Et Moi, à tous ceux qui ont su s’unir dans une espérance qui est déjà de la foi, j’ai accordé la santé et le réconfort, car il est juste qu’il en soit ainsi.

531.3 – Je suis le Pasteur universel et je dois accueillir toutes les brebis qui veulent entrer dans mon troupeau. Je ne fais pas de distinction entre les brebis saines et les malades, entre les brebis faibles et les fortes, entre les brebis qui me connaissent, étant déjà du troupeau de Dieu, et les brebis qui jusqu’à maintenant ne me connaissaient pas et ne connaissaient même pas le vrai Dieu. Car je suis le Pasteur de l’Humanité, et je prends mes brebis dans tous les lieux où elles se trouvent et se dirigent vers Moi. Ce sont des brebis maigres, sales, avilies, ignorantes, frappées par des pasteurs qui ne les ont pas aimées et les ont repoussées en les disant immondes? Il n’y a pas d’impureté qui ne puisse être purifiée. Et il n’y a pas d’impureté qui, voulant se purifier et demandant de l’aide pour y arriver, puisse être repoussée avec l’excuse qu’elle est telle.

Les bons désirs, c’est Dieu qui les suscite. S’il les suscite, c’est signe qu’il désire qu’ils deviennent réalité. C’est le même Esprit de Dieu qui demande par des prières ineffables cette absorption de tous les hommes de la part de l’Amour, car l’Esprit de Dieu désire se répandre et s’enrichir. Se répandre en aimant un nombre illimité d’êtres à peine suffisant pour donner satisfaction à son Infinité d’Amour, et s’enrichir de l’amour d’un nombre illimité d’êtres attirés à Lui par la douceur de ses parfums. Il n’est donc permis à personne de mépriser et de repousser celui qui veut entrer dans le saint troupeau.

Ceci dit pour ceux d’entre vous qui peuvent cultiver dans leur cœur les idées d’une grande partie d’Israël, des idées de distinction et de jugement qui ne sont pas aimées de Dieu car elles sont contraires à son dessein de faire de tous les peuples un Peuple unique qui porte le Nom du Messie envoyé par Lui.

Cependant, en ce moment, je parle aussi à toutes celles venues du dehors, aux brebis jusqu’à présent sauvages et qui éprouvent le désir d’entrer dans le troupeau unique de l’Unique Pasteur. Et je dis: que rien ne les décourage, que rien ne les avilisse. Il n’y a pas de paganisme, il n’y a pas d’idolâtrie, il n’y a pas de vie différente de celle que j’enseigne, qu’on ne puisse renier et repousser pour permettre à l’esprit de se refaire à neuf, délivré de toute plante mauvaise pour être capable de recevoir de nouvelles semences et de revêtir un nouveau vêtement. Et c’est cela, plus encore que la santé des membres, qui devrait pousser les peuples vers Moi.

531.4 – De la même façon — et cela sert pour les hébreux de Palestine comme pour les hébreux et les prosélytes de la Diaspora et comme pour les gentils — de même que vous savez venir à Moi pour que soit enlevé à vos chairs malades, le joug de l’infirmité, ainsi sachez venir pour que soit enlevé à votre esprit le joug du péché ou du paganisme. Tous, vous devriez me demander en premier lieu, et désirer de toutes vos forces, d’être délivrés de ce qui rend votre esprit esclave de forces mauvaises qui le dominent. Vous devriez vouloir d’abord cette libération, vouloir comme premier miracle le Royaume de Dieu en vous. Parce que, une fois ce Royaume de Dieu venu en vous, toute autre chose vous sera donnée, et donnée de manière que le don ne pèse pas comme un châtiment dans l’autre vie.

Vous n’avez pas réfléchi aux intempéries, aux fatigues, aux pertes d’argent pour obtenir la santé des membres, qui même s’ils sont guéris aujourd’hui, dans un proche avenir périront de mort physique. C’est du même cœur que vous devriez savoir tout affronter pour obtenir la santé de l’esprit, et la Vie éternelle, et la possession du Royaume de Dieu.

Les mépris ou les menaces des parents ou des concitoyens ou des puissances, que sont-ils en comparaison de ce que vous aurez tous, de quelque endroit que vous veniez, si vous savez venir à la Vérité et à la Vie? Qui hésiterait à aller en un lieu où il saurait que l’attend une vie heureuse, pour rester une journée à une fête qui finit au coucher du soleil? Et pourtant c’est ce que font beaucoup.

Pour se rassasier, pendant une fraction de temps, des insipides et inutiles joies du monde, ils évitent d’accourir au lieu où ils trouveraient pour toujours une vraie nourriture, une vraie santé, une vraie joie et sans peur de se la voir arracher par une haine ennemie.

Dans le royaume de Dieu, il n’y a pas de haine, pas de guerre, pas d’injustices. Celui qui sait y entrer ne connaît plus la douleur, l’angoisse, les vexations, mais il possède la paix joyeuse qui émane de mon Père.

Je vous congédie. Allez. Retournez dans vos villages. Désormais mes disciples sont nombreux et répandus dans toutes les régions de la Palestine, Écoutez-les, si vous voulez connaître ma Doctrine et être prêts pour le jour de la décision de laquelle dépendra la vie éternelle d’un grand nombre. Je vous donne ma paix pour qu’elle vienne avec vous.”

Et Jésus, après avoir béni la foule, rentre dans la maison…

531.5 – Les apôtres restent encore dehors pendant quelque temps, puis ils rentrent pour le repas car le soleil, déjà haut dans le ciel, indique que C’est midi.

Ils s’assoient à la table rustique pour prendre la nourriture composée de fromages, de chicorée cuite à l’eau et assaisonnée avec de l’huile, et après la bénédiction des mets, ils parlent des événements de la matinée. Ils se félicitent que le nombre des disciples qui évangélisent soit désormais tel que le Maître soit soulagé de la fatigue de parler continuellement dans les conditions de fatigue où il se trouve.

En effet Jésus, ces derniers temps, est devenu encore plus maigre. Sa couleur, qui est naturellement d’un blanc d’ivoire foncé avec à peine une teinte de rosé sous la couleur brune de la peau, au sommet des joues, est maintenant tout à fait blanche, semblable à un pétale de magnolia qui a perdu sa fraîcheur.

À moi, qui ayant vécu longtemps à Milan connais la couleur délicate du marbre de Candoglia qui a servi à la construction du magnifique Dôme, le visage du Seigneur, en ces derniers mois douloureux de sa vie terrestre, me paraît vraiment de la couleur de ce marbre qui n’est pas blanc, qui n’est pas rosé, qui n’est pas jaune, mais rappelle avec les nuances les plus délicates ces trois couleurs. Les yeux sont plus profonds et semblent donc plus sombres, peut-être aussi une ombre de lassitude offusque les paupières et les orbites.

Des yeux de quelqu’un qui dort peu, pleure beaucoup et souffre. Et la main semble plus longue, parce qu’elle est décharnée et pâlie, douce main de mon Seigneur qui montre déjà le relief des tendons et les veines, qui a des creux par suite de la maigreur sous laquelle transparaît l’ossature sous-jacente, sainte main martyre, déjà prête pour le clou qui la transpercera et où il sera facile aux bourreaux de trouver le point où mettre le clou car il n’y a pas de voile de graisse sur la main ascétique de mon Seigneur.

Maintenant elle s’abandonne comme par lassitude sur le bois sombre de la table, alors que Lui secoue sa tête en souriant péniblement à ses apôtres qui s’aperçoivent de l’infinie lassitude de ses membres, de sa voix, et surtout de son cœur, trop affligé, trop épuisé par l’effort de devoir tenir unis tant de cœurs différents, de devoir supporter et tenir caché le déshonneur du disciple incorrigible…

531.6 – Pierre décrète:

“Toi, jusqu’à la Fête de la Dédicace, il faut absolument que tu te reposes. À ceux qui viennent, c’est nous qui y penserons. Toi, tu iras… Mais, oui! Chez Thomas. Tu seras tout près et en paix À Rama, tout proche de Nobé. .”

Thomas appuie la proposition de Pierre, mais Jésus secoue la tête. Non. Il ne veut pas y aller.

“Eh bien, alors, tu ne parleras pas ces jours-ci. Nous pouvons le faire. Ce ne seront pas des paroles élevées: nous nous en tiendrons à ce que nous savons et Toi, tu t’occuperas seulement des malades.”

“Cela, nous aussi pouvons le faire” dit Judas Iscariote.

“Hum! Moi, j’y renonce” dit Pierre.

“Et pourtant, tu l’as déjà fait!”