– Oui. Notre cœur tremblait… dit Matthieu.
– Nous avions en nous, tout un bouillonnement de soupçons et de colère, moi du moins, ajoute Jude.
– C’est pourquoi vous souhaiteriez tous faire la Pâque supplémentaire…
– C’est bien cela, Seigneur, approuve Pierre.
– Un jour, tu t’es plains de ce que les femmes disciples et ton fils n’allaient pas prendre part au banquet pascal. Aujourd’hui, tu te plains de ce que ceux qui ne se sont pas réjouis à cette époque doivent avoir leur joie.
– C’est vrai. Je suis un pécheur.
– Or moi, je suis celui qui compatit. Je veux que vous soyez tous autour de moi, et pas vous seulement, mais aussi les femmes disciples. Lazare nous accordera encore une fois l’hospitalité. Je n’ai pas voulu de tes filles, Philippe, ni de vos épouses, ni de Mirta, de Noémi et de la jeune fille qui est avec elles, ni de celui‑ci. Jérusalem n’était pas un lieu pour tous, ces jours‑là!
– C’est vrai! Il valait mieux qu’elles n’y soient pas, soupire Philippe.
– Oui. Elles auraient vu notre lâcheté.
– Tais‑toi, Pierre, elle est pardonnée.
– Oui. Mais je l’ai avouée à mon fils, et je croyais que c’était pour cette raison qu’il était triste. Je la lui ai révélée parce que chaque fois que je le fais, c’est un soulagement. C’est comme si on m’enlevait une grosse pierre du cœur. Je me sens plus absous chaque fois que je m’humilie. Mais si Marziam est triste parce que tu t’es montré à d’autres…
– C’est pour cette unique raison, mon père.
– Alors sois heureux! Lui t’a aimé et t’aime. Tu le vois. Je t’avais pourtant parlé de la seconde Pâque…
– Je pensais avoir obéi avec trop peu de bonne volonté à l’ordre que Porphyrée m’avait donné en ton nom, Seigneur, et que c’était pour cela que tu me punissais. Je m’imaginais aussi que tu ne te montrais pas à moi parce que je haïssais Judas et ceux qui t’ont crucifié, avoue Marziam.
– Ne hais personne. Moi, j’ai pardonné.
– Oui, Seigneur. Je ne haïrai plus.
– Et ne sois plus triste.
– Je ne le serai plus, Seigneur.»
Comme tous les jeunes, Marziam est moins timide devant Jésus que les autres. Il s’abandonne aux bras de Jésus, maintenant qu’il est certain que celui‑ci n’est pas en colère contre lui.
Il y va en toute confiance. Il se réfugie même tout entier, tel un poussin sous l’aile maternelle, dans le cercle des bras qui l’attirent à lui. Et puisque l’angoisse qui le rendait triste et inquiet depuis des jours a disparu, il s’endort heureux.
«C’est encore un enfant, observe Simon le Zélote.
– Oui. Mais quelle peine il a eue! Porphyrée me l’a dit quand, prévenue par Joseph de Tibériade, elle me l’a amené» lui répond Pierre.
Puis, au Maître:
«Porphyrée est, elle aussi, à Jérusalem?»
Quel désir dans la voix de Pierre!
«Elles y sont toutes. Je veux les bénir avant de monter vers mon Père. Elles aussi m’ont servi, et souvent mieux que les hommes.
634.17 - Et tu ne vas pas chez ta Mère? demande Jude.
– Nous sommes ensemble.
– Ensemble? Quand?
– Jude, Jude, crois‑tu que, moi qui ai toujours trouvé ma joie près d’elle, je ne sois pas en ce moment avec elle?
– Mais Marie est seule chez elle. Ma mère me l’a dit hier.»
Jésus sourit et répond:
«Seul le grand‑prêtre entre derrière le voile du Saint des Saints.
– Que veux‑tu dire?
– Qu’il est des béatitudes que l’on ne peut décrire et qui ne peuvent être connues. Voilà ce que je veux dire.»
Il détache doucement Marziam de lui et le confie aux bras de Jean, qui est le plus proche. Il se lève, les bénit, et pendant qu’ils reçoivent la bénédiction, tous à genoux et tête inclinée, excepté Jean qui a sur ses genoux la tête de Marziam, il disparaît.
– «Il est vraiment comme l’éclair dont il parlait» dit Barthélemy…
Ils restent pensifs en attendant le coucher du soleil.
634.18 - Le Seigneur veut que je prenne un autre cahier pour les dernières instructions et visions qui ne trouveraient pas place ici, car il reste trop peu de pages.
J’aurais dû commencer sur le nouveau cahier. Mais comme Marthe Marta Diciotti, la garde-malade et confidente de Maria Valtorta. est malade, j’ai écrit ici puis recopié sur le nouveau