Comme un roi, comme un prophète tu seras servi et écouté. Que si ensuite Jésus de Nazareth n’était qu’un faux Messie, même si en réalité il n’était pas passible de mort parce que ses actions ne sont pas d’un larron mais d’un fou, voilà que nous te rappelons les paroles inspirées du pontife Caïphe — tu sais que celui qui porte l’éphod et le rational parle par suggestion divine et prophétise ce qui est bien et ce qu’il faut faire pour le bien — Caïphe, t’en souviens-tu? Caïphe a dit A dit en EMV 549.15. : “Il est bien qu’un homme meure pour le peuple et que toute la Nation ne périsse pas”. C’était une parole de prophétie.”

“En vérité, il était prophète. Le Très-Haut a parlé par la bouche du Grand Prêtre. Qu’il soit obéi!” disent en chœur, déjà théâtraux et semblables à des automates qui doivent faire des gestes donnés, ces hideuses marionnettes que sont les membres du grand conseil du Sanhédrin.

588.4 – Judas est suggestionné, séduit… mais un reste de bon sens, sinon de bonté, subsiste encore en lui et le retient de prononcer les paroles fatales.

L’entourant avec respect, avec une affection simulée, ils le pressent:

“Tu ne nous crois pas? Regarde: nous sommes les chefs des vingt-quatre familles sacerdotales Les 24 classes de prêtres instaurées par David : voir 1 Chroniques 24 7-18. , les Anciens du peuple, les scribes, les plus grands pharisiens d’Israël, les rabbis sages, les magistrats du Temple. L’élite d’Israël est ici, autour de toi, prête à t’acclamer, et qui te dit d’une seule voix: “Fais cela car c’est saint”.

“Et Gamaliel, où est-il? Et Joseph et Nicodème, où sont-ils? Et Éléazar, l’ami de Joseph, et Jean de Gaas? Je ne les vois pas.”

“Gamaliel est en grande pénitence, Jean auprès de sa femme enceinte et souffrante ce soir. Eléazar… nous ne savons pas pourquoi il n’est pas venu. Mais un malaise peut frapper n’importe qui et à l’improviste, n’est-ce pas? Pour ce qui est de Joseph et de Nicodème nous ne les avons pas avisés de cette séance secrète, par amour pour toi, par souci de ton honneur… Pour que, dans le cas malheureux où la chose échouerait, ton nom ne soit pas rapporté au Maître… Nous protégeons ton nom, nous t’aimons Judas, nouveau Maccabée, sauveur de la Patrie Il s'agit de Judas Maccabée, dont les actes sont relatés dans le Premier livre des martyrs d'Israël, chapitres 3 à 9, ainsi que dans le deuxième livre aux chapitres 8 à 15. .”

“Le Maccabée combattait le bon combat. Moi… je commets une trahison.”

588.5 – “Ne regarde pas les détails de l’acte, mais la justice du but. Parle, toi, ô Sadoq, scribe d’or. De ta bouche coulent de précieuses paroles. Si Gamaliel est docte, toi tu es sage, car sur tes lèvres se trouve la sagesse de Dieu. Parle, toi à celui qui hésite encore.”

Cette bonne peau de Sadoq s’avance et avec lui Chanania tout décrépit: un renard squelettique et mourant à côté d’un rusé chacal robuste et féroce.

“Écoute, ô homme de Dieu!” commence pompeusement Sadoq en prenant une pose inspirée et oratoire, le bras droit levé en un geste cicéronien, le gauche occupé à soutenir tout cet encombrement de plis que forme son habit de scribe. Et puis il lève aussi le bras gauche, laissant son vêtement monumental perdre ses plis et se mettre en désordre et ainsi, le visage et les bras levés vers le plafond de la pièce, il tonne: “Moi, je te le dis! Je te le dis devant la Très Haute Présence de Dieu!”

“Maran-Atà! Maran-Atà ! (Maranatha) : Interjection solennelle équivalente à « Qu'il en soit ainsi ! » selon le sens que lui donne Maria Valtorta. Cela pourrait correspondre à une invocation araméenne qui signifie « Seigneur, viens ! » (1 Corinthiens 16,22). L'expression a déjà été rencontrée en EMV 438.1 (dernière ligne). Nous la verrons encore en EMV 639.2.5. ” font tous écho en se courbant comme si un souffle d’en haut les courbait et puis se relevant les bras croisés sur la poitrine.

“Moi, je te le dis: c’est écrit dans les pages de notre histoire et de notre destin! C’est écrit dans les signes et les figures laissés par les siècles! C’est écrit dans le rite qui n’a pas cessé depuis la nuit fatale aux Égyptiens! C’est écrit dans la figure d’Isaac! C’est écrit dans la figure d’Abel! Et que ce qui est écrit se réalise.”

“Maran-Atà!” disent les autres dans un chœur assourdi et lugubre, suggestionnant, avec les gestes déjà faits, les visages bizarrement frappés par la lumière des deux lampadaires allumés aux extrémités de la salle, aux micas violet pâle, qui émanent une lumière fantasmagorique. Et cette assemblée d’hommes presque tous vêtus de blanc, avec les couleurs pâles et olivâtres de leur race rendues encore plus pâles et plus olivâtres par la lumière diffuse, semble vraiment une assemblée de spectres.

“La parole de Dieu est descendue sur les lèvres des prophètes pour marquer ce décret. Il doit mourir! C’est dit!”

“C’est dit! Maran-Atà!”

“Il doit mourir, et son sort est marqué!”

“Il doit mourir. Maran-Atà!”

“Dans les plus minutieux détails est décrit son destin fatal, et on ne brise pas la fatalité!”

“Maran-Atà!”

“Est indiqué jusqu’au prix symbolique qui sera versé à celui qui se fait l’instrument de Dieu pour la consommation de la promesse.” Zacharie 11,12-13.

“C’est indiqué! Maran-Atà!”

“Comme Rédempteur, ou comme faux prophète, il doit mourir!”

“Il doit mourir! Maran-Atà!”

“L’heure est venue! Jéhovah le veut! J’entends sa voix! Elle crie: “Que cela s’accomplisse”!”