“C’est ainsi qu’il est dit! Et Lui fait vraiment ce qui est dit!”
“Comme un berger, il a eu soin de tous!”
“Comme si nous étions des brebis dispersées, malades, dans le brouillard, il est venu nous amener au vrai chemin, nous guérir âme et corps, nous éclairer.”
“Vraiment tous les peuples viennent à Lui. Regardez là ces gentils comme ils sont dans l’admiration!”
“Il a annoncé la paix.”
“Il a donné l’amour.”
“Je ne comprends pas ce qu’il dit du sacrifice. Il parle comme si on devait le tuer.”
“C’est ainsi, s’il est l’Homme vu par les prophètes, le Sauveur.”
“Et il parle comme si tout le peuple devait le maltraiter. Cela n’arrivera jamais. Le peuple, nous, nous l’aimons.”
“C’est notre ami. Nous le défendrons.”
“Il est galiléen, et nous de Galilée, nous donnerons notre vie pour Lui.”
“Il vient de David, et nous ne lèverons notre main que pour le défendre, nous de Judée.”
“Et nous qu’il a aimés comme il vous a aimés vous, nous de l’Auranitide, de la Pérée, de la Décapole, pourrions-nous l’oublier? Tous, tous nous le défendrons.”
Telles sont les paroles dans la foule désormais très nombreuse. Fragilité des intentions humaines! D’après la position du soleil, je juge qu’il doit être environ neuf heures du matin. Vingt-quatre heures plus tard, ces gens seront depuis plusieurs heures autour du Martyr pour le torturer par la haine et les coups, et hurler pour demander sa mort. Peu, très peu, trop peu parmi les milliers de personnes qui se pressent de tous les endroits de la Palestine et d’au-delà, et qui ont eu lumière, santé, sagesse, pardon du Christ, seront ceux qui non seulement ne chercheront pas à l’arracher à ses ennemis, parce que leur petit nombre par rapport à la multitude de ceux qui le frappent les en empêche, mais aussi ne sauront pas le réconforter en Lui donnant une preuve d’amour et en le suivant avec un visage ami.
Les louanges, les marques de sympathie, les commentaires admiratifs se répandent dans la vaste cour comme les flots qui, de la haute mer, s’en vont au loin mourir sur le rivage.
598.11 – Des scribes, des pharisiens, des juifs tentent de neutraliser l’enthousiasme du peuple, et aussi la fermentation du peuple contre les ennemis du Christ, en disant:
“Il délire. Sa lassitude est si grande qu’elle ramène à délirer. Il voit des persécutions là où il y a des honneurs. Sa parole a des torrents de sa sagesse habituelle, mais mêlés à des phrases de délire. Personne ne veut Lui faire du mal. Nous avons compris, compris qui il est…”
Mais les gens se méfient d’un pareil changement d’humeur et quelqu’un parmi eux se révolte en disant:
“Il a guéri mon fils dément. Je sais ce que c’est que la folie. Ce n’est pas ainsi que parle quelqu’un qui est fou!”
Et un autre:
“Laisse-les dire. Ce sont des vipères qui ont peur que le bâton du peuple leur brise les reins. Ils chantent pour nous tromper le doux chant du rossignol, mais si tu écoutes bien, il y a le sifflement du serpent.”
Et un autre encore:
“Sentinelles du peuple du Christ, garde à vous! Quand l’ennemi caresse, il a le poignard caché dans sa manche et il allonge la main pour frapper. Les yeux ouverts et le cœur prêt! Les chacals ne peuvent devenir des agneaux dociles.”
“Tu dis bien: le hibou réjouit et enchante les oiseaux naïfs par l’immobilité de son corps et la gaieté menteuse de son salut. Il rit et invite par son cri, mais il est déjà prêt à dévorer.”
Et c’est ainsi d’un groupe à l’autre.