“Alors, Doras aura récompensé son serviteur!”
“Récompensé! Oh! Seigneur, comme tu le connais mal!”
“Mais Jonas m’a dit, qu’il y a quelques années, il fut frappé à mort pour la perte de quelques grappes et qu’il devint esclave pour dettes, le maître l’ayant accusé de la perte d’un peu de moisson. Cette année, qu’il a eu cette miraculeuse abondance Les champs de Doras ont été bénis par Jésus pour soulager le travail de Jonas (Cf. EMV 84). , il aurait donc dû le récompenser.”
“Non. Il l’a fouetté avec férocité, l’accusant de n’avoir pas, les années précédentes, obtenu la même abondance, parce qu’il n’avait pas soigné la terre comme il le fallait.”
“Mais cet homme est une bête fauve!” s’exclame Matthieu. “Non. Il n’a plus d’âme.” dit Jésus.
109.7 – “Je vous laisse, fils, avec ma bénédiction. Avez-vous du pain et de la nourriture pour aujourd’hui?”
“Nous avons ce pain.” et il montre une miche de pain noir qu’il tire d’un sac jeté par terre.
“Prenez ma nourriture. Je n’ai que cela, mais je suis chez Doras, aujourd’hui et…”
“Toi, chez Doras?”
“Oui, pour racheter Jonas. Vous ne le saviez pas?”
“Personne ne sait rien, ici. Mais… méfie-toi, Maître. Tu es comme une brebis dans l’antre du loup.”
“Il ne pourra me faire rien du tout. Prenez ma nourriture. Jacques, donne ce que nous avons, même votre vin. Réjouissez-vous un peu, vous aussi, pauvres amis. C’est pour l’âme et pour le corps. Pierre! Allons.”
“J’arrive, Maître. Il n’y a plus que ce sillon à finir.”
Et il court vers Jésus, congestionné par la fatigue. Il s’essuie avec son manteau qu’il avait quitté. Il le reprend et rit, heureux.
Les quatre n’en finissent plus de remercier.
“Tu passeras par ici, Maître?”
“Oui. Attendez-moi. Vous saluerez Jonas. Pouvez-vous le faire?”
“Oh! oui. Le champ devait être labouré pour ce soir. Il y a plus des deux tiers de faits. Si bien et si vite faits! Ils sont forts, tes amis! Dieu vous bénisse. Aujourd’hui, pour nous, c’est beaucoup plus que la fête des Azymes. Oh! que Dieu vous bénisse tous! Tous! Tous!”
109.8 – Jésus s’en va tout droit à la pommeraie. Ils la traversent, arrivent aux champs de Doras. D’autres paysans sont à la charrue ou courbés pour débarrasser les sillons des herbes arrachées. Mais Jonas n’y est pas. On reconnaît Jésus et, sans quitter le travail, les hommes le saluent.
“Où est Jonas?”
“Après deux heures il est tombé sur le sillon et on l’a transporté à la maison. Pauvre Jonas. Il n’a plus que peu de temps à souffrir. Il est vraiment à bout. Jamais plus nous n’aurons un ami meilleur.”
“Vous m’avez sur terre et lui dans le sein d’Abraham. Les morts aiment les vivants d’un double amour: le leur et celui qu’ils reçoivent se trouvant avec Dieu, amour parfait par conséquent.”
“Oh! va tout de suite vers lui. Qu’il te voie en sa souffrance!”
Jésus bénit et s’en va.