“Et puis… Je pleurerai, mais j’irai avec ceux de Jean qui, les premiers, ont dit au pauvre enfant que la joie que les hommes ne donnent pas sur la Terre, c’est Dieu qui la donne au Ciel à ceux qui ont eu bonne volonté. Moi, pour l’avoir, j’ai reçu tant de coups et j’ai eu si faim pour demander à Dieu de me donner cette paix. Tu vois que j’ai eu bonne volonté… Mais, maintenant, si tu me repousses, je ne pourrai plus espérer…”

Il pleure doucement, en suppliant Jésus de ses yeux pleins de larmes plus qu’avec ses lèvres.

574.3 – “Je n’ai pas d’argent pour te racheter et je ne sais pas si ton maître y consentirait.”

“Mais j’ai déjà été payé. J’ai des témoins: Éli, Lévi et Jonas ont vu et fait des reproches à l’homme, et ce sont les plus grands d’Hennon, tu sais, eux!”

“S’il en est ainsi… Allons. Lève-toi et viens.”

“Où?”

“Chez ton maître.”

“J’ai peur! Vas-y seul. Il est là-bas, sur ce mont, au milieu des arbres qu’il coupe. Moi, j’attends ici.”

“Ne crains pas. Regarde: mes disciples viennent ici. Nous serons si nombreux contre lui. Il ne te fera pas de mal. Lève-toi. Nous irons à Hennon chercher les trois témoins et nous irons trouver ton maître. Donne-moi la main. Par la suite, je te confierai aux disciples que tu connais. Comment t’appelles-tu?”

“Benjamin.”

“J’ai deux autres petits amis de ce nom Le jeune Benjamin de Capharnaüm et celui de Magdala. . Tu seras le troisième.”

“Ami? C’est trop! Je suis serviteur.”

“Du Seigneur très Haut. Pour Jésus de Nazareth, tu es l’ami. Viens. Rassemble le troupeau et partons.”

574.4 – Jésus se lève et, pendant que le pastoureau rassemble les chèvres et pousse celles qui sont rétives sur le chemin du retour, Jésus fait signe aux apôtres, qui avancent sur le sentier et regardent du côté de Jésus, de venir rapidement. Ils hâtent le pas. Mais le troupeau est désormais en route et Jésus, tenant le pastoureau par la main, va vers eux…

“Seigneur! Tu es devenu pasteur de chevreaux? Vraiment la Samarie peut être appelée la chèvre = Bouc. Voir Matthieu 25,32 pour la symbolique désobligeante (parabole du jugement dernier où Jésus sépare les brebis des boucs (chèvres). … Mais Toi…”

“Mais je suis le bon Pasteur et je change aussi les chevreaux en agneaux. Puis les enfants sont tous des agneaux et celui-ci n’est qu’un peu plus qu’enfant.”

“N’est-ce pas peut-être l’enfant que cet homme hier a emmené si brutalement?” dit Matthieu en l’observant.

“Je crois que c’est lui. Était-ce toi?”

“C’est moi.”

“Oh! Pauvre garçon! Ton père ne t’aime certainement pas!” dit Pierre.

“Mon maître. Je n’ai pas d’autre père que Dieu.”

“Oui. Les disciples de Jean ont instruit son ignorance et réconforté son cœur, et au bon moment le Père de tous nous a fait rencontrer. Nous allons à Hennon pour prendre avec nous trois témoins, et puis allons trouver son maître…” dit Jésus.

“Pour se faire donner l’enfant? Et où est l’argent? Marie a donné les derniers deniers qu’elle avait…” observe Pierre.

“Pas besoin d’argent. Il n’est pas esclave, et on a déjà donné l’argent pour l’avoir du maître. C’est Isaac qui l’a donné, car l’enfant lui faisait peine.”

“Et pourquoi ne l’a-t-il pas eu?”