174 – Sixième sermon sur la Montagne : choisir entre le bien et le mal, l’adultère, le divorce. L’arrivée importune de Marie-Madeleine

29 mai 1945 / 12 août 1944

Le Sermon sur la Montagne.

Vision du mardi 29 mai 1945

(édition de 1985).

174.1 – Une matinée splendide où la pureté de l’air est encore plus vive qu’à l’ordinaire. Le lointain semble plus proche et on croit voir les choses à travers une loupe qui en montre clairement les plus petits détails. La foule se prépare à écouter le Maître. De jour en jour la nature se fait plus belle en se revêtant du vêtement opulent du cœur du printemps, qui en Palestine me semble être exactement entre mars et avril Plus de 70 indices chronologiques sur cette période prouvent que c'est alors le 18 février 28. Mais quand Maria Valtorta se fie à ses impressions personnelles, elle est parfois trompée par la précocité du printemps en Palestine. parce qu’après il prend déjà l’aspect estival avec les moissons mûres et les frondaisons déjà touffues et fournies.

Maintenant ce n’est qu’une fleur. Du haut de la montagne qui d’elle-même s’est revêtue de fleurs même aux endroits qui se prêtent le moins à cette floraison, on voit la plaine avec la houle de ses blés encore souples auxquels le vent donne un mouvement de flots verts-glauques à peine teintés d’or pâle à la cime des épis qui forment leurs grains au milieu de leur barbe. Au-dessus des moissons qui ondulent sous une brise légère, se dressent les arbres fruitiers vêtus de pétales. On dirait de gigantesques houppes de poudre ou encore des boules de gaze blanche, ou d’un rose très léger, ou soutenu, ou d’un rouge vif. Recueillis dans leurs vêtements d’ascètes pénitents, les oliviers prient, et leur prière se transforme en une neige, encore incertaine maintenant, de fleurettes blanches. Autour du lac, la végétation a environ deux mois d'avance par rapport à l'Italie ou au sud de la France.

L’Hermon a une cime d’albâtre rose que le soleil baise et d’où descendent deux fils de diamant. D’ici, on dirait des fils d’où le soleil fait ressortir un scintillement quasi irréel et puis ils disparaissent sous les galeries vertes des bois et on ne les voit plus que dans les vallées où ils forment des cours d’eau qui se dirigent sûrement vers le lac de Méron, invisible d’ici Exact : Le lac de Méron est caché par les collines de Corozaïn et de Bethsaïde. , et puis en sortent avec les belles eaux du Jourdain pour ensuite plonger de nouveau dans le saphir clair de la mer de Galilée qui n’est qu’un scintillement d’éclats précieux dont le soleil tient lieu de chatons et de flammes. On dirait que les voiles qui défilent sur ce miroir, tranquille et resplendissant dans son cadre de jardins et de campagnes merveilleuses, sont guidées par les nuages légers qui sillonnent l’autre mer du ciel.

Vraiment la création rit en cette journée de printemps et à cette heure matinale.

174.2 – Et les gens affluent, affluent sans arrêt. Il en monte de tous les côtés: des vieillards, des gens bien portants, des malades, des bébés, des époux qui veulent inaugurer leur vie avec la bénédiction de la parole de Dieu, des mendiants, des gens aisés qui appellent les apôtres et donnent leur offrande pour ceux qui n’ont rien, et qui semblent se confesser tant ils se dissimulent pour le faire. Thomas a pris un de leurs sacs de voyage et y verse tranquillement tout ce trésor de pièces de monnaie comme si c’était de la pâtée pour les poulets et puis il porte le tout près du rocher d’où Jésus parle, et rit joyeux en disant:

“Réjouis-toi, Maître! Aujourd’hui il y en a pour tous!”

Jésus sourit et dit:

“Et nous allons commencer tout de suite pour que ceux qui sont tristes soient tout de suite contents. Toi et tes compagnons, repérez les malades et les pauvres et amenez-les devant.”

Cela se fait en un temps relativement court car on doit écouter le cas de tel ou tel et cela aurait duré beaucoup plus longtemps sans l’organisation pratique de Thomas qui monte sur un rocher pour qu’on le voie et crie de sa voix puissante:

“Que tous ceux qui souffrent en leur corps aillent à ma droite, là où il y a de l’ombre.” Donc à l'Est, puisque le soleil se lève. Jésus regarde au nord. Le site des Cornes d'Hattin présente effectivement cette particularité d'offrir des zones à l'ombre, grâce à ses deux pics.

L’Iscariote doué lui aussi d’une voix d’une puissance et d’une beauté peu communes, l’imite et crie, à son tour:

“Que tous ceux qui croient avoir droit à l’obole viennent ici, autour de moi. Et faites bien attention à ne pas mentir car l’œil du Maître lit dans les cœurs.”

La foule s’agite et se sépare en trois groupes: les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.

174.3 – Mais, parmi ces derniers, deux, puis trois semblent avoir besoin de quelque chose qui n’est ni la santé, ni l’argent, mais qui est plus nécessaire que ces choses. Une femme et deux hommes. Ils regardent, ils regardent les apôtres et n’osent pas parler.

Simon le Zélote passe, l’air sévère; puis c’est Pierre, affairé, qui harangue une dizaine de diablotins auxquels il promet des olives s’ils restent tranquilles jusqu’à la fin et des claques s’ils font du tapage pendant que le Maître parle; Barthélemy passe, âgé et sérieux; puis ce sont Matthieu et Philippe qui portent dans leurs bras un estropié qui aurait eu trop de mal à se faire un passage dans la foule serrée; puis les cousins du Seigneur qui donnent le bras à un mendiant presque aveugle et à une pauvre femme, de je ne sais combien d’années, qui pleure en racontant à Jacques tous ses malheurs; puis c’est Jacques de Zébédée avec au bras une pauvre fillette certainement malade qu’il a prise à sa mère, qui le suit toute préoccupée, pour empêcher que la foule lui fasse du mal. Pour finir, viennent à passer, je pourrais dire les deux inséparables, André et Jean, car si Jean avec sa tranquille nature de saint enfant va également avec tous ses compagnons, André à cause de sa grande timidité préfère aller avec son ancien compagnon de pêche et de foi en Baptiste. Eux étaient restés au croisement des deux sentiers principaux Plus loin Jésus précise qu'il s'agit du sentier allant vers Capharnaüm, et celui qui mène à Ptolémaïs. Le premier passe par les cornes d'Hattin, et le second va à travers les gorges d'Arbel. pour diriger encore la foule vers leurs places, mais maintenant la montagne ne présente plus d’autres pèlerins sur ses voies pierreuses et les deux se réunissent pour aller vers le Maître avec les offrandes qu’ils ont reçues.

Jésus est déjà penché sur les malades, et l’hosanna de la foule ponctue chaque miracle.

La femme, qui paraît toute en peine, ose tirer le vêtement de Jean qui parle avec André et sourit. Il se penche et lui demande: “Que veux-tu, femme?”

“Je voudrais parler au Maître…”

“Es-tu malade? Tu n’es pas pauvre…”

“Je ne suis pas malade et je ne suis pas pauvre, mais j’ai besoin de Lui… car il y a des maux sans fièvre et des misères sans pauvreté et la mienne… et la mienne…” et elle pleure.