“Oui, et Suzanne.”
“Et certainement Marziam…
566.14 – Mais qu’est-ce que ce bruit?”
“Les chars! Les chars! Et tous les nazaréens qui ne se sont pas donnés pour battus et ont suivi Lazare… et ceux de Cana…” répond Jean qui s’éloigne en courant avec les autres.
Par la porte ouverte un spectacle tumultueux se présente à la vue. En plus de Marie assise près de son Fils, et des femmes disciples, de Lazare, de Jeanne qui est sur son char avec Marie et Mathias, Esther et d’autres serviteurs et le fidèle Jonathas, il y a une foule de gens: visages connus, visages inconnus. De Nazareth, de Cana, de Tibériade, de Naïm, d’En-Dor. Et des samaritains de tous les villages, touchés pendant le voyage et d’autres villages voisins. Et ils se précipitent en avant des chars obstruant le passage de ceux qui veulent sortir et de ceux qui veulent entrer.
“Mais que veulent ces gens? Pourquoi sont-ils venus? Comment ont-ils su?”
“Eh! ceux de Nazareth étaient aux aguets. Une fois Lazare venu le soir pour repartir au matin, pendant la nuit, ils ont couru dans les villes voisines, et de même ceux de Cana, car Lazare était passé pour prendre Suzanne et se rencontrer avec Jeanne, et ils l’ont suivi et précédé pour voir Jésus et pour voir Lazare. Et ceux de la Samarie ont su aussi et les ont rejoints. Et les voilà tous!…” explique Jean.
“Dis! Toi qui avais peur que le Maître n’ait pas d’escorte, celle-là te parait-elle suffisante?” dit Philippe à l’Iscariote.
“Ils sont venus pour Lazare…”
“Etant donné qu’ils l’ont possédé, ils auraient pu s’en aller. Mais, au contraire, ils sont restés jusqu’ici. C’est signe qu’il y en a encore qui viennent pour le Maître.”
“Bien. Ne faisons pas de discours inutiles. Cherchons plutôt à les dégager pour les faire entrer. Allons, mes garçons! Pour nous remettre à l’exercice! Il y a si longtemps que nous n’avions pas joué des coudes pour frayer la route au Maître!”
Et Pierre se met le premier à ouvrir un passage à travers la foule qui crie des hosannas, curieuse, dévouée, bavarde selon les cas. Cela fait, avec l’aide des autres et de disciples nombreux qui, disséminés dans la foule, cherchent à se joindre aux apôtres, il maintient vide un espace pour que les femmes puissent se réfugier dans la maison et de même Jésus et Lazare, et puis il ferme la porte en se retirant le dernier. Il la ferme avec des verrous et des barres, et il envoie les autres pour fermer du côté du jardin.
566.15 – “Oh! enfin! La paix soit avec toi, Marie bénie! Finalement je te revois! Maintenant tout est beau, puisque tu es avec nous!” dit Pierre qui la salue en se courbant jusqu’à terre pour la saluer.
C’est une Marie au visage triste, pâle et fatigué, le visage déjà de l’Affligée.
“Oui, tout maintenant est moins douloureux car je suis près de Lui.”
“Je t’avais assuré que je ne te disais que la vérité!” dit Lazare.
“Tu as raison… Mais le soleil s’est obscurci pour moi et toute paix a disparu quand j’ai su que mon Fils était ici… J’ai compris… Oh!” D’autres larmes coulent sur ses joues pâles.
“Ne pleure pas, Maman! Ne pleure pas! J’étais ici parmi ces braves gens, près d’une autre Marie qui est une mère…”
Jésus la conduit vers une pièce qui ouvre sur le jardin tranquille. Tous les suivent.
Lazare s’excuse:
“J’ai bien été obligé de lui dire, car elle connaissait la route et ne comprenait pas pourquoi je prenais ce détour. Elle le croyait avec moi à Béthanie… Et même à Sichem un homme cria: “Nous aussi à Éphraïm, chez le Maître”. Aucune excuse ne me fut plus possible… J’espérais aussi prendre les devants en partant de nuit par des chemins insolites. Mais oui! Ils étaient de garde partout et pendant qu’un groupe me suivait, un autre allait dans les environs pour prévenir.”
566.16 – Marie de Jacob apporte du lait, du miel, du beurre et du pain frais et les offre à Marie pour commencer. Elle regarde Lazare par en dessous, un peu curieuse, un peu craintive, et sa main a une secousse quand en donnant le lait à Lazare, elle effleure sa main, et sa bouche ne peut retenir un “oh!” quand elle le voit manger sa fouace comme tous les autres.
Lazare en rit tout le premier en disant, affable, distingué et plein d’assurance comme tous les hommes de grande naissance:
“Oui, femme, je mange tout comme toi et j’aime ton pain et ton lait. Et certainement ton lit me plaira car je sens la lassitude comme je sens la faim.”
Il se tourne vers tout le monde pour dire: