540 – Jean sera un “fils” pour la Mère de Jésus. Rencontre avec Manahen et leçon sur l’amour des animaux. Conclusion de la troisième année
16 décembre 1946
Le lundi 16 décembre 1946.
540.1 - Ils sont déjà dans les terres qui se ressentent du voisinage de la Mer Morte, en dehors de toute piste, se dirigeant directement vers le nord-est. À part l’aspérité du terrain rempli de pierres coupantes et de cristaux de sel, et couvert d’herbes basses et épineuses, la marche est bonne et surtout tranquille, car à perte de vue il n’y a pas âme qui vive, et la température est douce et le terrain est sec.
Ils parlent entre eux. Ils doivent avoir trouvé, les jours précédents, des bergers et avoir séjourné parmi eux, car ils en parlent. Ils parlent aussi d’un enfant guéri. Doucement, en s’aimant. Même quand ils se taisent, ils se parlent avec leur cœur en se regardant avec le regard de quelqu’un qui est heureux d’être avec un ami bien-aimé. Ils s’assoient pour se reposer et prendre un peu de nourriture, se remettent en route, toujours avec cet air paisible qui donne la paix à mon cœur rien qu’à le voir.
“Ici se trouve Galgala” dit Jésus en montrant en avant un groupe de maisons qui reflètent leur blancheur au soleil, sur un monticule vers le nord-est. “Désormais, nous approchons du fleuve.”
“Et nous entrons à Galgala pour la nuit?”
“Non, Jean. J’ai évité intentionnellement toute ville, et je vais éviter aussi celle-là. Si nous trouvons quelque autre berger, nous irons avec lui. Si nous voyons près de la route, que nous allons bientôt atteindre, des caravanes sur le point de s’arrêter pour la nuit, nous demanderons d’être accueillis sous leurs tentes. Les nomades du désert sont toujours hospitaliers et c’est l’époque où on les rencontre facilement. Si personne ne nous reçoit, nous dormirons à la belle étoile, unis tous les deux sous nos manteaux et nous serons veillés par les anges.”
“Oh! oui. Tout sera toujours meilleur que la nuit de tristesse, de la dernière nuit que j’ai passée là-bas à Bethléem! Voir le chapitre précédent EMV 538.4/5. ”
“Mais pourquoi n’es-tu pas venu à Moi tout de suite?”
“Parce que je me sentais coupable. Et puis je disais aussi: Jésus est si bon qu’il ne me grondera pas, mais au contraire me consolera, comme tu as fait. Et alors la pénitence que je voulais faire, où serait-elle allée?”
“Nous l’aurions faite ensemble, Jean. Moi aussi je suis resté sans nourriture et sans feu, malgré les aliments et le bois trouvés le matin.”
“Oui. Mais quand on est avec Toi, il n’y a plus rien, rien. Quand je suis avec Toi, je ne souffre plus de rien. Je te regarde, je t’écoute, et je suis tout à fait heureux.”
“Je le sais. Et je sais aussi qu’en personne, ma pensée ne s’imprime comme en mon Jean, et je sais aussi que tu sais comprendre et te taire quand il y a lieu. Tu me comprends, oui, parce que tu m’aimes.
540.2 - Jean, écoute-moi. D’ici quelque temps…”
“Quoi, Seigneur?” demande tout de suite Jean en l’interrompant, en le saisissant par le bras, en l’arrêtant pour le regarder en face, avec des yeux effrayés et interrogateurs et son visage devenu blême.
“D’ici quelque temps cela fait trois ans que j’évangélise Jésus est parti de Nazareth pour sa Vie Publique, le dimanche 13 décembre 26 (14 Tébeth). Cf. EMV 44.1. . Tout ce qu’il fallait dire aux foules, je l’ai dit. Désormais celui qui veut m’aimer et me suivre a tous les éléments pour le faire avec assurance. Les autres… Quelques-uns seront persuadés par les faits, la plupart resteront sourds, même devant ceux-ci. Mais à ces derniers, j’ai peu de choses à dire. Et je les dirai. Car la justice aussi doit être sauvegardée, en plus de la miséricorde. Jusqu’à présent, la miséricorde s’est tue bien des fois et sur beaucoup de choses. Mais avant de se taire pour toujours, le Maître parlera aussi avec la sévérité d’un juge. Mais je ne voulais pas te parler de cela. Je voulais te dire que sous peu, ayant dit au troupeau tout ce qu’il fallait dire pour qu’il m’appartienne, je me recueillerai beaucoup pour prier et me préparer. Et quand je ne prierai pas, je me consacrerai à vous. Comme j’ai fait au début, je ferai aussi à la fin. Les femmes disciples viendront. Ma Mère viendra. Nous nous préparerons tous à la Pâque. Jean, je te demande dès maintenant de te consacrer beaucoup à ces disciples. À ma Mère, en particulier…”
“Mon Seigneur, mais que puis-je donner à ta Mère qu’elle ne possède déjà surabondamment et au point d’en avoir à donner à nous tous?”
“Ton amour. Suppose que tu es pour elle comme un second fils. Elle t’aime et tu l’aimes. Vous avez un unique amour qui vous unit: l’amour pour Moi. Moi, son Fils selon la chair et le cœur, je serai toujours plus… absent, absorbé dans mes… occupations. Et elle souffrira, parce qu’elle sait… Elle sait ce qui va arriver. Tu dois la consoler aussi à ma place, devenir tellement son ami qu’elle puisse pleurer sur ton cœur et en avoir du réconfort. Elle n’est pas pour toi une inconnue, ma Mère. Tu as déjà vécu avec elle. Mais c’est autre chose de le faire comme disciple qui aime d’un amour respectueux la Mère de son Maître, et autre chose de le faire en fils. Je veux que tu le fasses en fils pour qu’elle souffre un peu moins quand elle ne m’aura plus.”
540.3 - “Seigneur, tu vas mourir? Tu parles comme quelqu’un qui va mourir! Tu m’affliges…”
“Je vous l’ai dit plusieurs fois que je dois mourir. C’est comme si je parlais à des enfants distraits ou qui n’arrivent pas à comprendre. Oui, je vais à la mort. Je le dirai aussi aux autres, mais plus tard. À toi, je le dis maintenant. Souviens-t-en, Jean.”
“Je m’efforce de me rappeler tes paroles, toujours… Mais celle-là est si douloureuse…”
“…que tu fais tout ce que tu peux, pour l’oublier, veux-tu dire? Pauvre enfant! Ce n’est pas toi qui oublies, toi qui te rappelles. Ce n’est pas toi par ta volonté. C’est ton humanité même qui ne peut se rappeler cette chose trop grande pour qu’elle puisse la supporter, la chose trop grande, et tu ne sais même pas complètement combien elle sera grande, monstrueuse, la chose trop grande qui t’étourdit comme une masse tombée de haut sur ta tête. Et pourtant, c’est ainsi. Bientôt désormais je vais aller à la mort et ma Mère restera seule. Je mourrai avec une goutte de douceur, dans mon océan de douleur, si je vois en toi un “fils” pour ma Mère…”
“Oh! mon Seigneur! Si je suis capable… s’il ne m’arrive pas comme à Bethléem, oui, je le ferai. Je veillerai avec un cœur de fils. Mais que pourrai-je lui donner qui la console si elle te perd Toi? Que pourrai-je lui donner si moi aussi je suis comme quelqu’un qui a tout perdu, que la douleur abrutit? Comme ferai-je, moi qui n’ai pas su veiller et souffrir maintenant, dans le calme, pendant une nuit et pour un peu de faim? Comment ferai-je?”
“Ne t’agite pas. Prie beaucoup en ce temps-ci. Je te garderai beaucoup avec Moi et avec ma Mère. Jean tu es notre paix, et tu le seras encore alors. Ne crains pas, Jean. Ton amour fera tout.”