“Il était en bonne santé. Avant le soir, il sera mort.”

“S’il est si mal, il ne jouira pas des fleurs…”

“Non. Mais, dans la maison effarée, les fleurs envoyées par le Sauveur diront une parole lumineuse.”

Jésus s’assoit alors que tous parlent de la fragilité de la vie et Élise met son manteau en disant:

“Je vais moi aussi avec André… Cette pauvre mère!…”

On voit André et Élise qui s’éloignent avec les fleurs dans leurs mains…

Jésus se tait. Judas aussi se tait, indécis. Jésus est silencieux mais pas sévère… Judas lui tourne autour, aiguillonné par le désir de savoir, par l’angoisse torturante de quelqu’un qui n’a pas la conscience en paix. Mais il finit par attirer Pierre à part pour l’interroger. Il se rassure après avoir parlé avec Pierre et il va piquer Matthieu qui écrit tranquillement sur un coin de la table.

André revient en courant. Il parle, essoufflé:

“Maître… l’enfant est vraiment mourant… À l’improviste… On dirait des fous… Mais quand Élise a dit: “C’est le Seigneur qui les envoie” et moi… je croyais qu’ils comprenaient: “pour le lit funèbre”, la mère et le père… en même temps, ont dit: “Oh! c’est vrai! Cours l’appeler. Il le guérira”.

“La parole de la foi. Allons”

Et Jésus sort presque en courant. Naturellement tout le monde le suit, même le vieux Jean, tout en boitant, derrière tout le monde.

531.19 – La maison est au bout du village, mais Jésus y arrive bientôt et se fraie un passage parmi les gens qui encombrent la porte ouverte. Il va droit à une pièce au fond de l’entrée, car c’est une maison vaste qui a beaucoup d’habitants, peut-être frères entre eux.

Dans la pièce, penchés sur le lit improvisé, le père, la mère et Élise… Ils ne voient Jésus que quand il dit:

“La paix à cette maison.”

Alors les malheureux parents quittent le lit et se jettent aux pieds de Jésus. Élise seule reste où elle est, occupée à frictionner avec des substances aromatiques les membres qui se refroidissent.

Le petit est vraiment à toute extrémité, son corps a déjà la lourdeur et l’abandon de la mort, et son petit visage est de cire avec des narines fuligineuses et des lèvres violacées. Le petit respire difficilement avec des spasmes de sa petite poitrine et chaque respiration semble la dernière tant elle est éloignée de la précédente.

La mère pleure, le visage sur les pieds de Jésus. Le père, lui aussi courbé jusqu’à terre, dit:

“Aie pitié! Aie pitié!”

Il ne sait dire autre chose.

Jésus dit:

“Lévi, viens vers Moi” et il lui tend les bras.

Le petit, un enfant d’environ cinq ans, a comme une secousse, comme si quelqu’un l’avait appelé à haute voix pendant qu’il dormait. Il s’assoit sans difficulté et de ses petits poings il se frotte les yeux, regarde autour de lui avec étonnement, et voyant Jésus qui lui sourit, il se jette en bas de son petit lit et va avec assurance, dans sa petite tunique, vers le Sauveur.

Les parents, courbés comme ils sont, ne voient rien, mais les exclamations d’Élise qui crie: “Bonté éternelle!”, et des apôtres et des curieux qui de l’entrée poussent un “Oh!” de stupéfaction, les avertissent de ce qui arrive; ils lèvent leurs visages de par terre et ils voient leur petit garçon là, en bonne santé, comme s’il n’avait jamais été mourant.

La joie fait rire, fait pleurer, crier et se taire, selon les réactions de chacun. Ici, elle produit une stupeur muette, comme effrayée… Il y a trop de différence entre la situation précédente et l’actuelle, et les deux pauvres parents, déjà étourdis par la douleur, hésitent à accueillir la joie.

531.20 – Quand enfin ils y réussissent, l’enfant se trouve dans les bras de Jésus, et alors au mutisme succède un flot de paroles mêlées à des cris de joie et de bénédiction, et il est difficile de suivre ce déluge de paroles qui surabondent en désordre. Je reconstruis d’après elles que vers l’heure de sexte l’enfant, qui jouait dans le jardin, était rentré à la maison en se plaignant de douleurs abdominales. La grand-mère l’avait pris dans ses bras et tenu près du feu, et il semblait aller mieux. Mais ensuite, un peu avant l’heure de none, il avait été pris de vomissements de matières fécales et était tout de suite entré en agonie. La péritonite foudroyante classique La péritonite foudroyante est la conclusion personnelle de Maria Valtorta qui établit son diagnostic (elle a été infirmière) après avoir "écouté" et rétabli le récit surexcité des symptômes du mal qui avait frappé le petit garçon. .

Le père avait couru à Jérusalem aux premiers signes du mal et était revenu avec un médecin. Ce dernier, après avoir vu l’enfant qui dans l’entre-temps s’était mis à vomir, avait dit: “Il ne peut vivre” et il s’en était allé… En effet, d’une minute à l’autre, le mal empirait et déjà l’enfant se refroidissait. Les parents, dans l’angoisse de ce malheur imprévu, étaient incapables de penser à son salut prochain. C’est seulement quand André et Élise étaient entrés avec des fleurs en disant: “Jésus les envoie à Lévi” qu’ils avaient eu une sorte de lumière intérieure et avaient dit: “Jésus va le sauver.”

“Et tu l’as sauvé, éternellement béni! Tes fleurs! L’espérance! La foi! Oh! oui! la foi en ton amour pour nous! Mais comment as-tu su? Béni! Demande de nous ce que tu veux! Commande comme à des esclaves! Nous te devons tout!…”

Jésus les écoute, tenant toujours l’enfant dans ses bras. Il les laisse parler jusqu’à ce qu’ils soient fatigués, que leurs nerfs soumis à une si grande tension se soient détendus en se soulageant. Puis il dit doucement:

“J’aime les enfants et les cœurs fidèles. Vous tous de Nobé êtes très bons pour Moi. Si je suis bon avec ceux qui me haïssent, que donnerai-je à ceux qui m’aiment? Je savais… et je savais aussi que la douleur vous faisait oublier la Source de la Vie. J’ai voulu vous indiquer le chemin…”

“Mais pourquoi n’es-tu pas venu de Toi-même, Seigneur? Tu craignais peut-être que nous ne t’accueillions pas?”

“Non. Je savais que vous m’auriez accueilli avec amour. Mais parmi ceux qui sont autour de nous, il y avait quelqu’un qui avait besoin de se persuader que je n’ignore rien de ce qui concerne les hommes et l’état des cœurs Judas, de plus en plus dissimulateur. . Et j’ai voulu aussi que d’autres comprennent que Dieu répond à ceux qui l’invoquent avec foi.

531.21 – Maintenant soyez en paix et grandissez toujours dans la foi en la miséricorde de Dieu. Que la paix soit avec vous tous. Adieu, Lévi. Va trouver ta mère maintenant. Adieu, femme. Consacre aussi au Seigneur celui que tu portes en ton sein en souvenir de la bonté dont le Seigneur a usé envers toi. Adieu, homme. Conserve ton esprit dans la justice.”

Il se retourne pour partir en passant, non sans peine, à travers les parents qui se pressent dans l’entrée: grands-parents, oncles, cousins du miraculé, qui veulent tous parler à Jésus, le bénir, être bénis par Lui, baiser ses vêtements, ses mains…

Et puis, après la nombreuse parenté, ce sont les gens du village qui veulent faire la même chose, mais ceux-ci se déversent sur la route derrière Jésus en laissant à leur joie ceux de la maison bénie par le miracle. Et dans les chemins sombres désormais, avec le bruit habituel des heures de fête, Nobé toute entière reconduit Jésus à la maisonnette de Jean, et il faut toute l’autorité des apôtres pour persuader aux citadins de retourner à leurs maisons pour laisser en paix le Maître, et à l’autorité ils doivent ajouter aussi des moyens plus énergiques en les menaçant que s’ils ne le laissent pas reposer, le lendemain ils s’en iront tous de là, pour réussir dans leur entreprise.

Et finalement le Fatigué peut se reposer…