109 – Dans les champs de Yokhanan et de Doras. Morts de Jonas à la maison de Nazareth

15 février 1945

Vision du jeudi 15 février 1945.

109.1 – Je revois la plaine d’Esdrelon, pendant le jour, un jour demi couvert de fin d’automne. Il a dû pleuvoir pendant la nuit, un de ces premières pluies des tristes mois d’hiver, car la terre est humide, sans être boueuse, Et il y a aussi du vent, un vent humide qui arrache les feuilles jaunies et vous pénètre jusqu’aux os, de son souffle imprégné d’humidité.

Dans les champs quelques rares couples de bœufs au labour. Ils retournent, péniblement, la terre grasse de cette plaine fertile pour la préparer aux semailles, Et, un spectacle qui me fait peine à voir, en certains endroits, ce sont les hommes eux-mêmes qui font le travail des bœufs, tirant la charrue de toute la force de leurs bras et même de leur poitrine, s’arc-boutant sur le sol déjà remué, s’épuisant comme des esclaves en ce travail pénible même pour de robustes bouvillons.

Jésus aussi regarde et arrête ses yeux sur ce spectacle. Son visage devient triste jusqu’aux larmes.

Les disciples: onze, car Judas est encore absent et les bergers ne sont plus là, parlent entre eux et Pierre dit:

“Petite, pauvre, et fatigante la barque… Mais cent fois mieux que ce travail de bêtes de somme!”

Puis il demande:

“Maître, est-ce que ce sera déjà les serviteurs de Doras?”

C’est Simon le Zélote qui répond:

“Je ne pense pas. Ses champs sont au-delà de ce verger, me semble-t-il. Et nous ne les voyons pas encore.”

109.2 – Mais Pierre, toujours curieux, quitte la route et va le long d’un talus entre deux champs. Sur le bord sont assis pour un moment quatre laboureurs maigres et en sueur. La fatigue les fait haleter. Pierre les interroge

“Vous êtes à Doras?”

“Non. Nous appartenons pourtant à un de ses parents. Nous sommes à Yokhanan. Et toi, qui es-tu?”

“Je suis Simon de Jonas, pêcheur de Galilée jusqu’à la lune de Ziv 1er mai – Cf. la décision concrète de Pierre de s'organiser pour suivre Jésus (EMV 60.6). . Maintenant, Pierre de Jésus de Nazareth, le Messie de la Bonne Nouvelle.” Pierre le dit avec le respect et la fierté de quelqu’un qui dirait: “J’appartiens au haut et divin César de Rome” et plus encore. Son honnête visage s’illumine vraiment dans la joie de proclamer son appartenance à Jésus.

“Oh! le Messie! Où, où est-il?” disent les quatre malheureux.

“C’est Celui-ci, ce grand blond, vêtu de rouge foncé. Celui qui regarde ici, maintenant, et sourit en m’attendant.”

“Oh!…Si nous allions… Il nous chasserait?”

“Vous chasser?… Pourquoi! C’est l’ami des malheureux, des pauvres, de ceux qu’on opprime, et il me semble que vous… vous êtes vraiment de ceux-là…”

“Oh! si nous le sommes! Jamais comme ceux de Doras. Au moins, nous avons du pain à discrétion et on ne nous fouette que si nous laissons tomber le travail, mais…”

“De sorte que si maintenant le beau monsieur Yokhanan vous trouvait ici, à parler, vous… ”

“Il nous fouetterait comme il ne fouette pas ses chiens…”

Pierre sifflote d’une façon significative, Puis il dit:

“alors, il vaut mieux faire ainsi…”