“Tu les entends comme ils t’accusent? Disculpe-toi.”
Mais Jésus se tait.
604.24 – Pilate réfléchit… Et il décide.
“Une centurie, et qu’on le conduise à Hérode. Qu’il le juge, c’est son sujet. Je reconnais le droit du Tétrarque et je souscris à l’avance à son verdict. Qu’on le lui dise. Allez.”
Jésus, encadré comme un gredin par cent soldats, traverse de nouveau la ville et rencontre de nouveau Judas Iscariote qu’il avait déjà rencontré une fois près d’un marché. J’avais oublié auparavant de le dire, écœurée par la bagarre de la populace. Même regard de pitié sur le traître…
Maintenant il est plus difficile de Lui donner des coups de pieds et de bâtons, mais les pierres et les immondices ne manquent pas et, si les pierres font seulement du bruit sur les casques et les cuirasses des romains, elles laissent des marques quand elles atteignent Jésus qui s’avance avec son seul vêtement, ayant laissé son manteau au Gethsémani.
En entrant dans le fastueux palais d’Hérode, il voit Kouza… qui ne peut le regarder et qui fuit pour ne pas le voir dans cet état en se couvrant la tête de son manteau.
604.25 – Le voilà dans la salle, devant Hérode. Et derrière Lui voilà les scribes et les pharisiens, qui ici se sentent à leur aise, qui entrent en qualité de faux accusateurs. Seul le centurion avec quatre soldats l’escortent devant le Tétrarque.
Celui-ci descend de son siège et tourne autour de Jésus en écoutant les accusations de ses ennemis. Il sourit et raille. Puis il feint une pitié et un respect qui ne troublent pas le Martyr, comme ne l’ont pas troublé les railleries.
“Tu es grand, je le sais. Et je me suis réjoui que Kouza soit ton ami et Manahen ton disciple. Moi… les soucis de l’État… Mais quel désir de te dire: grand… de te demander pardon… L’œil de Jean… sa voix m’accusent et sont toujours devant moi. Tu es le saint qui efface les péchés du monde. Absous-moi, ô Christ.”
Jésus se tait.
“J’ai entendu qu’ils t’accusent de t’être dressé contre Rome. Mais n’es-tu la verge promise pour frapper Assur?”
Jésus se tait.
“On m’a dit que tu prophétises la fin du Temple et de Jérusalem. Mais le Temple n’est-il pas éternel comme esprit, puisqu’il est voulu par Dieu qui est éternel?”
Jésus se tait.
“Tu es fou? Tu as perdu ton pouvoir? Satan te coupe la parole? Il t’a abandonné?”
604.26 – Hérode rit maintenant, mais ensuite il donne un ordre. Et des serviteurs accourent amenant un lévrier dont la jambe est cassée et qui glapit lamentablement, et un palefrenier idiot dont la tête est pleine d’eau, qui bave, un avorton, jouet des serviteurs.
Les scribes et les prêtres fuient en criant au sacrilège en voyant le chien sur un brancard.
Hérode, faux et railleur, explique:
“C’est le préféré d’Hérodiade. Un cadeau de Rome. Il s’est cassé une patte hier et elle pleure. Commande qu’il guérisse. Fais un miracle.”
Jésus le regarde avec sévérité et se tait.
“Je t’ai offensé? Alors celui-ci. C’est un homme, bien qu’il soit de peu plus qu’une bête. Donne-lui l’intelligence, Toi, Intelligence du Père… N’est-ce pas ce que tu dis?”
Et il rit, offensant.
Un autre regard plus sévère de Jésus et silence.
“Cet homme est trop abstinent et maintenant il est abruti par les mépris. Du vin et des femmes ici, et qu’on le délie.”