“Je suis Pureté et Vérité.”

“Tu es Bonté, aussi, Toi qui ne me regarde pas, ne me touche pas, et ne me piétine pas. Pitié pour moi…”

“C’est à toi, d’abord d’avoir pitié de toi. De ton âme.”

“Qu’est-ce que c’est, l’âme?”

“C’est ce qui, de l’homme fait un dieu et non un animal. Le vice, le péché la tue, et, elle morte, l’homme devient un animal repoussant.”

“Je pourrai te voir encore?”

“Celui qui me cherche me trouve.”

“Où résides-tu?”

“Là où les cœurs ont besoin du médecin et des remèdes pour devenir honnêtes.”

“Alors… je ne te verrai plus… Où je reste, on ne veut ni médecin, ni remède, ni honnêteté.”

“Rien ne t’empêche de venir où je suis. Mon nom, on le criera dans les rues et il arrivera jusqu’à toi. Adieu.”

“Adieu, Seigneur. Laisse-moi t’appeler “Jésus”. Oh! non pas par familiarité!… Pour que rentre un peu de salut en moi. Je suis Aglaé. Souviens-toi de moi.”

“Oui, adieu.”

La femme reste au fond du jardin. Jésus sort, l’air sévère. Il regarde tout le monde. Il remarque la perplexité chez les disciples, le mépris chez les Hébronites. Un esclave ferme le portail.

77.8 – Jésus va droit par le chemin. Il frappe à la synagogue. Un petit vieux s’avance, haineux. Il ne donne même pas à Jésus le temps de parler. “La synagogue est interdite, pas question de ce lieu saint, pour ceux qui parlent aux courtisanes. Va-t-en!”

Jésus se retourne sans parler et continue sa route, les siens derrière Lui. Jusqu’à la sortie d’Hébron. Alors, ils parlent.

“Pourtant, tu l’as bien voulu. Maître, dit Judas. Une courtisane!”

“Judas, en vérité je te le dis qu’elle s’élèvera au dessus de toi Et maintenant, toi qui me blâmes, que me dis-tu des Juifs? Dans les lieux les plus saints de la Judée, nous avons été bafoués et chassés… Mais c’est ainsi. Le temps vient où Samarie et les Gentils adoreront le vrai Dieu, et le peuple du Seigneur sera souillé de sang et d’un crime… d’un crime au regard duquel les fautes des courtisanes qui vendent leur chair et leur âme seront peu de chose. Je n’ai pu prier sur les ossements de mes cousins et du juste Samuel. Mais n’importe. Reposez, ossements saints, réjouissez-vous, ô esprits qui les habitiez, La première résurrection est proche. Puis viendra le jour où on vous montrera aux anges comme ceux des serviteurs du Seigneur.”

Jésus se tait et tout prend fin.