’écoule entre le passé et l’avenir, entre le mal et le bien. Au milieu se trouve l’homme avec sa volonté et son libre arbitre; aux extrémités, d’une part Dieu et son Ciel, d’autre part Satan et son Enfer. L’homme peut choisir. Personne ne le force.

Qu’on ne me dise pas: “Mais Satan nous tente” pour s’excuser de descendre par le sentier du bas. Dieu aussi nous tente par son amour et cette tentation est bien forte; par ses paroles, et elles sont bien saintes; par ses promesses, et elles sont bien séduisantes! Pourquoi alors se laisser tenter par un seul des deux et par celui qui mérite le moins qu’on l’écoute? Les paroles, les promesses, l’amour de Dieu ne suffisent-ils pas à neutraliser le poison de Satan?

Attention que cela ne tourne pas mal pour vous. Quand quelqu’un est physiquement très sain, il n’est pas à l’abri des contagions, mais il les surmonte facilement. Si au contraire il est déjà malade et par conséquent affaibli, il périt presque certainement avec une nouvelle infection, et s’il survit il est plus malade que la première fois, car il n’a pas dans le sang la force de détruire complètement les germes infectieux.

C’est la même chose pour la partie supérieure. Si quelqu’un est moralement et spirituellement sain et fort, croyez bien qu’il n’est pas exempt de la tentation, mais le mal ne s’enracine pas en lui.

Quand j’entends quelqu’un me dire: “J’ai fréquenté celui-ci et celui-là, j’ai lu ceci et cela, j’ai essayé d’amener au bien celui-ci et celui-là, mais en réalité le mal qui était dans leur esprit et dans leur cœur, le mal qui était dans le livre est entré en moi”, je conclu: “Cela prouve que tu avais déjà créé le terrain favorable à la pénétration. Cela prouve que tu es un faible qui manque de nerf moral et spirituel. Car même de nos ennemis nous devons faire sortir du bien. En observant leurs erreurs, nous devons apprendre à n’y pas tomber. L’homme intelligent ne se laisse pas séduire par la première doctrine qu’il écoute. L’homme qui est tout imprégné d’une doctrine ne peut faire en lui une place pour les autres. Ceci explique les difficultés que l’on rencontre pour essayer de persuader ceux qui sont convaincus par d’autres enseignements de suivre la vraie Doctrine. Mais si tu m’avoues que tu changes de pensée au moindre souffle de vent, je vois que tu es plein de vides, ta force spirituelle est fissurée de partout, les digues qui retiennent ta pensée sont défoncées en mille endroits par où fuient les eaux saines et entrent les eaux corrompues, et tu es tellement sot et apathique que tu ne t’en aperçois même pas et n’y portes aucun remède. Tu es un malheureux;”.

Sachez donc, entre les deux sentiers, choisir le bon et le suivre, en résistant, en résistant, en résistant aux attraits de la sensualité, du monde, de la science et du démon. Les fois mélangées, les compromis, les pactes qui s’opposent l’un à l’autre, laissez-les aux gens du monde. Ils ne devraient pas non plus exister parmi eux si les hommes étaient honnêtes. Mais vous, vous au moins, hommes de Dieu, ne les ayez pas.

Vous ne pouvez faire des arrangements ni avec Dieu ni avec Mammon. Ne les ayez pas en vous-mêmes, car ils seraient sans valeur. Vos actions, mélangées de ce qui est bon et de ce qui ne l’est pas, n’auraient aucune valeur. Celles qui sont complètement bonnes seraient annulées par celles qui ne le sont pas. Celles qui sont mauvaises vous feraient tomber directement aux mains de l’Ennemi. Ne les faites donc pas. Mais servez loyalement.

Personne ne peut servir deux maîtres dont la pensée est différente. S’il aime l’un, il haïra l’autre et réciproquement. Vous ne pouvez appartenir également à Dieu et à Mammon Comme le rapportent Matthieu 6,24 et Luc 16,13. . L’esprit de Dieu ne peut se concilier avec l’esprit du monde.

L’un monte, l’autre descend. L’un sanctifie, l’autre corrompt. Si vous êtes corrompus, comment pouvez-vous agir avec pureté? La sensualité s’enflamme chez ceux qui sont corrompus et, à la suite de la sensualité, les autres désirs malsains.

174.9 – Vous savez déjà comment Ève fut corrompue, et Adam par son intermédiaire. Selon Genèse 3,6.

Satan embrassa l’œil de la femme Satan donna un baiser : dans une longue note qui occupe les quatre pages d'un feuillet plié et inséré dans une copie dactylographiée, Maria Valtorta explique en quoi consiste la corruption de l'œil et de l'oreille d'Ève. Il s'agit d'un baiser immatériel, une leçon de malice intellectuelle destinée à éveiller une curiosité initialement spirituelle, comme l'était l'épreuve proposée par Dieu pour confirmer Adam et Ève dans la grâce : l'obéissance au seul commandement de Dieu. Cette curiosité initialement spirituelle a ensuite dégénéré en curiosités substantielles toujours plus pesantes et bestiales. Après avoir décrit la condition originelle d'Ève qui connaissait Dieu avec justice, se voyait et se connaissait elle-même dans sa partie supérieure de fille de Dieu, mais s'ignorait dans sa partie inférieure de créature animale, la note poursuit : Satan, sous l'aspect d'un serpent, attira l'imprudente, la fascina comme c'est le propre d'un serpent, fit de son charme plein de ruse un poison mortel qui assombrit la vue et l'intelligence spirituelles de la femme ; puis, avec lubricité et toutes sortes d'insinuations, il révéla la femme à elle-même. Alors Ève se vit aussi puissante que Dieu, comme si elle s'était débarrassée de la marque de toute créature : devoir obéir à tout ce que Dieu commande et se borner à faire ce que Dieu permet. Après qu'elle eut rejeté cette marque pour être "comme Dieu", la luxure spirituelle du "pouvoir tout faire" entra en elle. Cela engendra la luxure intellectuelle du "tout connaître" : le bien et surtout le mal que Dieu lui interdisait de connaître. Au contraire, le Serpent l'y incitait, car c'est seulement par la pleine connaissance du bien et du mal qu'Adam et elle, deviendraient "comme des dieux", rendraient immortels leur sang et leur descendance par leur propre capacité ; il allait jusqu'à se proposer comme maître pour leur permettre de tout connaître. Et Eve le prit pour maître. La luxure intellectuelle, fille de la spirituelle, engendra la luxure charnelle. Et Ève, qui avait déjà employé pour le mal sa vue et son ouïe, voulut aussi employer le toucher en prenant connaissance du fruit mystérieux, l'odorat en aspirant son essence enivrante, et le goût en mordant l'écorce d'une connaissance nouvelle pour en déguster la saveur inconnue. C'est alors que naquit en elle un appétit concupiscent de consommer complètement ce qu'elle avait à peine essayé : en effet, désormais privée de la grâce, de son innocence et de son intégrité, ce qui était mauvais lui parut bon, et elle ne pouvait plus garder sa sensualité sous la sujétion de la raison. Elle se connut elle-même, connut et voulut que son compagnon connaisse : elle alla le trouver avec une mauvaise intention, l'entraîna à mépriser le commandement de Dieu, le tenta de mordre ce qu'elle avait mordu la première. Après l'avoir ainsi rendu semblable à elle en luxure et en malice, elle le persuada de consommer ce qui était interdit parce que cela procurait une nouvelle jouissance immédiate et un futur pouvoir d'être semblables à Dieu en créant par eux-mêmes de nouveaux hommes sur la terre, par des lois naturelles communes aux animaux et différentes de celles que Dieu avait établies. La note conclut : Les deux échelles de Satan visent à faire de l'homme, cet enfant de Dieu, un animal, et du Fils unique de Dieu devenu homme un pécheur. La première descend de l'esprit vers la chair et a " réussi " par la chute fatale. La seconde monte de la chair à l'esprit et a "raté" pour la raison suivante : le dessein satanique d'induire le messie au péché et par là de détruire pour toujours toute possibilité de régénération de l'homme à sa condition d'enfant de Dieu, servit, grâce à la perfection de l'Homme-Dieu, à confirmer le Christ dans sa grâce d'homme et donc dans sa puissance de Messie, cause de salut éternel pour la descendance d'Adam rachetée. et l’ensorcela de telle façon que toute vision jusqu’alors pure prit pour elle un aspect impur et éveilla des curiosités étranges. Puis Satan lui baisa les oreilles et les ouvrit aux paroles d’une science inconnue: la sienne. Même la pensée d’Ève voulut connaître ce qui n’était pas nécessaire. Puis Satan montra à l’œil et à la pensée éveillés au Mal ce que tout d’abord ils n’avaient pas vu ni compris, et tout en Ève s’éveilla et se corrompit. Et la Femme, allant vers l’Homme, révéla son secret et persuada Adam de goûter le nouveau fruit si beau à voir et interdit jusqu’alors. Et elle le baisa et le regarda avec une bouche et des yeux où était déjà le trouble satanique. Et la corruption pénétra en Adam qui vit, et dont l’œil désira le fruit défendu. Il y mordit avec sa compagne, tombant d’une telle hauteur dans la boue.

Quand quelqu’un est corrompu, il entraîne l’autre dans la corruption à moins que ce ne soit un saint au vrai sens du mot.

Attention à votre regard, hommes, au regard de l’œil et à celui de l’esprit. S’ils sont corrompus, ils ne peuvent que corrompre le reste. L’œil est la lumière du corps, ta pensée est la lumière du cœur Cet enseignement, rapporté par Matthieu 6,22 a déjà été évoqué en EMV 6.7. . Mais si ton œil n’est pas pur, tout en toi deviendra trouble et les nuées de la séduction créeront en toi des imaginations impures, car par suite de la soumission des organes à la pensée, une pensée corrompue corrompt les sens. Tout est pur en celui qui a une pensée pure qui lui donne un regard pur, et la lumière de Dieu descend en maîtresse là où les sens ne font pas obstacle. Mais si par une mauvaise volonté tu as habitué l’œil à des visions troubles, tout en toi deviendra ténèbres. Inutilement tu regarderas même les choses les plus saintes. Dans la nuit il n’y aura que ténèbres et tu feras des œuvres de ténèbres.

174.10 – Aussi, fils de Dieu, protégez-vous contre vous-mêmes. Surveillez-vous attentivement contre toutes les tentations. Être tenté n’est pas un mal. C’est par la lutte que l’athlète prépare la victoire. Mais le mal c’est d’être vaincus faute d’entraînement et d’attention. Je sais que tout sert à la tentation. Je sais que la défense énerve. Je sais que la lutte épuise. Mais, allons, pensez à ce que vous procurent ces choses. Et voudriez-vous pour une heure de plaisir, de n’importe quelle espèce, perdre une éternité de paix?