“Oui, et les malades…”
“Et ceux qui pleurent…”
“Et ceux qui sont seuls…”
“Oh! mon Maître! mais tu ne te rends pas compte que tu aimes tout le monde? Même tes ennemis?”
“Je ne m’en aperçois pas, Simon. Aimer, c’est ma nature. Voilà que le patriarche s’éveille. Allons lui dire qu’il fera la Pâque avec une fille auprès de lui et qu’il ne manquera plus de pain.”
Ils reviennent à la tente où la femme, les attend et ils s’en vont tous les trois près du vieillard qui est assis et relace ses sandales.
“Que fais-tu, père?”
“Je redescends vers la vallée et j’espère trouver un abri pour la nuit, et demain je mendierai sur la route et puis… peu à peu… d’ici un mois, si je ne meurs pas, je serai au Temple.”
“Non.”
“Je ne dois pas? Pourquoi?”
“Parce que le bon Dieu ne le veut pas. Tu n’iras pas seul. Cette femme viendra avec toi. Elle te conduira où je lui dirai et vous serez accueillis par amour pour Moi. Tu feras la Pâque, mais sans t’épuiser. Ta croix, tu l’as déjà portée, père. Dépose-la maintenant et recueille-toi en prière d’action de grâces pour le bon Dieu.”
“Mais pourquoi… mais pourquoi… moi.., moi, je ne mérite pas tant… Toi… une fille… C’est plus que si tu me donnais vingt ans… Et où, où m’envoies-tu?…”
Le vieil homme pleure dans le buisson de sa longue barbe.
“Chez Lazare de Théophile. Je ne sais pas si tu le connais.”
“Oh!… Je suis des confins de la Syrie et je me souviens de Théophile… Mais.., mais… Oh! Fils béni de Dieu, laisse-moi te bénir!”
Et Jésus, assis comme il l’est sur l’herbe en face du vieillard, se penche réellement pour lui permettre de Lui imposer solennellement les mains sur la tête. D’une voix de tonnerre, de sa voix caverneuse de vieillard, il prononce l’antique bénédiction Bénédiction qui se trouve en Nombres 6,24-26. :
“Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur te montre sa face et ait pitié de Toi. Que le Seigneur tourne vers Toi son regard et te donne sa paix.”
Jésus, Simon et la femme répondent ensemble:
“Et qu’il en soit ainsi.”