Alors, que ce soit le membre d’une Église séparée, ou une Église entière – puisse-t-il en être ainsi, mais où et quand se lèveront suffisamment de saints capables de racheter ces Églises entières séparées, au prix de leur vie, pour créer, pour recréer un unique Bercail sous un même pasteur, comme je le désire ardemment? - alors, que ce soit un seul membre ou une assemblée qui revienne, ouvrez-leur les portes.

634.6 - Soyez paternels. Pensez que tous, pendant une heure ou plusieurs, peut-être pendant des années, vous avez été, chacun de vous, des fils prodigues pris par la concupiscence. Ne soyez pas durs envers ceux qui se repentent. Souvenez-vous! Souvenez-vous! Plusieurs d’entre vous ont fui, il y a de cela vingt-deux jours. Or la fuite n’était-elle pas une abjuration de votre amour pour moi? Donc accueillez-les comme je vous ai accueillis, à peine repentis et revenus à moi. Tout ce que j’ai fait, faites-le. C’est là mon commandement. Vous avez vécu avec moi pendant trois ans.

Mes œuvres, ma pensée, vous les connaissez. Quand, à l’avenir, vous vous trouverez en face d’un cas à trancher, tournez votre regard vers le temps où vous avez vécu avec moi et comportez-vous comme je me suis comporté. Vous ne vous tromperez jamais. Je suis l’exemple vivant et parfait de ce que vous devez faire.

Rappelez-vous encore que je ne me suis pas refusé à Judas lui‑même… Le prêtre doit chercher à sauver par tous les moyens. Et parmi les moyens employés pour sauver, que l’amour prédomine toujours. Pensez que je n’ai pas ignoré l’horreur de Judas… Mais, surmontant toute répugnance, j’ai traité ce malheureux comme j’ai traité Jean. À vous… il vous sera souvent épargné l’amertume de savoir que tout est inutile pour sauver un disciple aimé… Cela vous permettra d’agir en évitant la lassitude qui vous saisit quand vous savez que tout est vain… On doit travailler même dans ce cas… toujours… jusqu’à ce que tout soit accompli…

634.7 - Mais tu souffres, Seigneur? Oh! je ne croyais pas que tu pourrais encore souffrir! Tu souffres encore pour Judas! Oublie-le, Seigneur!» s’écrie Jean, qui n’a pas détourné les yeux de son Seigneur.

Jésus ouvre les bras dans son geste habituel de confirmation résignée d’un fait pénible.

«C’est ainsi… Judas a été et est la douleur la plus grande dans la mer de mes douleurs. C’est la douleur qui demeure La douleur qui demeure n'est pas — comme on le comprendra plus bas — pour Judas, désormais mort et damné, mais pour les vivants qui sont d'autres Judas. On peut comprendre de la même façon l'expression de Jésus en 567.28, toujours à propos de Judas : "Ce sera éternellement ma plus grande douleur !" Nous avons lu aussi que Jésus n'oublie pas la souffrance causée à sa Mère (106.10/11) ; que "au-delà de sa gloire, il souffrira, dans son esprit d'amour, en voyant l'humanité mépriser son amour" (486.9) ; et que, "dans la gloire", il pleure à cause des nouveaux "Judas" (629.11/12). De la même manière, les bienheureux "ne souffrent plus pour ceux qui sont séparés de Dieu" (376.5), mais par "anxiété d'amour"(253.4) en "te voyant coupable" (582.11), "pour aider encore ceux qui peuvent être sauvés" (376.5). Et Marie "a souffert et souffre encore" (605.19) "de voir les pécheurs rester pécheurs". La nature de cette douleur est mystérieuse ("Au Ciel, il n'y a plus de larmes" lit-on en 651.16) ; elle pourra seulement se comprendre, comme on le verra plus bas, "dans la lumière des Cieux"). Les autres souffrances ont pris fin avec la fin du Sacrifice. Mais celle‑là reste. Je l’ai aimé. Je me suis consumé moi-même dans mon effort pour le sauver… J’ai pu ouvrir les portes des limbes et en tirer les justes, j’ai pu ouvrir les portes du Purgatoire et en tirer ceux qui se purifiaient. Mais le lieu d’horreur était fermé sur lui. Pour lui, ma mort a été vaine.

– Je ne veux pas que tu souffres! Tu es glorieux, mon Seigneur! À toi la gloire et la joie. Tu es déjà allé au bout de ta douleur! supplie Jean.

– Vraiment, personne n’aurait imaginé qu’il pourrait souffrir encore! se disent‑ils tous les uns aux autres.»

Ils sont à la fois émus et surpris.

«Ne pensez-vous donc pas à la douleur que devra encore subir mon cœur au cours des siècles, pour tout pécheur impénitent, pour toute hérésie qui me nie, pour tout croyant qui m’abjure, et – déchirement des déchirements - pour tout prêtre coupable, cause de scandale et de ruine? Vous ne le savez pas! Vous ne le savez pas encore.

Vous ne le saurez jamais complètement tant que vous ne serez pas avec moi dans la lumière des Cieux. C’est alors que vous comprendrez…

En observant Judas, j’ai observé les élus pour lesquels l’élection se change en malheur à cause de leur volonté perverse…

Oh! vous qui êtes fidèles, vous qui formerez les futurs prêtres, rappelez-vous ma souffrance, formez-vous toujours plus à la sainteté pour consoler ma douleur, formez-les à la sainteté pour que, autant que possible, elle ne se réitère pas, exhortez, veillez, enseignez, combattez, soyez attentifs comme des mères, infatigables comme des maîtres, vigilants comme des bergers, virils comme des guerriers pour soutenir les prêtres qui seront formés par vous.

Faites en sorte que la faute du douzième apôtre ne se répète pas trop à l’avenir…

634.8 - Soyez comme j’ai été avec vous, comme je suis avec vous. Je vous ai dit: “Soyez parfaits comme votre Père des Cieux.” Et votre humanité tremble devant un tel commandement. Plus encore aujourd’hui que lorsque je vous l’ai dit, parce que désormais vous connaissez votre faiblesse.

Eh bien! Pour vous rendre courage, je vais vous dire: “Soyez comme votre Maître Cf. Matthieu 28,16-20. .” Je suis l’Homme. Ce que j’ai fait, vous pouvez le faire. Même les miracles. Oui, même eux, pour que le monde sache que c’est moi qui vous envoie, et pour que ceux qui souffrent ne pleurent pas de découragement à l’idée que je ne suis plus parmi eux pour soigner leurs malades et les consoler de leurs douleurs.

Ces derniers jours, j’ai accompli des miracles pour consoler les cœurs et les convaincre que le Christ n’est pas détruit parce qu’on l’a mis à mort, mais qu’au contraire, il est plus fort, éternellement fort et puissant. Mais quand je ne serai plus parmi vous, vous ferez ce que j’ai fait jusqu’ici et que je ferai encore. Toutefois, c’est moins par la puissance du miracle que par votre sainteté que grandira l’amour pour la nouvelle Religion. C’est sur votre sainteté, et non sur le don que je vous transmets, que vous devez veiller jalousement. Plus vous serez saints et plus vous serez chers à mon cœur. Et l’Esprit de Dieu vous illuminera pendant que la bonté de Dieu et sa puissance rempliront vos mains des dons du Ciel.

Le miracle n’est pas un acte commun et indispensable pour vivre dans la foi. Mieux: bienheureux ceux qui sauront rester dans la foi sans moyens extraordinaires pour les aider à croire! Cependant, le miracle n’est pas non plus un acte si exclusivement réservé à des temps particuliers qu’il doive cesser quand ces temps-là ne seront plus. Le miracle existera toujours dans le monde. Ils seront d’autant plus nombreux qu’il y aura plus de justes dans le monde.

Quand on verra se faire très rares les vrais miracles, qu’on dise alors que la foi et la justice se sont affaiblies. En effet, j’ai dit: “Si vous avez la foi, vous pourrez déplacer les montagnes.” Et aussi: “Les signes qui accompagneront ceux qui ont vraiment foi en moi seront la victoire sur les démons et sur les maladies, sur les éléments et les embûches.”

Dieu est avec celui qui l’aime. Le nombre et la force des prodiges que mes fidèles accompliront en mon nom et pour glorifier Dieu sera le signe de leur intimité avec moi. À un monde privé de vrais miracles, on pourra dire sans le calomnier: “Tu as perdu la foi et la justice, tu es un monde sans saints.”

634.9 - Donc - pour revenir à ce que je vous disais au début -, vous avez bien fait de chercher à retenir ceux qui, pareils à des enfants séduits par un air de musique ou quelque étrange miroitement, courent se perdre loin des valeurs sûres. Vous voyez? Ils en sont punis parce qu’ils perdent ma parole. Cependant, vous avez-vous aussi votre part de tort. Vous vous êtes souvenus que j’ai recommandé de ne pas courir çà et là pour suivre toute voix qui affirmait que j’étais à tel endroit. Mais vous ne vous êtes pas rappelés que j’ai également dit que, à sa seconde venue, le Christ sera semblable à un éclair qui sort du levant pour aller au couchant en un temps moins long que le battement d’une paupière. Or cette seconde venue a commencé au moment de ma Résurrection. Elle aura sa fin par l’apparition du Christ Juge à tous les ressuscités. Mais auparavant, que de fois j’apparaîtrai pour convertir, pour guérir, pour consoler, enseigner, donner des ordres!

En vérité, je vous le dis: je vais retourner chez mon Père. Mais la terre ne sera pas privée de ma présence. Je serai vigilant et ami, maître et médecin, là où les corps ou les âmes, pécheurs ou saints, auront besoin de moi ou seront choisis par moi pour transmettre mes paroles aux autres. Car cela aussi est vrai, l’humanité aura besoin d’un acte continuel d’amour de ma part: elle a bien du mal à se plier, son ardeur se refroidit facilement, elle oublie vite, elle préfère descendre plutôt que monter, de sorte que, si je ne la retenais pas par des moyens surnaturels, rien ne l’aiderait: ni la Loi, ni l’Évangile, ni les secours divins que mon Église dispensera pour garder l’humanité dans la connaissance de la vérité et dans la volonté d’atteindre le Ciel. Et je parle de l’humanité qui croit en moi… toujours peu nombreuse en comparaison de la grande foule des habitants de la terre.

634.10 - Je viendrai. Que celui qui aura ma présence reste humble. Que celui qui ne l’aura pas ne la souhaite pas dans le but d’en tirer quelque éloge. Que personne ne désire ce qui est extraordinaire. Dieu sait quand et où le donner. L’extraordinaire n’est pas nécessaire pour entrer dans le Royaume des Cieux. C’est même une arme qui, mal employée, peut ouvrir l’enfer au lieu du Ciel. Je vais vous expliquer comment: l’orgueil peut surgir. Il est possible d’en arriver à un état d’esprit méprisable aux yeux de Dieu, similaire à une torpeur où l’on se complaît pour caresser le trésor obtenu, avec l’illusion d’être déjà au Ciel parce que l’on a reçu ce don.