“Tu as père et mère, des frères, des sœurs Il peut s'agir ici des sœurs de Jean comme de ses belles-sœurs, ce terme étant générique dans la culture de l'époque (cf. les frères de Jésus = ses cousins, les sœurs de Jésus = leurs épouses). Ces sœurs de Jean n'apparaissent pas de façon explicite dans l'œuvre. , tu as la vie et, avec la vie, la femme et l’amour. Comment feras-tu pour quitter tout pour Moi?”

“Maître… je ne sais… il me semble, si ce n’est pas de l’orgueil de le dire, que ton amour de prédilection me tiendra lieu de père et mère, de frères et sœurs et aussi de femme. De tout, oui, de tout je resterai rassasié, si tu m’aimes.”

“Et si mon amour te vaut souffrances et persécutions?”

“Ce ne sera rien, Maître, si tu m’aimes.”

“Et le jour qu’il me faudra mourir…”

“Non! Tu es jeune, Maître… pourquoi mourir? ”

“Parce que le Messie est venu prêcher la Loi dans sa vérité et pour accomplir la Rédemption. Et le monde a horreur de la Loi et ne veut pas de rédemption. C’est pour cela qu’il persécute les envoyés de Dieu.”

“Oh! qu’il n’en soit pas ainsi! Ne le dis pas à celui qui t’aime ce pronostic de mort!… Mais si Tu devais mourir, je t’aimerais encore, Toi. Permets-moi de t’aimer. ”

Jean a un regard suppliant. Plus penché que jamais, il marche à côté de Jésus et semble lui mendier son amour.

Jésus s’arrête. Il le regarde. Il le pénètre de son regard profond et puis lui pose la main sur sa tête inclinée.

“Je veux que tu m’aimes.”

“Oh! Maître! ”

Jean est heureux. Bien qu’une larme fasse briller sa pupille, il rit, de sa bouche jeune, bien dessinée. il prend la main divine, la baise au dos et la serre contre son cœur.

49.3 - Ils reprennent la marche.

“Tu as dit que tu me cherchais…”

“Oui. Pour te dire que mes amis veulent te connaître… et parce que, oh! comme je désirais être encore avec Toi! Je t’ai quitté depuis quelques heures… mais je ne pourrais déjà plus rester sans Toi!”

“Tu as donc été un bon annonciateur du Verbe?”

“Mais, Jacques, aussi, Maître a parlé de Toi de façon… à les convaincre.”

“De manière, que, qui était encore défiant a été persuadé. Il n’était d’ailleurs pas coupable car c’était la prudence qui était la cause de sa réserve. Allons le rassurer complètement.”

“Il avait un peu peur…”

“Non! il ne faut pas avoir peur de Moi! Je suis venu pour les bons et surtout pour ceux qui sont dans l’erreur. Je veux sauver, non pas condamner. Avec les gens honnêtes je serai tout miséricorde.”

“Et avec les pécheurs?”

“Aussi. Par malhonnêtes, j’entends parler de ceux qui sont spirituellement malhonnêtes, et qui hypocritement se font passer pour bons, alors qu’ils sont mauvais, des gens qui ne cherchent que leur propre intérêt, même aux dépens du prochain. Avec eux, je serai sévère.”

“Oh! Simon alors peut être tranquille, il est franc comme nul autre.”

“C’est ainsi qu’il me plaît et que je veux voir tout le monde.”