D’autres qui passent et hochent la tête:
“Il ne sait que pleurer. Sauve-toi, s’il est vrai que tu es l’Élu!”
Les soldats:
“Et sauve-toi, donc! Réduis en cendres cette subure de la subure! Oui! Subure Quartier mal famé de Rome. de l’empire, voilà ce que vous êtes, canailles de juifs. Fais-le! Rome te mettra au Capitole et t’adorera comme une divinité!”
Les prêtres avec leurs compères:
“Ils étaient plus doux les bras des femmes que ceux de la croix, n’est-ce pas? Mais regarde: ils sont déjà prêts à te recevoir tes… (et ils disent un terme infâme). Tu as Jérusalem toute entière pour te servir de paranymphe” et ils sifflent comme des charretiers.
D’autres lancent des pierres:
“Change-les en pains, Toi qui multiplies les pains.”
D’autres en singeant les hosannas du dimanche des palmes, lancent des branches, et crient:
“Maudit celui qui vient au nom du Démon! Maudit son royaume! Gloire à Sion qui le sépare du milieu des vivants!”
Un pharisien se place en face de la croix, il montre le poing en Lui faisant les cornes et il dît:
“Je te confie au Dieu de Sinaï” disais-tu? Maintenant le Dieu du Sinaï te prépare au feu éternel. Pourquoi n’appelles-tu pas Jonas pour qu’il te rende un bon service?”
Un autre:
“N’abîme pas la croix avec les coups de ta tête. Elle doit servir pour tes fidèles. Une légion entière en mourra sur ton bois. Je te le jure sur Jéhovah. Et pour commencer j’y mettrai Lazare. Nous verrons si tu l’enlèves à la mort, maintenant.”
“Oui! Oui! Allons chez Lazare. Clouons-le de l’autre côté de la croix”
Et comme des perroquets, ils imitent la parole lente de Jésus en disant:
“Lazare, mon ami, viens dehors! Déliez-le et laissez-le aller Ils avaient donc assisté à la résurrection de Lazare EMV 548. .”
“Non! Il disait à Marthe et à Marie, ses femmes: “Je suis la Résurrection et la Vie”. Ah! Ah! Ah! La Résurrection ne sait pas repousser la mort, et la Vie meurt!”
609.10 – “Voici Marie avec Marthe. Demandons-leur où est Lazare et allons le chercher.” Et ils s’avancent vers les femmes pour leur demander avec arrogance: “Où est Lazare? Au palais?”
Et Marie-Madeleine, alors que les autres femmes terrorisées fuient derrière les bergers, s’avance, retrouvant dans sa douleur sa vieille hardiesse du temps du péché, et elle dit: “Allez. Vous trouverez déjà au palais les soldats de Rome et cinq cents hommes armés de mes terres et ils vous castreront comme de vieux boucs destinés aux repas des esclaves aux meules.”
“Effrontée! C’est ainsi que tu parles aux prêtres?”
“Sacrilèges! Infâmes! Maudits! Tournez-vous! Derrière vous, vous avez, je le vois, les langues des flammes infernales.”
Les lâches se tournent, vraiment terrorisés, tant est assurée l’affirmation de Marie, mais s’ils n’ont pas les flammes derrière eux, ils ont aux reins les lances romaines bien pointues. En effet Longinus a donné un ordre et la demi-centurie, qui était au repos, est entrée en faction et elle pique aux fesses les premiers qu’elle trouve. Ceux-ci s’enfuient en criant et la demi-centurie reste pour fermer l’entrée des deux chemins et pour faire un barrage à la petite place. Les juifs crient des imprécations, mais Rome est la plus forte.
La Madeleine rabaisse son voile — elle l’avait levé pour parler à ceux qui les insultaient — et revient à sa place. Les autres se joignent à elle.
609.11 – Mais le larron de gauche continue ses insultes du haut de sa croix. Il semble qu’il ait voulu rassembler tous les blasphèmes d’autrui et il les débite tous, en disant pour finir: