49.6 - Nous voici devant la synagogue. J’entre et tu me rejoindras avec tes amis.”
Jean s’en va et Jésus entre dans une pièce carrée avec la garniture habituelle de lampes disposées en triangle et des pupitres avec des rouleaux de parchemin. Il y a déjà une foule qui attend et prie; Jésus prie aussi. La foule bavarde à son sujet, en arrière. Lui s’incline pour saluer le chef de la Synagogue et puis se fait donner, au hasard un rouleau.
Jésus commence la lecture.
Il dit: “Ces choses, l’Esprit me les fait lire pour vous. Au chapitre sept du livre de Jérémie Bien que la division en chapitres et en versets soit une invention chrétienne et relativement récente, les rouleaux lus dans les synagogues (Torah, la Loi, les Nevi'im, les prophètes et les Ketouvim, autres écrits) étaient divisés en livres et en sections (parashiot). On trouve une telle division dans la Septante, bible en usage au temps du Christ. Le livre de Jérémie est, dans la Bible hébraïque, connu comme Yrmeyahou (ירמיהו) et compte dans les prophètes. , on lit: “Voilà ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d’Israël: Corrigez vos mœurs et vos affections et alors, je viendrai habiter avec vous en ce lieu Jérémie 7, 3. . Ne vous bercez pas de paroles vaines que vous répétez: c’est ici le Temple du Seigneur, le Temple du Seigneur, le Temple du Seigneur Jérémie 7, 4. . Parce que, si vous améliorez vos mœurs et vos affections, si vous rendez justice entre l’homme et son prochain Jérémie 7, 5. , si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve, si vous ne répandez pas en ce lieu le sang innocent, si vous n’allez pas, pour votre malheur, vers des dieux étrangers Jérémie 7, 6. , alors, Moi, j’habiterai avec vous en ce lieu, dans la terre que j’ai donnée à vos pères pour les siècles des siècles Jérémie 7, 7. ”.
Écoutez, ô vous Israélites. Voici que je viens faire resplendir les paroles de lumière que votre âme aveuglée ne sait plus voir ni comprendre. Écoutez. Beaucoup de larmes se répandent sur la terre du Peuple de Dieu. Ils pleurent les anciens qui se rappellent les antiques gloires! Ils pleurent, les adultes, courbés sous le joug! Ils pleurent les enfants sans espoir d’une future gloire! Mais la gloire de la terre n’est rien en comparaison d’une gloire qu’aucun oppresseur, sinon Mammon et la mauvaise volonté ne peut arracher”.
Pourquoi pleurez-vous? Est-ce que le Très-Haut qui fut toujours, bon pour son peuple a tourné maintenant son regard autre part et lui refuse-t-il la vue de son Visage? N’est-il plus le Dieu qui entrouvrit la mer et y fit passer Israël, qui le conduisit à travers les sables du désert et le nourrit, qui le défendit contre ses ennemis? N’est-ce pas Lui qui, pour l’empêcher de perdre le chemin du ciel, donna à leurs âmes la Loi, comme il donnait à leurs corps la colonne de nuée? N’est-il plus le Dieu qui adoucit les eaux amères et fit tomber la manne alors qu’ils étaient épuisés? N’est-il pas le Dieu qui voulut vous établir sur cette terre et faire alliance avec vous? N’est-il pas votre Père et vous ses Fils? Et pourquoi l’étranger vous a-t-il frappés? Beaucoup, parmi vous murmurent: “Et pourtant nous avons ici le Temple!”. Il ne suffit pas d’avoir le Temple et d’aller y prier Dieu.
Le premier temple est dans le cœur de tout homme et c’est là que se fait la prière sainte. Mais, sainte, elle ne peut l’être si le cœur ne s’amende pas, si ne s’amendent pas les mœurs, les affections, les principes de justice à l’égard des pauvres, à l’égard des serviteurs, des parents, à l’égard de Dieu.
Regardez maintenant. Je vois des riches au cœur dur qui font de riches offrandes au Temple, mais ne savent pas dire au pauvre: ” Frère, voici un pain et un denier, accepte-les. De cœur à cœur, que mon aide ne t’humilie pas et que le don que je t’en fais ne me donne pas d’orgueil ”. Voilà: je vois des gens qui prient et qui se plaignent à Dieu de ce qu’il ne les écoute pas promptement, mais qui, ensuite, au malheureux, parfois du même sang qu’eux, alors qu’il leur dit: “Écoute-moi” répondent avec un cœur dur comme la pierre: “Non”. Voilà, je vous vois pleurer parce que le dominateur vide votre bourse. Mais vous pressurez ensuite le sang de qui vous haïssez et n’avez pas horreur de faire un vœu sanguinaire contre la vie.
O vous d’Israël! Le temps de la Rédemption est arrivé mais préparez-en les voies en vous, par la bonne volonté. Soyez honnêtes, bons, aimez-vous entre vous. Riches, soyez sans mépris; marchands, ne fraudez pas; pauvres, n’enviez pas. Vous êtes tous d’un seul sang, d’un seul Dieu. Vous êtes tous appelés à une même destinée. Ne vous fermez pas, avec vos péchés, le Ciel que le Messie vous ouvrira. Vous avez, jusqu’alors, erré? Maintenant plus. Que toute erreur disparaisse. Simple, bonne, facile est la Loi qui se ramène aux dix commandements primitifs mais imprégnés d’une lumière d’amour.
Venez. Je vous les montrerai tels qu’ils sont: amour, amour, amour. Amour de Dieu pour vous, de vous pour Dieu. Amour pour le prochain. Toujours amour parce que Dieu est Amour et que les fils du Père sont ceux qui savent vivre l’amour. Je suis ici pour tous, et pour donner à tous la lumière de Dieu. Voici la Parole du Père, qui se fait nourriture en vous. Venez, goûtez, renouvelez le sang de votre esprit avec cette nourriture. Que tout poison disparaisse, que tout désir charnel meure.
Une gloire nouvelle vous est apportée: la gloire éternelle et à elle viendront ceux qui feront dans leur cœur une véritable étude de la Loi de Dieu. Commencez par l’amour. Il n’y a rien de plus grand. Mais quand vous saurez aimer, vous saurez déjà tout et Dieu vous aimera et l’amour de Dieu signifie le secours de Dieu contre toute tentation.
Que la bénédiction de Dieu repose sur qui se tourne vers Lui d’un cœur plein de bonne volonté.”
Jésus se tait. Les gens parlottent. L’assemblée se sépare après le chant psalmodié de plusieurs hymnes.
49.7 - Jésus sort sur la petite place. Au seuil de la porte se trouvent Jean et Jacques avec Pierre et André.
“La paix soit avec vous, dit Jésus, et il ajoute: Voici l’homme qui pour être juste a besoin de s’abstenir de juger sans s’être d’abord informé, mais qui cependant sait reconnaître honnêtement ses torts. Simon, tu as voulu me voir? Me voici. Et toi, André, pourquoi n’es-tu pas venu plus tôt?”
Les deux frères se regardent, embarrassés. André murmure:
” Je n’osais pas…”
Pierre, tout rouge ne dit rien. Mais, quand il entend Jésus dire à son frère:
“Était-ce un mal de venir? Il n’y a que le mal que l’on ne doit pas oser faire”, il intervient franchement:
“C’est à cause de moi qu’il est resté. Lui voulait me conduire tout de suite vers Toi. Mais moi… J’ai dit… Oui, j’ai dit: ” Je n’y crois pas”, et je n’ai pas voulu. Oh! maintenant, cela va mieux!…”
Jésus sourit, puis il dit:
“Et, pour ta sincérité, je te dis que je t’aime.”
“Mais moi… moi, je ne suis pas bon. Je ne suis pas capable de faire ce que tu as dit à la synagogue. Je suis irascible et, si quelqu’un m’offense… Eh!… Je suis avide et j’aime avoir de l’argent… et dans ma vente de poissons… eh!… pas toujours… je ne suis pas toujours sans frauder. Et je suis ignorant. Et j’ai peu de temps à te suivre pour avoir la lumière. Comment faire? Je voudrais devenir comme tu dis… mais…”
“Ce n’est pas difficile, Simon. Tu connais un peu l’Écriture? Oui? Et bien pense au prophète Michée. Dieu veut de toi ce que dit Michée Michée 6, 8 - On vous a enseigné la conduite juste que le Seigneur exige des hommes : il vous demande seulement de respecter les droits des autres, d'aimer agir avec bonté et de suivre avec soin le chemin que lui, votre Dieu, vous indique. . Il ne te demande pas de t’arracher le cœur ni de sacrifier les affections les plus saintes. Non, Il ne te le demande pas pour l’instant. Un jour, sans que Dieu te le demande, tu te donneras aussi toi-même à Dieu. Mais Lui attend qu’un soleil et une ondée ait fait de toi, qui n’es qu’une frêle pousse, un palmier robuste et splendide. Pour l’heure, Il te demande ceci: pratiquer la justice, aimer la miséricorde, t’appliquer totalement à suivre ton Dieu, Efforce-toi de faire cela et le passé de Simon sera effacé, et tu deviendras l’homme nouveau, l’ami de Dieu et de son Christ. Non plus Simon mais Céphas, la Pierre solide sur laquelle je m’appuie.”
“Ceci me plaît! Je le comprends. La Loi, c’est cela… c’est cela… voilà je ne sais plus l’observer comme l’ont faite les rabbis!… Mais comme tu l’expliques, oui. Il me semble que j’y arriverai. Et tu m’aideras. Tu restes dans cette maison? J’en connais le propriétaire.”