“Pourquoi nous regardes-tu ainsi’?”

“Parce que je veux vous connaître.”

“Tu ne nous connais pas encore?”

“Comme vous ne me connaissez pas. Si vous me connaissiez, vous sauriez qui je suis et vous trouveriez les mots pour me dire votre tourment. Vous vous taisez, comme en face d’un étranger puissant que vous craignez. Tout à l’heure vous parliez… Cela fait presque quatre jours que vous vous parlez à vous-mêmes en disant: ‘Je Lui dirai ceci…” en disant à mon Esprit: “Reviens, Seigneur, que je puisse te dire ceci”. Maintenant je suis venu et vous vous taisez? Suis-je tellement changé que je ne vous paraisse plus Moi? Ou bien êtes-vous tellement changés que vous ne m’aimez plus?”

Jean, assis près de son Jésus, fait son acte habituel de mettre la tête sur sa poitrine en murmurant:

“Moi je t’aime, mon Dieu”

Mais il se raidit pour s’interdire cet abandon par respect pour le resplendissant Fils de Dieu. En effet Jésus semble dégager une lumière tout en étant d’une Chair semblable à la nôtre. Mais Jésus l’attire sur son Cœur et alors Jean ouvre les digues à ses pleurs bienheureux.

C’est le signal pour tous de le faire.

627.8 - Pierre, deux places après Jean, glisse entre la table et son siège et il pleure en criant:

“Pardon, pardon! Enlève-moi de cet enfer où je suis depuis tant d’heures. Dis-moi que tu as vu mon erreur pour ce qu’elle a été. Pas de l’esprit, mais de la chair qui a dominé le cœur. Dis-moi que tu as vu mon repentir… Il durera jusqu’à la mort. Mais Toi.., mais Toi dis-moi que comme Jésus je ne dois pas te craindre… et moi, et moi je chercherai de faire si bien que je me ferai pardonner même par Dieu.., et mourir.., ayant seulement un grand purgatoire à faire.”

“Viens ici, Simon de Jonas.”

“J’ai peur.”

“Viens ici. Ne sois pas plus lâche.”

“Je ne mérite pas de venir près de Toi.”

“Viens ici. Que t’a dit la Mère? “Si tu ne le regardes pas sur ce suaire, tu n’auras pas le courage de le regarder jamais plus” Cf. EMV 615.11. . Oh! homme sot! Ce Visage ne t’a-t-il pas dit, par son regard douloureux, que je te comprenais et que je te pardonnais? Et pourtant je l’ai donné ce linge, pour réconfort, pour guide, pour absolution, pour bénédiction… Mais que vous a fait Satan pour vous aveugler à ce point? Maintenant Moi, je te dis: si tu ne me regardes pas maintenant que sur ma gloire j’ai encore étendu un voile pour me mettre à la portée de votre faiblesse, tu ne pourras jamais plus venir sans peur à ton Seigneur. Et que t’arrivera-t-il alors? Tu as péché par présomption. Veux-tu maintenant pécher de nouveau par obstination? Viens, te dis-je.”

Pierre se traîne sur ses genoux, entre la table et les sièges, avec les mains sur son visage en pleurs. Jésus l’arrête, quand il est à ses pieds, en lui mettant la main sur la tête. Pierre, en pleurant plus fort, prend cette main et la baise dans un vrai sanglot sans frein.

Il ne sait dire que:

“Pardon! Pardon!”

Jésus se dégage de son étreinte et, en faisant levier de sa main sous le menton de l’apôtre, il l’oblige à lever la tête et fixe ses yeux rougis, brûlés, déchirés par le repentir avec ses yeux brillants et sereins*.* Il semble vouloir lui transpercer l’âme, puis il dit:

“Allons. Enlève l’opprobre de Judas. Embrasse-moi où il m’a embrassé. Lave, avec ton baiser, la marque de la trahison.”

Pierre lève la tête pendant que Jésus se penche encore davantage, et il effleure Sa joue puis il incline la tête sur les genoux de Jésus, et il reste ainsi.., comme un vieil enfant qui a fait du mal, mais qui est pardonné.

627.9 - Les autres, maintenant qu’ils voient la bonté de leur Jésus, retrouvent un peu de hardiesse et ils s’approchent comme ils peuvent.

Viennent d’abord ses cousins… Ils voudraient dire tant de choses et n’arrivent à rien dire. Jésus les caresse et leur donne du courage par son sourire.

Matthieu vient avec André.

Matthieu en disant: