De même il viendra un temps où on enseignera l’Évangile scientifiquement bien, spirituellement mal. Or qu’est la science si la sagesse fait défaut? C’est de la paille. De la paille qui gonfle et ne nourrit pas. Et en vérité je vous dis qu’un temps viendra où trop de Prêtres seront semblables à des paillers gonflés, paillers orgueilleux qui plastronneront dans leur orgueil d’être tellement enflés, comme s’ils s’étaient donnés d’eux-mêmes tous ces épis qui ont couronné la paille, ou comme si les épis se trouvaient encore à l’extrémité des brins de paille, et croiront être tout parce que, au lieu de la poignée de grains, la vraie nourriture qu’est l’esprit de l’Évangile, ils auront toute cette paille: un monceau! Un monceau! Mais la paille peut-elle suffire? Elle ne suffit pas même pour le ventre des bêtes de somme, et si leur maître ne fortifie pas les animaux avec de l’avoine et des herbes fraîches, les animaux nourris de la seule paille dépérissent et finissent par mourir.

Et je vous dis pourtant qu’un temps viendra où les Prêtres, oubliant qu’avec peu d’épis j’ai appris aux esprits la Vérité, et oubliant aussi ce qu’a coûté à leur Seigneur ce vrai pain de l’esprit, tiré tout entier et seulement de la Sagesse Divine, dit par la Divine Parole, digne dans sa forme doctrinale, se répétant inlassablement, pour que ne se perdent pas les vérités une fois dites, humble dans sa forme, sans oripeaux de science humaine, sans explications supplémentaires historiques et géographiques, où ces prêtres ne se soucieront pas de son âme, mais du vêtement pour le couvrir, afin de montrer aux foules combien de choses ils connaissent, et l’esprit de l’Évangile se perdra sous ces avalanches de science humaine.

Et s’ils ne le possèdent pas, comment pourront-ils le transmettre? Que donneront aux fidèles ces paillers gonflés? De la paille. Quelle nourriture en auront les esprits des fidèles? Autant qu’il en faut pour traîner une vie languissante. Quels fruits mûriront de cet enseignement et de la connaissance imparfaite de l”Évangile? Un refroidissement des cœurs, une substitution de doctrines hérétiques, de doctrines et d’idées encore plus qu’hérétiques, à l’unique, véritable doctrine, une préparation du terrain pour la Bête pour son règne éphémère de gel, de ténèbres et d’horreurs.

En vérité je vous dis que, comme le Père et Créateur multiplie les étoiles pour que le ciel ne se dépeuple pas à cause de celles qui périssent, une fois leur vie terminée, de même je devrai évangéliser cent et mille fois des disciples que je disséminerai parmi les hommes et dans les siècles. Et je vous dis aussi en vérité que leur sort sera semblable au mien: la synagogue et les orgueilleux les persécuteront comme ils m’ont persécuté. Mais, aussi bien eux que Moi, nous avons notre récompense: celle de faire la Volonté de Dieu et de le servir jusqu’à la mort de la croix pour que sa gloire resplendisse et que sa connaissance ne périsse pas.

635.14 - Mais toi, Pontife, et vous, Pasteurs, veillez sur vous et sur vos successeurs pour que ne se perde pas l’esprit de l’Évangile et priez inlassablement l’Esprit-Saint, pour qu’en vous se renouvelle une continuelle Pentecôte — vous ne savez pas ce que je veux dire, mais bientôt vous le saurez — afin que vous puissiez comprendre tous les idiomes, afin que vous puissiez choisir mes voix et les distinguer de celles du Singe de Dieu: Satan. Et ne laissez pas tomber dans le vide mes futures voix. Chacune d’elles est une miséricorde de ma part pour vous venir en aide, et elles seront d’autant plus nombreuses que pour des raisons divines je verrai que le Christianisme a besoin d’elles pour surmonter les bourrasques des temps.

Berger et timonier, Pierre! Berger et timonier. Il ne te suffira pas un jour d’être berger si tu n’es pas marin, et d’être marin si tu n’es pas berger. Tu devras être l’un et l’autre pour garder réunis les agneaux que des tentacules infernaux et des griffes féroces chercheront à arracher ou bien séduiront par des musiques mensongères de promesses impossibles.

Il te faudra aussi faire avancer la barque prise par tous les vents du septentrion et du midi et de l’orient et de l’occident, fouettée et battue par les forces des profondeurs, atteinte des flèches des archers de la Bête, brûlée par l’haleine du dragon, et balayée sur ses bords par sa queue, de sorte que les imprudents seront brûlés et périront en tombant dans l’eau bouleversée.

Berger et pilote dans des temps redoutables…

Ta boussole c’est l’Évangile. En lui se trouve la Vie et le Salut. Et tout y est dit. Il s’y trouve tous les articles du Code saint, et la réponse pour les cas multiples des âmes. Et fais en sorte que les Prêtres et les fidèles ne s’en écartent pas. Fais en sorte qu’il ne vienne pas de doutes sur lui, qu’on ne l’altère pas, qu’on ne le change pas, qu’on ne le falsifie pas. L’Évangile c’est Moi-même. De ma naissance à ma mort. Dans l’Évangile se trouve Dieu. Car en lui, se manifestent les œuvres du Père, du Fils, de l’Esprit-Saint. L’Évangile est amour. J’ai dit: “Ma Parole est Vie”. J’ai dit: “Dieu est charité”. Que les peuples connaissent donc ma Parole et qu’ils aient en eux l’amour, c’est-à-dire Dieu, pour avoir le Royaume de Dieu. Car celui qui n’est pas en Dieu n’a pas en lui la Vie.

Car ceux qui n’accueilleront pas la Parole du Père ne pourront être une seule chose avec le Père, avec Moi et avec l’Esprit-Saint dans le Ciel, et ils ne pourront pas appartenir au seul Bercail qui est saint comme je le veux. Ce ne seront pas des sarments unis à la Vigne car celui qui repousse, en tout ou en partie ma Parole, est un membre dans lequel ne circule plus la sève de la Vie. Ma Parole est un suc qui nourrit, qui fait grandir et porter des fruits.

635.15 - Tout cela vous le ferez en mémoire de Moi qui vous l’ai enseigné. J’aurais encore à vous dire sur ce dont je vous ai parlé maintenant. Mais j’ai seulement jeté la semence. L’Esprit-Saint vous la fera germer. J’ai voulu vous donner Moi-même la semence car je connais vos cœurs et je sais comment la peur vous ferait hésiter pour des commandements spirituels, immatériels. La peur d’une erreur paralyserait pour vous toute volonté. C’est pour cela que je vous ai parlé le premier de toutes les choses. Ensuite le Paraclet vous rappellera mes paroles et vous les développera en détail Jean 14,26. Jésus reprend une partie du discours qu'Il a tenu lors de la dernière Cène. Cf. EMV 600. . Et vous ne craindrez pas car vous vous rappellerez que la première semence c’est Moi qui vous l’ai donnée.

Laissez-vous conduire par l’Esprit-Saint. Si ma Main était douce pour vous conduire, sa Lumière est toute douceur. Lui c’est l’Amour de Dieu. Ainsi, Moi je m’en vais content parce que je sais que Lui prendra ma place et vous conduira à la connaissance de Dieu. Vous ne le connaissez pas encore, bien que je vous ai tant parlé de Lui. Mais ce n’est pas votre faute. Vous avez tout fait pour me comprendre et vous êtes donc justifiés même si pendant trois années vous avez peu compris. Le défaut de Grâce vous émoussait l’esprit. Maintenant même vous comprenez peu bien que la Grâce de Dieu soit descendue sur vous de ma croix. Vous avez besoin du Feu. Un jour j’ai parlé de cela à l’un de vous en suivant les chemins du Jourdain En EMV 361.5. . L’heure est venue. Moi je retourne vers mon Père, mais je ne vous laisse pas seuls, car je vous laisse l’Eucharistie c’est-à-dire votre Sauveur qui s’est fait nourriture pour les hommes. Et je vous laisse l’Ami: le Paraclet. Lui vous conduira. Je passe vos âmes de ma lumière à sa Lumière et Il achèvera votre formation.”

635.16 - “Tu nous quittes ici? Maintenant? Sur cette montagne?” Ils sont tous désolés.

“Non. Pas encore. Mais le temps vole, et ce moment viendra bientôt.”

“Oh! ne me laisse pas sur la Terre sans Toi, Seigneur. Je t’ai aimé de ta Naissance à ta Mort, de ta Mort à ta Résurrection, et toujours. Mais ce serait trop triste de ne plus te savoir parmi nous! Tu as écouté la prière du père d’Élisée. Tu as exaucé tant de monde. Écoute la mienne, Seigneur!” supplie Isaac à genoux, les mains tendues.

“La vie que tu pourrais encore avoir serait de me prêcher, peut-être d’avoir la gloire du martyre. Tu as su être martyr pour l’amour de Moi quand j’étais enfant et tu crains de l’être maintenant pour Moi glorieux?”

“Ma gloire serait de te suivre, Seigneur. Je suis pauvre et sot. Tout ce que je pouvais donner, je l’ai donné de bonne volonté. Maintenant voici ce que je voudrais: te suivre. Pourtant qu’il en soit comme tu veux, maintenant et toujours.”

Jésus pose sa main sur la tête d’Isaac et l’y laisse en une longue caresse pendant qu’il se tourne vers tous les autres pour dire: “Vous n’avez pas de questions à me faire? Ce sont les dernières instructions. Parlez à votre Maître… Voyez-vous comme les petits sont en confidence avec Moi?”

En effet, aujourd’hui aussi, Marziam appuie sa tête contre son corps, se serrant contre Jésus, et Isaac n’a pas montré de timidité pour exposer son désir.

“Vraiment… Oui… Nous avons des choses à demander…” dit Pierre.

“Et alors, demandez.”

635.17 - “Voilà… Hier soir, quand tu nous as quittés, nous parlions entre nous de ce que tu nous avais dit. Maintenant d’autres paroles se pressent en nous pour ce que tu as dit. Hier, et aussi aujourd’hui, si on réfléchit bien, tu as parlé comme si des hérésies et des séparations devaient surgir, et bientôt. Ceci nous donne à réfléchir que nous devrons être très prudents envers ceux qui voudront venir parmi nous. Parce qu’en eux se trouvera certainement la semence de l’hérésie et de la séparation.”

“Tu le crois? Et Israël n’est-il pas déjà séparé dans sa venue vers Moi? Tu veux me dire ceci: que l’Israël qui m’a aimé ne sera jamais hérétique et divisé. N’est-ce pas? Mais est-ce que peut-être il n’a jamais été uni, depuis des siècles, même dans l’ancienne formation? Et a-t-il peut-être été uni pour me suivre? En vérité je vous dis qu’il a en lui la racine de l’hérésie.”

“Mais…”

“Mais idolâtre et hérétique il l’est depuis des siècles sous l’apparence extérieure de fidélité. Ses idoles, vous les connaissez, ses hérésies aussi. Les païens seront meilleurs que lui. C’est pour cela que je ne les ai pas exclus et je vous dis de faire ce que j’ai fait.