“Ma maison est à Toi, Maître.”
“Paix à elle, Judas, paix et sainteté.”
Ils entrent. Au-delà du vestibule, il y a une salle spacieuse avec des divans bas et des meubles ornés de marqueteries. Avec Jésus et les autres, entrent les notables du pays. Inclinations, curiosité, ambiance de fête solennelle.
Un vieillard imposant prononce un discours:
“Grand événement pour le pays de Kérioth de te posséder, ô Seigneur. Grand événement! Jour heureux! Événement de te posséder, et événement pour voir qu’un de ses fils est pour Toi un ami et un collaborateur. Béni, celui-ci qui t’a connu avant tout autre! Béni sois-Tu cent fois pour t’être manifesté: Toi, l’Attendu des générations et des générations. Parle, Seigneur et Roi. Nos cœurs attendent ta parole, comme une terre desséchée par un été brûlant attend les premières douces pluies de septembre.”
“Merci, qui que tu sois. Merci. Et merci à ces habitants qui ont incliné leurs cœurs vers le Verbe du Père, vers le Père dont je suis le Verbe, pour que vous sachiez que ce n’est pas au Fils de l’homme qui vous parle, mais qu’au Seigneur Très-Haut, grâces et honneurs sont rendus pour ce temps de paix où Il a rétabli sa paternité brisée, avec les fils des hommes. Louange au Seigneur véritable, au Dieu d’Abraham qui a eu pitié et amour pour son peuple et lui a accordé le Rédempteur promis. Pas à Jésus, serviteur de l’Éternelle Volonté, mais à cette Volonté d’amour, gloire et louange.”
“Tu parles en saint… Je suis le chef de la synagogue. Ce n’est pas le sabbat, mais viens dans ma maison pour expliquer la Loi, Toi sur qui, mieux que l’huile qui consacre les rois est l’onction de la Sagesse.”
“Je vais venir.”
“Mon Seigneur, peut-être, est fatigué…”
“Non, Judas, jamais fatigué de parler de Dieu et jamais désireux de décevoir les cœurs.”
“Viens, alors, insiste le chef de la synagogue. Tout Kérioth est là, dehors qui t’attend.”
“Allons.”
Ils sortent. Jésus entre Judas et le chef. Puis, autour, les notables et la foule, la foule, la foule. Jésus passe et bénit.
78.6 – La synagogue donne sur la place. Ils entrent. Jésus va vers l’endroit d’où l’on enseigne. Il commence à parler, tout blanc dans son splendide vêtement, le visage inspiré, les bras étendus en son geste habituel.
“Peuple de Kérioth: le Verbe de Dieu parle. Écoutez. Il n’est que la Parole de Dieu, Celui qui vous parle. Sa souveraineté vient du Père et retournera au Père lorsqu’il aura évangélisé Israël. Que les cœurs s’ouvrent à la vérité ainsi que les esprits pour ne pas stagner dans l’erreur où naît la confusion.
Isaïe a dit: “Les vols faits à main armée et les vêtements tachés de sang seront la proie du feu. Voici, qu’il nous est né un petit Enfant, qu’on nous a donné un Fils. Sur ses épaules repose le pouvoir Voici son Nom: l’Admirable, le Conseiller, Dieu, le Fort, le Père du siècle à venir, le Prince de la paix Isaïe 9,4-5. ”. Voilà mon Nom. Laissons aux Césars et aux Tétrarques leurs proies. Pour Moi, je ferai un vol, mais pas un vol qui mérite d’être puni par le feu. Au contraire, j’arracherai au feu de Satan des proies et des proies pour les amener au Royaume de paix dont je suis le Prince et au siècle futur: l’éternité dont je suis le Père.
“Dieu” dit encore David, de la souche duquel je viens, comme il avait été prédit par ceux qui ont joui de la vision à cause de leur sainteté agréable à Dieu et choisie pour parler de Dieu, Dieu donc “a choisi un seul… mon fils… mais l’œuvre est grandiose, car il ne s’agit pas de préparer la maison d’un homme, mais une maison pour Dieu 1 Chroniques 29,1. ”. C’est ainsi: Dieu, le Roi des rois, a choisi un seul, son Fils, pour construire dans les cœurs sa maison. Et il a déjà préparé les matériaux. Oh! que d’or de charité! et de cuivre et d’argent et de fer et de bois rares et de pierres précieuses! Tout cela est en réserve dans son Verbe et Lui emploie ces matériaux pour construire en vous la demeure de Dieu. Mais, si l’homme n’aide pas le Seigneur, c’est inutilement que le Seigneur voudra construire sa maison. À l’or, on répond par l’or, à l’argent par l’argent, au cuivre par le cuivre, au fer par le fer. Cela veut dire qu’il faut donner amour pour amour, continence pour servir la Pureté, constance pour être fidèle, force pour tenir bon. Et puis apporter aujourd’hui la pierre, demain le bois; aujourd’hui le sacrifice, demain le travail, et bâtir, bâtir toujours le temple de Dieu en vous.
Le Maître, le Messie, le Roi de l’Israël éternel, du peuple éternel de Dieu vous appelle. Mais il veut que vous soyez purs pour cette œuvre, À bas l’orgueil: à Dieu les louanges. À bas les pensées humaines: c’est à Dieu qu’appartient le Royaume. Avec humilité dites avec Moi: “Tout t’appartient, Père. À Toi tout ce qui est bon. Apprends-nous à Te connaître et à Te servir en vérité”. Dites: “Qui suis-je?” Et reconnaissez que vous ne serez quelque chose que lorsque vous serez des demeures purifiées où Dieu puisse descendre et se reposer.
Tous, pèlerins et étrangers sur cette terre, sachez vous unir et marcher vers le Royaume promis. Le chemin: ce sont les commandements, accomplis non par crainte du châtiment, mais par amour pour Toi, Père Saint. L’arche: un cœur parfait où se trouve la manne nourrissante de la sagesse et où fleurit le rameau d’une volonté pure. Et, pour que la maison soit éclairée, venez à la Lumière du monde. C’est Moi qui vous l’apporte. Je vous apporte la Lumière. Rien d’autre. Je ne possède pas de richesses et je ne promets pas d’honneurs terrestres, mais je possède toutes les richesses surnaturelles de mon Père, et à ceux qui suivront Dieu dans l’amour et la charité, je promets l’honneur éternel du Ciel.
La paix soit avec vous.”
78.7 – Les gens qui ont écouté avec attention, parlottent un peu inquiets. Jésus parle avec le chef de la synagogue. Viennent s’unir au groupe d’autres personnes, peut-être les notables.
“Maître… mais n’est-tu pas le Roi d’Israël? On nous avait dit…”
“Je le suis.”
” Mais, Tu as dit…”
“Que je ne possède ni ne promets les richesses du monde. Je ne peux dire que la vérité. C’est ainsi. Je sais vos pensées. Mais l’erreur vient d’une faute d’interprétation et du très grand respect que vous avez à l’égard du Très-Haut. On vous a dit: “Le Messie vient”, et vous avez pensé, comme beaucoup en Israël, que Messie et roi, c’était une même chose. Élevez plus haut votre esprit. Observez ce beau ciel d’été. Il vous paraît qu’il finit là, que sa limite c’est où l’air semble une voûte de saphir? Non, plus loin il y a d’autres couches plus pures, des azurs plus nets, jusqu’à l’azur inimaginable du Paradis où le Messie amènera les justes morts dans le Seigneur. C’est la même différence entre la royauté messianique qu’imagine l’homme et la royauté réelle: toute divine.”