“Tu es un menteur, Isaac. Tu ne peux la rêver. Tu ne t’en souviens pas.”
Le petit pleure en disant:
“Non. Non. Moi je la rêve. Je la rêve moi…”
“Ne traite pas ton frère de menteur, Ruben. Son âme peut bien voir sa mère car le bon Père des Cieux peut permettre à l’orphelin de la rêver et de la connaître partiellement, comme Il nous permet de le connaître Lui-même. Car de cette connaissance limitée, vient une bonne volonté de le connaître parfaitement, chose que l’on obtient en étant toujours très bons.
554.12 – Et maintenant, allons. Le sabbat s’est sanctifié car nous avons parlé de Dieu.” Il se lève et entonne d’autres psaumes.
Des gens d’Ephraïm s’approchent en entendant le chœur, et ils attendent avec respect la fin du psaume pour saluer, et ils disent à Jésus:
“Tu as préféré venir ici, plutôt qu’avec nous? Tu ne nous aimes donc pas?”
“Personne de vous ne m’avait invité. Je suis donc venu ici avec mes apôtres et les enfants.”
“C’est vrai. Mais nous croyions que ton disciple t’avait dit notre désir.”
Jésus regarde Jean et Judas. Et Judas répond: “J’ai oublié de le dire hier, et aujourd’hui, avec ces enfants, je n’y ai plus pensé.”
Jésus, pendant ce temps, quitte la petite île et passe le bras d’eau minuscule pour aller près de ceux d’Ephraïm. Les apôtres le suivent alors que les enfants s’attardent à délier les deux barquettes de roseau qui restent, et à Pierre qui les questionne, ils expliquent:
“Nous voulons les garder pour nous rappeler la leçon.”
“Et moi? Je l’ai perdue! Et je ne me souviendrai pas, et je n’irai pas au Paradis” dit en pleurant le plus petit.
“Attends! Ne pleure pas. Je te fais tout de suite une barquette. Bien sûr. Toi aussi tu dois te rappeler la leçon. Eh! il faudrait que tous nous en fassions une avec son jonc attaché à la proue, pour nous rappeler. Ce serait plus utile pour nous, hommes, que pour vous, enfants! Hélas!”
Et Pierre taille et fait la barquette avec son jonc, il prend dans ses bras, en une seule brassée, les trois enfants et il saute le ruisseau pour aller près de Jésus.
“Ce sont eux?” demande Malachie d’Ephraïm.
“Ce sont eux.”
“Et ils sont de Sichem?”
“C’est ce que disait le pastoureau: que ses parents étaient des campagnes.”
“Pauvres enfants! Mais si les parents ne venaient pas, que ferais-tu?”
“Je les garderais avec Moi. Mais ils viendront.”
“Ces larrons… Ne viendront-ils pas eux aussi?”
“Ils ne viendront pas, mais n’ayez pas de crainte pour eux. Même s’ils venaient… C’est Moi qui les volerais et non pas eux qui vous voleraient. Je leur ai déjà enlevé leurs quatre proies et j’espère avoir arraché un peu de leur âme au péché, au moins pour l’un d’eux. Dismas. Il a probablement été arrêté par les romains à cette époque (EMV 524). Jésus anticipe donc la victoire de sa Passion. ”
“Nous t’aiderons pour ces enfants. Tu nous le permettras cela.”
“Oui. Et ce n’est pas parce qu’ils sont de votre région, mais parce que ce sont des innocents et l’amour pour les innocents est le chemin qui conduit rapidement à Dieu.”
“Mais Toi seul ne fais pas de distinction entre innocents et innocents. Un juif n’aurait pas recueilli ces petits samaritains, ni non plus un galiléen. Nous ne sommes pas aimés. Et le manque d’amour pour nous ils l’ont aussi pour ceux qui ne savent même pas encore ce que c’est que d’être samaritain et juif. Et cela est cruel.”
“Oui. Mais il n’en sera plus ainsi quand on suivra ma Loi. Tu le vois, Malachie? Ils sont dans les bras de Simon Pierre, de mon frère, et de Simon le Zélote. Aucun d’eux n’est samaritain, ni père. Et pourtant tu ne serres pas tes enfants contre ton cœur avec autant d’amour que le font mes disciples pour les orphelins de Samarie. Voilà quelle est l’idée messianique: réunir tout le monde dans l’amour. C’est la vérité de l’idée messianique. Un seul peuple sur la Terre sous le sceptre du Messie. Un seul peuple dans le Ciel sous le regard d’un seul Dieu,”
Ils s’éloignent… en parlant, vers la maison de Marie de Jacob.