Non. Dans ce cas, au lieu de devenir flamme et aile, il devient gel et lourde pierre, de sorte que l’âme tombe et meurt. Et aussi: un don mal employé peut susciter un vif désir d’en obtenir davantage pour en tirer de plus grands éloges. C’est alors qu’au Seigneur pourrait se substituer l’Esprit du Mal pour séduire les imprudents par des prodiges impurs.

Tenez-vous toujours loin des séductions de toute espèce. Fuyez‑les. Soyez satisfaits de ce que Dieu vous accorde. Lui sait ce qui vous est utile, et de quelle manière. Pensez toujours que tout don est une épreuve en plus d’être un don, une mise à l’épreuve de votre justice et de votre volonté. Je vous ai donné à tous les mêmes bienfaits. Mais ce qui vous a rendus meilleurs a conduit Judas à sa perte. Etait-ce donc un mal que le don? Non. Mais mauvaise était la volonté de cette âme…

634.11 - Ainsi en est‑il maintenant. Je suis apparu à un grand nombre, non seulement pour consoler et combler de bienfaits, mais pour vous satisfaire. Vous m’aviez prié de persuader le peuple que je suis ressuscité, ce peuple que les membres du Sanhédrin essaient d’amener à leurs vues. Je suis apparu à des enfants comme à des adultes, le même jour, en des lieux si éloignés les uns des autres qu’il faudrait plusieurs jours de marche pour s’y rendre. Mais l’esclavage des distances n’existe plus pour moi. Ces apparitions simultanées vous ont désorientés, vous aussi. Vous avez pensé: “Ces gens‑là ont vu des fantômes.” Vous avez donc oublié une partie de mes paroles, c’est-à-dire que je serai dorénavant à l’orient comme à l’occident, au septentrion comme au midi, là où je trouverai juste d’être, sans que rien ne m’en empêche, en me déplaçant aussi rapidement que l’éclair qui sillonne le ciel.

Je suis un homme véritable. Voici mes membres et mon corps, solide, chaud, capable de se mouvoir, de respirer, de parler, comme le vôtre. Mais je suis vrai Dieu. Et si, pendant trente-trois années, ma divinité a été, dans un but supérieur, dissimulée sous mon humanité, maintenant la divinité, bien qu’unie à l’humanité, a pris le dessus et l’humanité jouit de la liberté parfaite des corps glorifiés. Reine avec la divinité, elle n’est plus sujette aux limites de l’humanité.

Me voici. Je suis avec vous et je pourrais, si je le voulais, me trouver en un instant aux confins du monde pour attirer à moi une âme qui me cherche.

634.12 - Et quelle fécondité aura ma présence près de Césarée Maritime et à Césarée de Philippe, à Kérith comme à Engaddi, près de Pella et de Yutta comme dans d’autres lieux de Judée, à Bozra comme sur le grand Hermon, à Sidon et aux confins de la Galilée?

Quelle fécondité auront la guérison d’un enfant, la résurrection d’un homme qui avait expiré depuis peu, le réconfort d’une personne angoissée, l’appel à mon service de quelqu’un qui se mortifiait par une dure pénitence, le retour à Dieu d’un juste qui m’en avait prié, le don de mon message à des innocents et de mes ordres à un cœur fidèle?

Est-ce que cela convaincra le monde? Non. Ceux qui ont déjà la foi continueront à croire, avec plus de paix, mais pas avec plus de force parce qu’ils savaient déjà vraiment croire. Ceux qui n’ont pas su croire avec une vraie foi resteront dubitatifs. Quant aux mauvais, ils prétendront que ces apparitions ne sont que délires ou mensonges, et que le mort n’était pas mort, mais endormi…

Vous souvenez‑vous quand je vous ai raconté la parabole du mauvais riche? J’ai dit qu’Abraham répondit au damné: “S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas davantage à un ressuscité d’entre les morts qui viendrait leur dire ce qu’ils doivent faire.” Ont-ils peut-être cru à moi, le Maître, et à mes miracles? Qu’a obtenu le miracle de Lazare? Il a hâté ma condamnation. Qu’a obtenu ma résurrection? L’exacerbation de leur haine. Même ces récents miracles parmi vous ne persuaderont pas le monde, mais uniquement ceux qui ne sont plus du monde, et ont déjà choisi le Royaume de Dieu, avec ses fatigues et ses peines actuelles, mais aussi sa gloire future.

Mais il me plaît que vous ayez été confirmés dans la foi et que vous vous soyez montrés fidèles à mon ordre, en restant à m’attendre sur cette montagne, sans avoir la hâte trop humaine de jouir de choses bonnes, mais différentes de ce que je vous avais indiqué.

La désobéissance donne un dixième et en enlève neuf. Eux sont partis, et ils entendront des paroles d’hommes, toujours celles‑là. Vous, vous êtes restés, et vous avez pu écouter ma Parole qui, même si elle reprend des discours anciens, est toujours bonne et utile. La leçon vous servira d’exemple à tous, et aussi à eux, pour l’avenir.»

634.13 - Jésus regarde tout autour de lui ces visages rassemblés, et il appelle:

«Viens, Elisée d’Engaddi Élisée d'Engaddi, et son père Abraham, ont été rencontrés dans les chapitres 390 et 391, ainsi qu'en 632.18/20. . J’ai quelque chose à te dire.»

Je n’avais pas reconnu le fils du vieil Abraham, l’ancien lépreux. C’était alors un spectre squelettique, c’est maintenant un homme robuste dans la fleur de l’âge.

Il s’approche et se prosterne aux pieds de Jésus, qui lui dit:

«Une question te brûle les lèvres depuis que tu as appris que je suis allé à Engaddi, et c’est celle‑ci: “As‑tu consolé mon père?” et moi, je te réponds: “Je l’ai plus que consolé! Je l’ai pris avec moi.”

– Avec toi, mon Seigneur. Mais où est‑il, je ne le vois pas?

– Elisée, je suis ici encore pour peu de temps. Ensuite, j’irai chez mon Père…

– Seigneur!… Tu veux dire… Mon père est mort!

– Il s’est endormi sur mon cœur. Lui aussi ne souffre plus. Il a enduré toute souffrance en restant toujours fidèle au Seigneur. Ne pleure pas. Ne l’avais‑tu pas quitté pour me suivre?

– Oui, mon Seigneur…

– Voilà. Ton père est avec moi. Donc, en me suivant, tu viens encore près de ton père.

– Mais quand? Comment?

– Dans sa vigne, là où il a entendu parler de moi la première fois. Il m’a rappelé sa prière de l’an passé. Je lui ai dit: “Viens.” Il est mort heureux parce que tu as tout quitté pour me suivre.

– Pardonne‑moi si je pleure… C’était mon père…