598.12 – Mais il y a aussi les gentils, ces gentils qui toujours plus nombreux ne manquent pas d’écouter le Maître en ces jours de fête. Toujours en marge de la foule, car l’exclusivisme hébreu-palestinien est très fort et il les repousse, voulant les premières places autour du Maître, mais eux désirent l’approcher et Lui parler. Un groupe nombreux d’entre eux aperçoit Philippe que la foule a refoulé dans un coin. Ils s’approchent de lui pour lui dire:

“Seigneur, nous voudrions voir de près Jésus, ton Maître, et Lui parler au moins une fois.”

Philippe se dresse sur la pointe des pieds pour voir s’il découvre quel qu’apôtre plus près du Seigneur. Il voit André et lui crie après l’avoir appelé:

“Il y a ici des gentils qui voudraient saluer le Maître. Demande-lui s’il veut les accueillir.”

André, séparé de Jésus par quelques mètres, serré dans la foule, se fraie un passage sans beaucoup d’égards, travaillant généreusement des coudes et criant:

“Faites place! Faites place, dis-je! Je dois aller vers le Maître.”

Il le rejoint et Lui transmet le désir des gentils.

“Conduis-les dans ce coin. J’irai les trouver.”

Et pendant que Jésus essaie de passer parmi les gens, Jean, qui est revenu avec Pierre, Pierre lui-même, Jude Thaddée, Jacques de Zébédée et Thomas, qui laisse le groupe de ses parents trouvés dans la foule pour aider ses compagnons, s’efforcent de Lui faire un chemin.

598.13 – Voilà Jésus là où sont déjà les gentils qui le saluent,

“La paix à vous. Que voulez-vous de Moi?”

“Te voir. Te parler. Tes paroles nous ont troublés. Depuis longtemps nous désirions te parler pour te dire que ta parole nous frappe, mais nous attendions de le faire à un moment propice. Aujourd’hui… Tu parles de mort… Nous craignons de ne plus pouvoir te parler si nous ne saisissons pas cette heure. Mais est-il possible que les hébreux puissent tuer leur meilleur fils? Nous sommes gentils, et ta main ne nous a pas fait du bien. Ta parole nous était inconnue. Nous avions entendu parler vaguement de Toi, mais nous ne t’avions jamais vu ni approché. Et pourtant, tu le vois! Nous te rendons hommage. C’est le monde entier qui t’honore avec nous.”

“Oui, l’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié par les hommes et par les esprits.”

Maintenant les gens entourent de nouveau Jésus, avec la différence que les gentils sont au premier rang, et les autres en arrière.

“Mais alors, si c’est l’heure de ta glorification, tu ne mourras pas comme tu dis ou comme nous avons compris. Car ce n’est pas être glorifié de mourir de cette façon. Comment pourras-tu réunir le monde sous ton sceptre si tu meurs avant de l’avoir fait? Si ton bras s’immobilise dans la mort, comment pourras-tu triompher et rassembler les peuples?”

“C’est en mourant que je donne la vie. En mourant, j’édifie. En mourant, je crée le Peuple nouveau. C’est dans le sacrifice que l’on a la victoire. En vérité je vous dis que si le grain de froment tombé sur la terre ne meurt pas, il reste infécond, mais si au contraire il meurt, voilà qu’il produit beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra. Celui qui hait sa vie en ce monde, la sauvera pour la vie éternelle. Moi, ensuite, j’ai le devoir de mourir pour donner cette vie éternelle à tous ceux qui me suivent pour servir la Vérité. Que celui qui veut me servir vienne: la place n’est pas limitée dans mon Royaume à tel ou tel peuple. Quiconque veut me servir qu’il vienne à Moi et me suive, et où je serai, sera aussi mon serviteur. Et celui qui me sert, sera honoré par mon Père, Unique, Vrai Dieu, Seigneur du Ciel et de la Terre, Créateur de tout ce qui existe, Pensée, Parole, Amour, Vie, Chemin, Vérité; Père, Fils, Esprit Saint, Un en étant Trin, Trin tout en étant Unique, Seul, Vrai Dieu.

598.14 – Mais maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? Je dirai peut-être: “Père sauve-moi de cette heure”? Non, parce que je suis venu pour cela: pour arriver à cette heure. Et alors je dirai: “Père glorifie ton Nom!”

Jésus ouvre les bras en croix, une croix pourpre contre la blancheur des marbres du portique, il lève son visage en s’offrant, en priant, en montant avec son âme vers le Père.

Et une voix, plus forte que le tonnerre, immatérielle en ce sens qu’elle ne ressemble à aucune voix d’homme, mais très sensible à toutes les oreilles, emplit le ciel serein de la magnifique journée d’avril et elle vibre, plus puissante que l’accord d’un orgue géant, d’une très belle tonalité et elle proclame:

“Et Moi, Je l’ai glorifié et Je le glorifierai encore.”

Les gens ont eu peur. Cette voix si puissante qu’elle a fait vibrer le sol et ce qui s’y trouve, cette voix mystérieuse, différente de toute autre, qui vient d’une source inconnue, cette voix qui emplit tout l’espace, du nord au midi, de l’orient à l’occident, terrorise les hébreux et stupéfait les païens. Les premiers, quand ils le peuvent, se jettent sur le sol, murmurant dans leur crainte:

“Maintenant nous allons mourir! Nous avons entendu la voix du Ciel Nous allons mourir ! Comme s'ils avaient vu Dieu. Cf. Exode 20, 19 | Exode 33,20 | Juges 6, 22-23 | Juges 13,22. On trouve des expressions similaires en EMV 349.9 | EMV 619.6 | EMV 630.27. . Un ange Lui a parlé!”

Et ils se battent la poitrine en attendant la mort. Les seconds crient:

“Un tonnerre! Un grondement! Fuyons! La Terre a rugi! Elle a tremblé!”

Mais il est impossible de fuir dans cette cohue qui augmente lorsque les gens, qui étaient encore en dehors des murs du Temple, accourent à l’intérieur en criant: