VI — « C’est la Maman du ciel qui m’a envoyé à toi… »

Le 30 juin 1961, Teresa souffre indiciblement, « elle se sent devenir folle », à cause de quelques piqûres qui se sont infectées. Il est minuit, Teresa ne peut qu’invoquer le secours du ciel, car sa mère, épuisée, dort profondément. À cet instant, Teresa entend frapper à la porte : « Le moine entra et je lui dis : — Mon Père, mais… à cette heure ? ! Que diront de vous les frères, au couvent ? ! Et de moi, que dira ma mère, si elle se réveille ? ! — Il me répondit : — Sache, ma fille, que je suis le P. Pio de S. Giovanni ; donc, sois tranquille, car personne ne pourra nous voir ensemble. C’est la Maman du ciel qui m’a envoyé à toi. — Nous priâmes, pendant longtemps, puis il me dit : — Je suis ici, pour t’aider. Veux-tu voir combien de gens viennent à moi ? — Il était trois heures du matin et je m’assoupis, la joue posée sur la paume de sa main : je me trouvai devant une église et beaucoup de gens étaient là, assis, à attendre. M’étant réveillée, je le vis encore et je lui dis : — Mon Père, bienheureux êtes-vous, qui pouvez faire tant de bien à ces âmes. — À cet instant, sans rien dire de plus, me bénissant de sa main, il disparut » (Cf. Journal, p. 1644).

Teresa a dix-huit ans, elle est désormais grande, mais plus grande est en elle la simplicité, unie à la candeur et à la pudeur. Elle s’inquiète de la présence « indiscrète » du moine, à cette heure, c’est pourquoi le P. Pio se sent obligé de la rassurer en lui disant qu’il est venu à elle par mandat explicite de la Maman céleste. Ce n’est qu’ainsi que Teresa se tranquillise et prie, avec le P. Pio « pendant longtemps », jusqu’à trois heures du matin, quand, par prodige, elle s’assoupit, comme une enfant dans les bras de sa mère, « la joue sur la paume de sa main », et, ainsi, elle contemple la foule qui, à S. Giovanni Rotondo, déjà, à cette heure, attend le P. Pio. À cet instant, il semble que Teresa se rende compte de se trouver devant un saint homme et lui dit : « Mon Père, bienheureux êtes-vous, qui pouvez faire tant de bien à ces âmes ! ».