“Nous le pouvons, Seigneur.”

“Comment pouvez-vous le dire si vous n’avez pas compris quelle sera l’amertume de ma coupe? Ce ne sera pas seulement l’amertume que je vous ai décrite hier, mon amertume d’Homme de toutes les douleurs. Il y aura des tortures que même si je vous les décrivais vous ne seriez pas en condition de comprendre… Et pourtant, oui, puisque, bien qu’étant comme deux enfants qui ne connaissent pas la portée de ce qu’ils demandent, puisque vous êtes deux esprits justes et que vous m’aimez, certainement vous boirez à ma coupe. Cependant siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne dépend pas de Moi de vous l’accorder. C’est une chose accordée à ceux auxquels mon Père l’a préparée.”

577.10 – Les autres apôtres, pendant que Jésus parle encore, critiquent âprement la demande des fils de Zébédée et de leur mère. Pierre dit à Jean:

“Toi aussi! Je ne te reconnais plus pour ce que tu étais!”

Et l’Iscariote, avec son sourire de démon:

“Vraiment les premiers sont les derniers! Temps de découvertes surprenantes…”

Mais il rit jaune.

“Est-ce par hasard pour les honneurs, que nous avons suivi notre Maître?” dit Philippe d’un ton de reproche.

Thomas, au contraire, pour excuser les deux, s’en prend à Salomé en lui disant: “Pourquoi faire mortifier tes enfants? Tu devais réfléchir, si eux ne l’ont pas fait, et empêcher cela.”

“C’est vrai. Notre mère ne l’aurait pas fait” dit le Thaddée.

Barthélemy ne parle pas, mais son visage marque clairement sa désapprobation.

Simon le Zélote dit, pour calmer l’indignation: “Nous pouvons tous nous tromper…”

Matthieu, André et Jacques d’Alphée ne parlent pas, mais visiblement ils souffrent de l’incident qui entache la belle perfection de Jean.

Jésus fait un geste pour imposer le silence et il dit:

“Et quoi? D’une erreur va-t-il en venir un grand nombre? Vous qui exprimez des reproches indignés, ne vous apercevez-vous pas que vous péchez vous aussi? Laissez tranquilles vos deux frères. Mon reproche suffit. Leur humiliation est visible, leur repentir humble et sincère. Vous devez vous aimer entre vous, vous soutenir mutuellement. Car, en vérité, aucun d’entre vous n’est encore parfait. Vous ne devez pas imiter le monde et les hommes qui en font partie.

Dans le monde, vous le savez, les chefs des nations les dominent et les grands exercent sur elles leur autorité au nom du chef. Mais parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Vous ne devez pas avoir la prétention de dominer les hommes, ni vos compagnons. Au contraire que celui qui parmi vous veut devenir plus grand, se fasse votre ministre, et que celui qui veut être le premier se fasse le serviteur de tous, comme l’a fait votre Maître, Suis-je venu par hasard pour opprimer et dominer? Pour être servi? Non, en vérité, non. Je suis venu pour servir. Et de même que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie pour racheter un grand nombre, ainsi vous devrez savoir faire, si vous voulez être comme je suis et où je suis. Maintenant, allez, et soyez en paix entre vous comme je le suis avec vous.”

577.11 – Jésus me dit:

“Marque fortement le point: ”… vous boirez certainement à ma coupe”. Dans les traductions on lit: “ma coupe”. J’ai dit: “à ma coupe À ma coupe: cette préposition est clairement mise en évidence à la fin de EMV 577.9. L'expression "boire la coupe" semble traduite correctement du texte grec des évangiles de Matthieu et de Marc. Mais on pourrait aussi l'interpréter comme "boire à la coupe" si cela a été dit en araméen, la langue parlée par Jésus : dans cette langue, aucune différence de forme ne permet de distinguer "boire la coupe" de "boire à la coupe". et non pas “ma coupe”. Aucun homme n’aurait pu boire ma coupe. Moi seul, le Rédempteur, j’ai dû boire ma coupe tout entière. À mes disciples, à mes imitateurs et à ceux qui m’aiment, il est certainement permis de boire à cette coupe où j’ai bu, une goutte, Une gorgée, ou les gorgées que la prédilection de Dieu leur permet de boire. Mais jamais personne ne boira la coupe tout entière comme je l’ai bu. Il est donc juste de dire: “à ma coupe” et non pas “ma coupe”.