“Le Très-Haut a parlé! Que cela s’accomplisse! Que cela s’accomplisse! Maran-Atà!”
588.6 – “Que le Ciel te donne le courage comme Il en a donné à Yaël et à Judith, qui étaient des femmes et surent être des héros; comme Il en a donné à Jephté qui, étant père, sut sacrifier sa fille à la Patrie; comme Il en a donné à David contre Goliath Comme on le lit en 1 Samuel 17, 32-51, dans le contexte de tout le chapitre 17 de ce livre. , et a accompli le geste qui rendra Israël éternel dans le souvenir des peuples!”
“Que le Ciel te donne le courage! Maran-Atà!”
“Que tu sois victorieux!”
“Que tu sois victorieux! Maran-Atà!”
S’élève la voix éraillée et sénile de Chanania;
“Celui qui hésite devant l’ordre sacré est condamné au déshonneur et à la mort!”
“Il est condamné. Maran-Atà!”
“Si tu ne veux pas écouter la parole du Seigneur ton Dieu, et si tu n’agis pas selon son commandement, en faisant ce qu’il t’ordonne par notre bouche, que toutes les malédictions tombent sur toi!”
“Toutes les malédictions! Maran-Atà!”
“Que le Seigneur te frappe par toutes les malédictions mosaïques Malédictions que l'on trouve en Lévitique 26, 14-16 et en Deutéronome 28, 15-68. et te disperse parmi les nations.”
“Qu’il te frappe et te disperse! Maran-Atà!”
Un silence de mort suit cette scène suggestionnante… Tout s’immobilise dans une immobilité effrayante.
588.7 – Finalement, voilà la voix de Judas qui s’élève, et j’ai du mal à la reconnaître tellement elle est changée:
“Oui, je le ferai. Je dois le faire. Et je le ferai. Déjà la dernière partie des malédictions mosaïques me concerne et j’en dois sortir car j’ai déjà trop tardé. Et je deviens fou n’ayant ni trêve ni repos, et le cœur effrayé, et les yeux égarés, et l’âme consumée par la tristesse. Tremblant d’être découvert et foudroyé par Lui dans mon double jeu —car je ne sais pas, je ne sais pas jusqu’à quel point il connaît ma pensée — je vois ma vie suspendue à un fil, et matin et soir je demande d’en finir avec cette heure à cause de l’épouvante qui me serre le cœur. À cause de l’horreur que je dois accomplir. Oh! hâtez cette heure! Tirez-moi de l’angoisse qui m’étreint! Que tout s’accomplisse. Tout de suite! Maintenant! Et que je sois délivré! Allons!”
La voix de Judas s’est affermie et est devenue forte à mesure qu’il parlait. Ses gestes, d’abord automatiques et incertains comme ceux d’un somnambule, sont devenus libres, volontaires. Il se redresse de toute sa taille, en prenant une beauté satanique, et il crie:
“Que tombent les liens d’une folle terreur! Je suis délivré d’une sujétion effrayante. Christ! Je ne te crains plus et je te livre à tes ennemis! Allons!”
Un cri de démon victorieux, et réellement il se dirige hardiment vers la porte.
588.8 – Mais ils l’arrêtent:
“Doucement! Réponds-nous: où est Jésus de Nazareth?”
“Dans la maison de Lazare, à Béthanie.”
“Nous ne pouvons pas entrer dans cette maison bien défendue par des serviteurs fidèles. Maison d’un favori de Rome. Nous irions au-devant d’ennuis certains.”
“À l’aurore, nous venons dans la ville. Mettez les gardes sur la route de Bethphagé, faites du tumulte et saisissez-le.”
“Comment sais-tu qu’il vient par cette route? Il pourrait aussi prendre l’autre…”
“Non. Il a dit à ceux qui le suivent qu’il la prendra pour entrer dans la ville par la porte d’Éphraïm et de l’attendre près de En Rogel. Si vous le prenez avant…”