“Et pourtant elle prétend connaître ton visage et ta voix.”

“En effet son âme me connaît, de par la volonté de Dieu.”

“Tu dis par la volonté de Dieu. Mais comment peux-tu l’affirmer?”

“On m’a dit qu’elle dit des paroles inspirées.”

“Le démon aussi parle de Dieu.”

“Mais avec des erreurs mêlées à dessein, pour dévoyer les hommes dans des pensées erronées.”

525.3 - “Eh bien… nous voudrions que tu nous laisses éprouver cette femme.”

“De quelle manière?”

“Tu ne la connais vraiment pas?”

“Je vous dis que non.”

“Alors voilà. Nous envoyons quelqu’un pour crier: “Voici le Seigneur” et nous voyons si elle salue celui qui est avec ce dernier comme si c’était Toi.”

“Pauvre preuve! Mais je l’accepte pourtant. Choisissez parmi ceux qui m’accompagnent ceux que vous voulez envoyer en avant, et Moi, je vous suivrai avec les autres. Cependant si la femme parle, vous devez la laisser parler pour que je juge ses paroles.”

“C’est juste. Le pacte est fait et nous le tiendrons loyalement.”

“Qu’il en soit ainsi et que cela serve à toucher votre cœur.”

“Maître, nous ne sommes pas tous des adversaires. Certains de nous sont indécis… et ont une volonté sincère de voir ce qui est vrai pour te suivre” dit un scribe.

“C’est vrai. Et eux seront encore aimés de Dieu.”

Les scribes examinent les apôtres et s’étonnent de l’absence de plusieurs et en particulier de l’Iscariote, et puis ils choisissent Jude Thaddée et Jean. Ils prennent en plus le jeune voleur converti qui est pâle et maigre et avec une chevelure légèrement rousse, ceux en somme dont l’âge et la physionomie ont des points communs avec le Maître.

“Nous allons en avant avec eux. Toi, reste ici avec nos compagnons et avec les tiens, et suis-nous d’ici un moment.”

Ainsi font-ils.

525.4 - Ils sont déjà en vue des bois qui bordent le fleuve. Un soleil d’hiver à son couchant dore le sommet des arbres et répand une vive lumière jaune sur les personnes rassemblées près des arbres.

“Voici! Voici le Messie! Levez-vous! Venez à sa rencontre!” crient les scribes qui sont allés en avant en prenant un sentier qui aboutit à un rouvre Sorte de chêne peu élevé. gigantesque aux racines puissantes à demi découvertes qui peuvent servir de sièges à ceux qui s’abritent près de son tronc.

Le groupe de personnes rassemblées tout autour se retourne, se lève, s’ouvre et se sépare pour aller à la rencontre de ceux qui viennent. Près du tronc, il reste seulement trois scribes, Jean d’Ephèse, et un homme et une femme âgés, plus une autre femme assise sur une racine en saillie, le dos au tronc, la tête penchée sur ses genoux que serrent ses bras enlacés, elle est toute couverte d’un voile violet si foncé qu’il paraît noir. Elle semble étrangère à tout, et le cri ne la fait pas bouger.

Un scribe touche son épaule:

“Le Maître est ici, Sabéa. Lève-toi et salue-le.”

La femme ni ne répond ni ne bouge.