“Qu’un seul parle. Toi, Simon le Zélote, qui es le plus calme.”

“Seigneur, c’est vite dit. Nous sommes entrés dans la ville, et personne ne nous a dérangés tant qu’ils n’ont pas su qui nous sommes, tant qu’ils ont cru que nous étions des pèlerins de passage.

Mais nous avons demandé — il fallait bien le faire — si un homme jeune, grand, brun, vêtu de rouge et avec un taleth Tallith : châle dont les juifs se couvrent la tête pour la prière. On le prononce généralement talèth, ce qui justifie l'orthographe phonétique de Maria Valtorta. On a plus généralement la représentation d'un châle à bandes noires et blanches, qu'à bandes rouges. à bandes rouges et blanches, accompagné d’une femme âgée, maigre, avec des cheveux plutôt blancs que noirs et un vêtement gris très foncé, étaient entrés dans la ville et s’ils avaient cherché le Maître galiléen et ses compagnons. Alors ils se sont fâchés tout de suite… Peut-être nous n’aurions pas dû parler de Toi. Nous nous sommes certainement trompés… Mais dans les autres endroits nous avions été accueillis si bien que… Je ne comprends pas ce qui est arrivé!… Ils semblaient des vipères ceux qui, il y a seulement trois jours, étaient respectueux avec Toi!…”

Le Thaddée l’interrompt:

“Travail de juifs…”

“Je ne crois pas. Je ne le crois pas à cause des reproches qu’ils nous ont fait et de leurs menaces. Moi, je crois… Ou plutôt je suis sûr, nous sommes sûrs que la cause de la colère des samaritains c’est que Jésus a repoussé leur offre de protection. Ils criaient: “Partez! Partez! Vous et votre Maître! Il veut aller adorer sur le Moriah. Qu’il y aille, et qu’il meure, Lui et tous les siens. Il n’y a pas de place parmi nous pour ceux qui ne nous considèrent pas comme amis, mais seulement comme des serviteurs. Nous ne voulons pas d’autres ennuis si ce n’est pas compensé par le profit. Des pierres au lieu de pain pour le Galiléen, les chiens pour l’attaquer au lieu de maisons pour l’accueillir”. Ainsi parlaient-ils et ils en disaient davantage. Et comme nous insistions pour savoir au moins ce qu’il en était de Judas, ils ont pris des pierres pour nous frapper et ils ont réellement lancés les chiens. Et ils criaient entre eux: “Mettons-nous près de toutes les entrées. Si Lui vient, nous nous vengerons”. Nous avons fui. Une femme — il y a toujours quelqu’un de bon, même parmi les mauvais — nous a poussés dans son jardin et de là nous a conduits par un sentier entre les jardins jusqu’au canal qui était sans eau, car on avait irrigué avant le sabbat et elle nous a cachés là. Et puis elle nous a promis de nous donner des nouvelles de Judas. Mais elle n’est plus venue. Mais attendons-la ici, car elle a dit que si elle ne nous trouve pas dans le canal, elle viendra ici.”

575.4 – Il y a de nombreux commentaires. Certains continuent d’accuser les juifs. Certains font à Jésus un léger reproche, un reproche voilé sous les mots:

“Tu as parlé trop clairement à Sichem et puis tu t’es éloigné. Pendant ces trois jours, ils ont décidé qu’il est inutile qu’ils s’illusionnent et qu’ils se fassent tort pour quelqu’un qui ne les satisfait pas… et ils te chassent…”.

Jésus répond:

“Je ne me repens pas d’avoir dit la vérité et de faire mon devoir. Maintenant ils ne comprennent pas. D’ici peu, ils comprendront ma justice et me vénéreront plus que si je ne l’avais pas respectée, et qui est plus grande que l’amour que j’ai pour eux.”

“Voilà! Voilà la femme sur la route. Elle ose se faire voir…” dit André.

“Ne va-t-elle pas nous trahir, hein?” dit Barthélemy soupçonneux.

“Elle est seule!”

“Elle pourrait être suivie par des gens cachés dans le canal…”

Mais la femme, qui avance avec un panier sur la tête, continue sa route et dépasse les champs de lin où attendent Jésus et les apôtres et puis elle prend un sentier et disparaît… pour réapparaître à l’improviste derrière ceux qui l’attendent et qui se retournent presque effrayés en entendant le froissement des herbes.

La femme parle aux huit qu’elle connaît:

“Voilà! Pardonnez-moi si je vous ai fait beaucoup attendre… Je ne voulais pas qu’on me suive. J’ai dit que j’allais chez ma mère… Je sais… Et j’ai apporté ici de quoi vous restaurer. Le Maître… Qui est-ce? Je veux le vénérer.”

“Voici le Maître.”

La femme, qui a déposé son panier, se prosterne en disant:

“Pardonne la faute de mes concitoyens. S’il n’y avait pas eu des gens pour les exciter… Mais ils en ont influencé un grand nombre à propos de ton refus…”

“Je n’ai pas de rancœur, femme.

575.5 – Lève-toi et parle. As-tu des nouvelles de mon apôtre et de la femme qui était avec lui?”

“Oui. Chassés comme des chiens, ils sont en dehors de la ville, de l’autre côté, attendant qu’il fasse nuit. Ils voulaient revenir vers Enon pour te chercher. Ils voulaient venir ici, sachant que leurs compagnons y étaient. J’ai dit que non, qu’ils ne le fassent pas. Qu’ils restent tranquilles et que je vous conduirai vers eux et je le ferai dès le crépuscule. Par un heureux hasard, mon époux est absent et je suis libre de quitter la maison. Je vous conduirai chez une de mes sœurs, mariée sur les terres de la plaine. Vous dormirez là sans dire qui vous êtes, pas à cause de Mérode, mais à cause des hommes qui sont avec elle. Ce ne sont pas des samaritains: ils sont de la Décapole, établis ici. Mais il vaut mieux…”

“Que Dieu te récompense. Les deux disciples ont-ils été blessés?”

“L’homme un peu. La femme pas du tout. Et certainement le Très-Haut l’a protégée car elle, fièrement, a protégé son fils de sa personne quand les habitants ont pris des pierres. Oh! quelle femme courageuse! Elle criait: “C’est ainsi que vous frappez quelqu’un qui ne vous a pas offensés? Et vous ne me respectez pas, moi qui le défends et qui suis mère? N’avez-vous pas de mères, vous tous qui ne respectez pas quelqu’une qui a engendré?