Ils n’ont pas à défendre des intérêts de secte ou de caste. Ils n’ont rien, hormis un besoin instinctif de se sentir pardonnés et aimés par Celui qu’ont offensé leurs ancêtres et qu’eux continuent à offenser en restant en dehors de la Religion parfaite. En dehors, parce qu’eux étant orgueilleux et vous de même, on ne sait pas des deux côtés renoncer à la rancune qui sépare et se tendre la main au nom de l’Unique Père. Et même, s’il y avait chez eux tant de bonne volonté, vous la briseriez, car vous, vous ne savez pas pardonner. Vous ne savez pas dire, en foulant aux pieds toute sottise: “Le passé est mort, car s’est levé le Prince du Siècle à venir qui nous rassemble tous sous son Signe”. En fait, je suis venu et je rassemble. Mais vous! Oh! pour vous est toujours anathème même ce que j’ai pensé qu’il méritait d’être rassemblé!”
“Tu es sévère pour nous, Maître.”
560.5 – “Je suis juste. Pouvez-vous peut-être dire que vous ne m’avez pas reproché, en votre cœur, certaines de mes actions? Pouvez-vous dire que vous approuvez ma miséricorde qui est la même pour les juifs et les galiléens que pour les samaritains et les gentils, et même encore plus grande pour eux et pour les grands pécheurs, justement parce qu’ils en ont davantage besoin? Pouvez-vous dire que vous n’attendriez pas de Moi des actes d’une violente majesté pour manifester mon origine surnaturelle et surtout, faites bien attention, ma mission de Messie, d’après l’idée que vous avez du Messie?
Dites vraiment la vérité: à part la joie de votre cœur pour la résurrection de l’ami, n’auriez-vous pas préféré à celle-là que j’arrive à Béthanie beau et cruel comme nos anciens avec les amorrhéens Les Amorrhéens ou Amorites, étaient une peuplade très puissante de Canaan. Ils furent voués à l'anéantissement, à cause de leur méchanceté, lorsque la patience de Dieu fut à son terme Ces récits sont racontés en Nombres 21, 21‑35 | Deutéronome 2, 26‑37 | Josué 6‑8 | Josué 10 | 2 Maccabées 5, 1-4. et les basanites Le pays de Basan était occupé par un peuple de haute stature, très fort, les Rephaïm. Le dernier roi de cette race de géants fut Og, que les Israélites vainquirent et tuèrent à l'époque de Moïse. (Nombres 21, 33-35). et comme Josué avec ceux de Aï Aï est une des villes anéanties par Josué au moment de la conquête de la Terre Promise (Josué 7, 1-8 ; 35). Elle se trouvait à l'est de Béthel et au nord de Mikmas, c'est-à-dire dans la région où se trouve actuellement Jésus (cf. Google maps). et de Jéricho, ou mieux encore en faisant crouler avec ma voix les pierres et les murs sur mes ennemis, comme les trompettes de Josué le firent pour les murs de Jéricho Josué 6,1-21. ?
Ou en attirant du ciel sur mes ennemis de grosses pierres comme il arriva dans la descente de Béteron encore au temps de Josué Bataille de Bet-Hôron contre les cinq rois amorrhéens (Josué 10,10-11). ou, comme dans des temps plus récents, en appelant des cavaliers célestes s’élançant dans l’air couverts d’or, armés de lances comme des cohortes, et un défilé de cavaliers en escadrons rangés et des attaques de part et d’autre et, une agitation de boucliers et d’armées coiffées de heaumes avec leur épée dégainée et lançant des flèches pour terroriser mes ennemis? Oui, vous auriez préféré cela parce que, bien que vous m’aimiez beaucoup, votre amour est encore impur et nourrit pour cela, en désirant ce qui n’est pas saint, votre pensée d’Israélites, votre vieille pensée, celle qui est chez Gamaliel comme chez le dernier d’Israël, celle qui est chez le Grand Prêtre, chez le Tétrarque, chez le paysan, chez le berger, chez le nomade, chez l’homme de la Diaspora: la pensée fixe du Messie conquérant. Le cauchemar de ceux qui craignent qu’il ne les réduise à rien. L’espoir de ceux qui aiment la Patrie avec la violence d’un amour humain. Le rêve de ceux qui sont opprimés sous d’autres puissances dans d’autres terres. Ce n’est pas votre faute. La pensée pure, telle que Dieu l’a donnée sur ce que je suis, est allée en se couvrant au cours des siècles de scories inutiles. Et peu savent, par la souffrance, ramener à sa pureté initiale l’idée messianique. Maintenant, ensuite, comme sont proches les temps où sera donné le signe qu’attend Gamaliel, et avec lui tout Israël, maintenant, ensuite, que viennent les temps de ma parfaite manifestation, Satan travaille à rendre plus imparfait votre amour et à altérer davantage votre pensée. Son heure vient. Je vous le dis. Et en cette heure de ténèbres même ceux qui actuellement sont voyants, ou ont seulement la vue basse, seront complètement aveugles. Peu, bien peu, dans l’Homme abattu reconnaîtront le Messie. Peu le reconnaîtront pour le vrai Messie, justement parce qu’il sera abattu comme l’ont vu les prophètes. Moi, je voudrais, pour le bien de mes amis, que pendant qu’il fait encore jour ils sachent me voir et me connaître, pour pouvoir me reconnaître et me voir même quand je serai défiguré et dans les ténèbres de l’heure du monde…
560.6 – Mais dites-moi maintenant ce que vous vouliez me dire. L’heure avance rapidement et l’aube va venir. Je parle pour vous car Moi, je ne crains pas de rencontres dangereuses.”
“Voilà: nous voulions donc te dire que quelqu’un doit avoir dit où tu es et que ce quelqu’un n’est certainement ni Nicodème, ni Manahen, ni Lazare, ni ses sœurs, ni Nikê, ni moi. Avec qui d’autres as-tu parlé du lieu choisi pour ton refuge?”
“Avec personne, Joseph.”
“Tu en es sûr?”
“Sûr.”
“Et tu as donné des ordres à tes disciples pour qu’ils n’en parlent pas?”
“Avant le départ je ne leur ai pas parlé de l’endroit. Arrivé à Éphraïm je leur ai donné l’ordre d’aller évangéliser et d’opérer à ma place. Et je suis sûr de leur obéissance.”
“Et… Tu es seul à Éphraïm?”
“Non. Je suis avec Jean et Judas de Simon. Je l’ai déjà dit. Lui, Judas, car je lis dans ta pensée, ne peut m’avoir nui par son irréflexion, car il ne s’est jamais éloigné de la ville, et en cette période il n’y passe pas de pèlerins d’autres lieux.”
“Alors… c’est sûrement Belzébuth qui a parlé car, au Sanhédrin, on sait que tu es ici.”
“Eh bien? Comment réagissent-ils à ma conduite?”
“De manières diverses, Maître. Très différentes les unes des autres. Certains disent que c’est logique: puisqu’ils t’ont mis au ban des lieux saints, il ne te restait qu’à te réfugier en Samarie. D’autres disent au contraire que cela te fait connaître pour ce que tu es: un samaritain d’esprit plus encore que de race, et que cela suffit pour te condamner. Tous, ensuite, se réjouissent d’avoir pu t’imposer le silence et de pouvoir t’indiquer aux foules comme ami des samaritains. Ils disent: “Nous avons déjà gagné la bataille. Le reste ne sera qu’un jeu d’enfants”. Mais, nous t’en prions, fais que cela ne soit pas vrai.”
“Ce ne sera pas vrai. Laissez-les parler. Ceux qui m’aiment ne se troubleront pas à cause des apparences. Laissez tomber le vent tout à fait. C’est un vent de terre. Puis viendra le vent du Ciel, et il s’ouvrira le voile pour qu’apparaisse la gloire de Dieu.
560.7 – Avez-vous autre chose à me dire?”
“Non, pour ce qui te concerne. Veille, sois prudent, ne sors pas d’où tu es. Et de te dire encore que nous te ferons savoir…”
“Non. Pas besoin. Restez où vous êtes. Je vais avoir bientôt avec Moi les femmes disciples et, cela oui, dites à Élise et à Nikê de rejoindre les autres, si elles le veulent. Dites-le aussi aux deux sœurs. Comme le lieu où je me trouve est désormais connu, ceux qui ne craignent pas le Sanhédrin peuvent désormais venir pour notre réconfort mutuel.”
“Les deux sœurs ne peuvent venir jusqu’au retour de Lazare. Il est parti en grande pompe et Jérusalem toute entière a su qu’il allait à ses propriétés lointaines et on ne sait pas quand il reviendra. Mais son serviteur est déjà revenu de Nazareth et il a dit, cela aussi nous devions le dire, que ta Mère sera ici avec les autres avant la fin de cette lune. Elle se porte bien et de même Marie d’Alphée. Le serviteur les a vues, mais elles tardent un peu car Jeanne veut venir avec elles, et elle ne le peut qu’à la fin de cette lune.
560.8 – Et puis, voilà, si tu nous le permets, nous voudrions venir en ton aide… en amis fidèles même si imparfaits, comme tu le dis.”
“Non. Les disciples qui vont évangéliser apportent la veille de chaque sabbat ce qu’il faut pour eux et pour nous qui restons à Éphraïm. Il ne faut pas autre chose. L’ouvrier vit de son salaire. Cela est juste. Le reste serait du superflu. Donnez-le à quelques malheureux. C’est ce que j’ai imposé aussi à ceux d’Éphraïm et à mes apôtres eux-mêmes. J’exige qu’à leur retour ils n’aient pas la moindre piécette en réserve et que toute obole soit donnée en route en ne prenant pour nous que ce qu’il faut pour notre nourriture très frugale de la semaine.”
“Mais pourquoi, Maître?”