“Il a tant de choses à te dire, Simon.”
“Je l’entendrai après avoir parlé à la Synagogue. J’ai fait prévenir les pauvres et les malades en plus des riches et des gens en bonne santé. Tous ont besoin de la Bonne Nouvelle.”
49.4 - On approche du pays. Des enfants jouent sur la route et l’un d’eux, en courant viendrait s’abattre entre les jambes de Jésus si Lui n’avait pas été attentif à le saisir. Le bambin pleure tout de même, comme s’il s’était fait mal et Jésus lui dit, en le tenant par le bras:
“Un israélite qui pleure? Qu’auraient dû faire des milliers et des milliers de bambins qui sont devenus des hommes en franchissant le désert derrière Moïse? Et pourtant, c’est plus pour eux que pour les autres que le Très Haut a fait pleuvoir la manne si douce. Il aime en effet les innocents et veille sur ces petits anges de la terre, ces oiseaux sans ailes, comme il le fait pour les passereaux qui volent dans les bosquets et sur les toits. Tu aimes le miel? Oui? Et bien! si tu es bon, tu mangeras un miel plus doux que celui de tes abeilles.”
“Où donc? Quand?”
“Quand, après une vie de fidélité à Dieu, tu iras vers Lui.”
“Je sais que je n’y irai pas, si le Messie ne vient. La maman nous dit que pour l’heure, nous les gens d’Israël, nous sommes comme autant de Moïses et mourrons en vue de la Terre Promise. Elle dit que nous devrons attendre pour y entrer et que seul le Messie nous permettra d’y entrer.”
“Mais, quel brave petit Israélite! Eh bien, Moi, je te dis que quand tu mourras tu entreras tout de suite au Paradis, parce que le Messie aura déjà ouvert la porte du Ciel. Il faut donc que tu sois bon.”
“Maman! Maman!” Le bambin s’échappe des bras de Jésus et court à la rencontre d’une jeune épouse qui rentre, avec une amphore de cuivre. “Maman, le nouveau Rabbi m’a dit que j’irai tout de suite au Ciel quand je mourrai, et que je mangerai tant de miel… Mais à condition d’être bon. Je serai bon!”
“Dieu le veuille! Excuse, Maître, s’il t’a ennuyé. Il est si remuant!”
“L’innocence ne me cause pas d’ennui, femme. Dieu te bénisse parce que tu es une mère qui élève ses enfants dans la connaissance de la Loi.”
La femme rougit à ce compliment et répond:
“À Toi aussi la bénédiction de Dieu” et elle disparaît avec son petit.
49.5 - “Tu aimes les enfants, Maître?”
“Oui, parce qu’ils sont purs, sincères et aimants!”
“Tu as des enfants, Maître?”
“Non, j’ai seulement une Mère, et en Elle il y a la pureté, la franchise, l’amour des petits les plus saints, et en même temps la sagesse, la justice et la force des adultes. J’ai tout en ma Mère, Jean.”
“Et tu l’as quittée?”
“Dieu est au-dessus, même de la plus sainte des mères.”
“Est-ce que je la connaîtrai?”
“Tu la connaîtras.”
“Et Elle m’aimera?”
“Elle t’aimera parce qu’Elle aime ceux qui aiment son Jésus.”
“Alors, tu n’as pas de frères?” “J’ai des cousins du côté du mari de ma Mère Jésus ne dit pas : "du côté de mon père". Et pour cause, car Joseph est son père putatif. Jésus est conçu de l'Esprit-Saint. . Mais tout homme est pour moi un frère, et c’est pour tous que je suis venu.