Aucune des deux voyantes ne reprend, pour la seconde expulsion, les évènements propres à la première: le fouet, l’annonce de la résurrection, l’altercation sur la datation du Temple.

Seule Maria Valtorta cite la deuxième admonestation de Jésus “Il est écrit: Ma maison sera appelée maison de prière. Pourquoi donc en avez-vous fait une caverne de voleurs?” Cette admonestation fait écho à la première sans lui être identique toutefois.

- Ainsi Jean cite pour la première admonestation: “Otez tout cela d’ici et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.

- Les synoptiques citent unanimement pour la seconde:

- “Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands!” (Matthieu)

- “N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands!” (Marc)

- “Il est écrit: Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands!” (Luc).

Avertissement de ne pas faire dans le premier cas, constat de dépravation dans le second.

Aucunes des deux voyantes ne reprend la précision apportée par Marc qui situe au lendemain du dimanche des rameaux l’expulsion des marchands du Temple (Marc 11, 11-12).

Aucunes ne reprend l’intégralité du dialogue envoyant les disciples (anonymes, sauf pour Anne-Catherine Emmerich) chercher l’ânesse et son ânon à Betphagé, comme dans les évangiles synoptiques:

- “Rendez-vous au village qui est en face de vous; et aussitôt vous trouverez, à l’attache, une ânesse avec son ânon près d’elle; détachez-la et amenez-les-moi. Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous direz: “Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra” (Matthieu)

- “Allez au village qui est en face de vous, et aussitôt, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous dit: “Que faites-vous là?” Dites: “Le Seigneur en a besoin et aussitôt il va le renvoyer ici” (Marc).

- “Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté; détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous demande: “Pourquoi le détachez-vous?” Vous direz ceci: “C’est que le Seigneur en a besoin” (Luc).

- Marie d’Agréda mentionne: “Et, ayant marché environ deux lieues, il ne fut pas plutôt arrivé à Bethphagé, qu’il envoya, deux de ses disciples chez un homme de considération dont la maison n’était pas éloignée, et avec son agrément ils amenèrent à leur Maître une ânesse et son poulain, que, personne n’avait encore monté” (ci-dessus, page 457).

- Pour Anne-Catherine Emmerich “Près d’une hôtellerie, en avant de Bethphagé, ils (Erémenzear et Silas) trouveraient, dans une prairie, une ânesse avec son ânon. Ils devaient délier l’ânesse, et, si quelqu’un leur disait quelque chose, répondre que telle était la volonté du Seigneur. Ensuite ils fraieraient le chemin jusqu’au Temple, et reviendraient aussitôt à Bethphagé”. La voyante précise “Les ânes appartenaient à des gens qui étaient allés au Temple, et les avaient laissés là” (ci-dessus, page 75).

- Maria Valtorta rapporte seule le dialogue, mais il est laconique: “Voilà Sion là-bas au fond. Allez prendre l’ânesse et l’ânon. Dites à l’homme: “Il les faut pour le Rabbi Jésus”. Le propriétaire, un certain Cléanthe, était connu et sympathisant (EMV 589).

D’autre part, on a argué qu’il ne pouvait y avoir deux expulsions des marchands du Temple. Jésus, à la fin de son ministère, serait un être traqué et condamné qui n’aurait pu commettre une telle bravade. Une telle analyse va à l’encontre du récit des rameaux qui montre Jésus venant au grand jour et au milieu d’une foule en liesse, dans le repaire de ses adversaires.

Une telle analyse est aussi incompatible avec la suite de l’Évangile qui décrit un Jésus enseignant au grand jour et en toute tranquillité au milieu du Temple… jusqu’à son arrestation de nuit.