“Lazare est mort. J’ai attendu qu’il soit mort pour aller là-bas, pas à cause de ses sœurs ni de lui, mais à cause de vous pour que vous croyez, pour que votre foi grandisse. Allons chez Lazare.”

“Bon. Allons-y! Nous mourrons comme il est mort et comme tu veux mourir” dit Thomas en fataliste résigné.

“Thomas, Thomas, et vous tous qui intérieurement critiquez et grommelez, sachez que celui qui veut me suivre doit avoir pour sa vie le même souci qu’a l’oiseau pour la nuée qui passe.

La laisser passer comme le vent l’entraîne. Le vent, c’est la volonté de Dieu qui peut vous donner ou vous enlever la vie comme il Lui plaît, sans que vous ayez à vous en plaindre, comme l’oiseau ne se plaint pas de la nuée qui passe, mais chante quand même, sûr qu’ensuite reviendra le beau temps. Car la nuée c’est l’incident. Le ciel c’est la réalité. Le ciel reste toujours bleu même si les nuées semblent le rendre gris. Il est et reste bleu au-delà des nuages. Il en est ainsi de la Vie véritable. Elle est et demeure, même si tombe la vie humaine. Celui qui veut me suivre ne doit pas connaître l’angoisse de la vie ni la peur pour sa vie.

Je vous montrerai comment on conquiert le Ciel. Mais comment pourrez-vous m’imiter si vous avez peur de venir en Judée, vous à qui il ne sera rien fait de mal présentement? Avez-vous peur de vous montrer avec Moi? Vous êtes libres de m’abandonner. Mais si vous voulez rester, vous devez apprendre à défier le monde avec ses critiques, ses embûches, ses moqueries, ses tourments, pour conquérir mon Royaume.

547.7 – Allons donc tirer de la mort Lazare qui dort depuis deux jours au tombeau, puisqu’il est mort le soir qu’est venu ici le serviteur de Béthanie. Demain, à l’heure de sexte Sexte = midi. Les journées se déroulent de 6.00 à 18.00 , quand j’aurai congédié ceux qui attendent demain pour avoir de Moi un réconfort et une récompense pour leur foi, nous partirons d’ici et passerons le fleuve. Nous passerons la nuit dans la maison de Nikê puis, à l’aurore, nous partirons pour Béthanie en prenant la route qui passe par Ensémès. Nous serons à Béthanie avant sexte. Il y aura beaucoup de gens et les cœurs seront ébranlés. J’en ai fait la promesse et je la tiendrai…”

“À qui, Seigneur?” demande Jacques d’Alphée presque craintif.

“À ceux qui me haïssent et à ceux qui m’aiment, aux deux d’une manière absolue. Ne vous rappelez-vous pas la discussion à Cédès avec les scribes? Cf. EMV 342.6. Ils pouvaient encore me traiter de menteur parce que j’avais ressuscité une fillette qui venait de mourir Myriam, la fille de Jaïre. et un mort d’un jour Daniel de Naïm. . Ils ont dit: “Tu n’as pas encore su refaire quelqu’un qui était décomposé”. En effet, Dieu seul peut tirer un homme de la fange et de la pourriture refaire un corps intact et vivant. Eh bien, je vais le faire. À la lune de Casleu, sur les rives du Jourdain, j’ai rappelé Moi-même aux scribes ce défi et j’ai dit: “À la nouvelle lune, cela s’accomplira Cf. EMV 525.16. ”. Cela pour ceux qui me haïssent. Aux sœurs ensuite, qui m’aiment d’une manière absolue, j’ai promis de récompenser leur foi si elles avaient continué d’espérer au-delà de ce qui est croyable Cf. EMV 536.11. . Je les ai beaucoup éprouvées et beaucoup affligées, et Moi seul connais les souffrances de leurs cœurs en ces jours et leur parfait amour. En vérité je vous dis qu’elles méritent une grande récompense car, plus que de ne pas voir leur frère ressuscité, elles sont angoissées que je puisse être méprisé. Je vous paraissais absorbé, las et triste.

J’étais près d’elles par mon esprit, j’entendais leurs gémissements et je comptais leurs larmes. Pauvres sœurs! Maintenant je brûle de ramener un juste sur la Terre, un frère dans les bras de ses sœurs, un disciple parmi mes disciples. Tu pleures, Simon? Oui. Toi et Moi, nous sommes les plus grands amis de Lazare, et dans tes pleurs il y a la douleur pour la douleur de Marthe et Marie et l’agonie de l’ami, mais il y a aussi déjà la joie de le savoir bientôt rendu à notre amour.

547.8 – Levons-nous pour préparer les sacs et aller nous reposer pour nous lever à l’aube et mettre tout en ordre ici où… il n’est pas sûr que nous reviendrons. Il faudra distribuer aux pauvres ce que nous avons et dire aux plus actifs d’empêcher les pèlerins de me chercher tant que je ne serai pas dans un autre lieu sûr. Il faudra encore leur dire de prévenir les disciples qu’ils me cherchent chez Lazare. Tant de choses à faire. Elles seront toutes faites avant que les pèlerins arrivent… Allons, éteignez le feu et allumez les lampes, et que chacun aille faire ce qui lui incombe et puis se reposer. Paix à vous tous.”

Il se lève, les bénit et se retire dans sa petite pièce…

“Il est mort depuis plusieurs jours!” dit le Zélote.

“Cela c’est un miracle!” s’écrie Thomas.

“Je veux voir ce qu’ils vont trouver ensuite pour douter!” dit André.

“Mais quand le serviteur est-il venu?” demande Judas Iscariote.

“Le soir d’avant le vendredi” répond Pierre.

“Oui? Et pourquoi ne l’as-tu pas dit?” demande encore l’Iscariote.

“Parce que le Maître m’avait dit de me taire” réplique Pierre.

“Donc… quand nous arrivons là-bas… il sera depuis quatre jours au tombeau?”

“Certainement! Le soir du vendredi un jour, le soir du sabbat deux jours, ce soir trois jours, demain quatre… Donc quatre jours et demi… Puissance éternelle! Mais il sera déjà en morceaux!” dit Matthieu.

“Il sera déjà en morceaux… Je veux voir aussi cela et puis…”

“Quoi, Simon Pierre?” demande Jacques d’Alphée.

“Et puis si Israël ne se convertit pas, Jéhovah (Jeovè) Lui-même, au milieu des foudres, ne peut le convertir.”

Ils s’en vont en parlant ainsi.