“Ada est mal… Et son mari voudrait la consoler en appelant Jésus… Mais depuis que ces samaritains ont été… si mauvais, il n’ose pas… Je lui ai dit: “Tu ne le connais pas encore. Moi j’y vais et… il ne… me dira pas non”.
La petite vieille est toute essoufflée par la course et la montée.
“Ne cours pas davantage. Je viens avec toi, ou plutôt je te précède. Suis-nous tranquillement. Tu es vieille, mère, pour courir ainsi” lui dit Jésus.
Et puis à sa Mère et aux femmes disciples:
“Je reste au village. Paix à vous.”
Il prend Jean par un bras et descend rapidement avec lui. La petite vieille qui a repris son souffle les suivrait après avoir répondu aux femmes qui l’interrogent:
“Hum! Seul le Rabbi peut la sauver. Autrement elle va mourir comme Rachel. Elle se refroidit et perd ses forces et se débat déjà dans les convulsions de la douleur”.
Mais les femmes la retiennent en lui disant:
“Mais vous n’avez pas essayé des briques chaudes sous les reins?”
“Non! Il vaut mieux l’envelopper dans de la laine imbibée de vin aromatisé, le plus chaud possible.”
“À moi, pour Jacques, me firent du bien les onctions d’huile et puis les briques chaudes.”
“Faites-la boire beaucoup.”
“Si elle pouvait se tenir debout et faire quelques pas, et que pendant ce temps on lui frictionne les reins fortement.”
Les femmes-mères, c’est-à-dire toutes sauf Nikê et Suzanne, et Marie qui ne souffrit pas les peines de toute femme en mettant son Fils au jour, préconisent une chose ou l’autre.
“Tout! On a tout essayé. Mais ses reins sont trop fatigués. C’est son onzième enfant! Mais maintenant j’y vais. J’ai repris mon souffle. Priez pour cette mère! Que le Très-Haut la garde vivante jusqu’à ce que le Rabbi arrive à elle.”
Et elle s’en va en trottinant, la pauvre vieille seule et bonne.
567.8 – Jésus, pendant ce temps, descend rapidement vers la ville que le soleil réchauffe. Il entre dans la ville par l’endroit opposé à celui où se trouve leur maison, c’est-à-dire par le nord-ouest d’Éphraïm alors que la maison de Marie de Jacob est au sud-est. Il marche rapidement, sans s’arrêter à parler avec ceux qui voudraient le retenir. Il les salue et s’éloigne.
Un homme remarque:
“Il est fâché contre nous. Ceux des autres villages ont mal agi. Il a raison.”
“Non. Il va chez Janoé. Sa femme meurt à son onzième enfantement.”
“Pauvres enfants! Et le Rabbi y va? Trois fois bon. Offensé, il comble de bienfaits.”
“Mais Janoé ne l’a pas offensé! Aucun de nous ne l’a offensé!”
“Mais ce sont toujours des hommes de Samarie.”
“Le Rabbi est juste, et il sait distinguer. Allons voir le miracle.”
“Nous ne pourrons pas entrer. C’est une femme et qui doit enfanter.”