“Mais toi, tu fais beaucoup de ce que j’enseigne.
508.7 – J’ai vu l’enfant, Joseph…”
“Ah! Tu l’as vu? Il est venu! il sait que je ne veux pas! À cause de Toi… j’en suis heureux, mais ce pouvait n’être pas Toi…”
“Et alors, que serait-il arrivé?”
“Que… cela ne me plaît pas, voilà!”
“Pourquoi Joseph? Pour qu’on ne t’en loue pas? Ta pensée est louable, mais l’enfant pourrait penser que tu as honte de le montrer…”
“Et c’est vrai!”
“C’est vrai? Et pourquoi? Explique-moi la chose.”
“Voilà: l’enfant n’est pas né hébreux de parents hébreux, pas même de prosélytes, pas même d’une femme de notre pays et d’un père gentil. C’est l’enfant de deux romains, affranchis dans la maison d’un romain qui était à Césarée maritime. Il a gardé l’enfant tant qu’il y est resté. Mais, à son départ, il ne s’en est pas occupé et l’enfant est resté seul. Les hébreux, naturellement, ne l’ont pas accueilli. Les romains… Ce que sont les romains, tu le sais… Et ces romains surtout de Césarée! L’enfant, en mendiant…”
“Oui, je le sais. Il est arrivé ici et tu l’as accueilli. Dieu a signé ton acte au Ciel.”
“Et j’en ai fait un circoncis! Et j’ai changé son nom. Le sien! Païen! Idolâtre! Mais je ne veux pas qu’il se fasse voir et qu’il se rappelle son passé.”
“Pourquoi, Joseph?” demande doucement Jésus, et il ajoute: “L’enfant en souffre. Il se rappelle sa mère. C’est compréhensible!”
“Mais il est compréhensible aussi mon désir de n’être pas critiqué pour avoir accueilli un…”
“Un innocent. Rien de plus que cela, Joseph. Pourquoi crains-tu le jugement des hommes, quand un jugement plus haut, celui de Dieu, sanctionne ton acte, parce qu’il est saint? Pourquoi as-tu honte, par respect humain, ou par crainte de représailles, d’une action qui est bonne? Pourquoi veux-tu donner à l’enfant un exemple de duplicité tel que celui qui ressort du changement de nom, d’étouffer le passé par crainte qu’il te porte un préjudice? Pourquoi veux-tu inculquer à l’enfant le mépris du père et de la mère? Tu vois, Joseph, tu as fait une action digne de louanges, mais tu la couvres de poussière avec ces… idées imparfaites. Tu as imité un de mes gestes. Tu as accueilli mes paroles. C’est bien.
Mais pourquoi ne rends-tu pas parfaite mon imitation en accomplissant franchement cette œuvre et en disant: “Oui, l’enfant était romain et moi, je n’en ai pas éprouvé du dégoût parce qu’il est fils du Créateur, tout comme vous. Seulement je l’ai voulu dans notre Loi et je l’ai circoncis”? Vraiment… La circoncision véritable va arriver et elle s’exercera sur le cœur des hommes et elle emportera l’anneau étranglant de la triple concupiscence. Par conséquent, même si l’enfant était resté un enfant jusqu’à ce moment… Mais je ne veux pas t’en faire un reproche. Tu as bien fait, toi hébreux en le faisant hébreu. Pourtant, laisse-lui son nom. Oh! dans l’avenir combien de Martial, de Caïus, de Félix, de Cornélius, de Claudius et autres, appartiendront au Christ et au Ciel! C’était possible pour lui aussi qui ne sait pas ce que veut dire hébreu et gentil, et qui arrivera à sa majorité 12 ans révolus. quand la véritable et nouvelle Loi sera fondée avec un nouveau Temple et de nouveaux prêtres et qu’il y arrivera non comme tu le penses, mais examiné par Dieu et trouvé digne de son nouveau Temple. Laisse-lui le nom que sa mère lui a donné. C’est encore pour lui une caresse maternelle. Je comprends ce que tu as voulu dire en l’appelant Manassé, mais laisse-lui le nom de Martial. Et à ceux qui t’interrogent, dis simplement: “Oui, c’est Martial. Presque comme le disciple du Christ auquel Marie a donné ce nom” Marziam, qui d'ailleurs prendra ultérieurement le nom de Martial. . Sois courageux dans le bien, Joseph, et tu seras grand, très grand.”
“Maître… comme tu veux. Je ne veux pas te contrarier. Et tu crois que… j’ai bien agi aussi comme homme?”
“Tu as bien agi. Ta douleur t’a rendu bon. Aussi tout est bien de ce que tu as fait, et cet acte est bon.”
Des coups frappés à la porte de la rue interrompent la conversation.