“Nous allons bientôt être près de Jéricho et nous nous y arrêterons pour attendre une femme qui ne peut nous recevoir dans sa maison…”
“Pourquoi? Est-ce une pécheresse?”
“Non, c’est une malheureuse. Ce cavalier qui t’a tant tracassé est venu me dire de l’attendre. Et je l’attendrai, bien que je sache ne pouvoir rien faire pour elle. Et sais-tu qui l’a mise, et aussi le cavalier, sur mes traces? Judas. Tu vois qu’il a une raison honnête de connaître ce juif.”
Pierre baisse la tête et se tait confus, peut-être pas convaincu, et encore curieux. Mais il se tait.
503.5 – Jésus s’arrête en dehors des murs de la ville et, fatigué, il s’assoit à l’ombre d’un bosquet qui abrite du soleil une fontaine près de laquelle il y a des quadrupèdes à l’abreuvoir.
Les disciples s’assoient eux aussi en attendant. Ce doit être un quartier très secondaire de la ville, car à part les chevaux et les ânes qui appartiennent certainement à des marchands en voyage, il y a peu de monde.
Une femme s’avance toute enveloppée dans un manteau foncé et le visage presque couvert. Le voile épais et foncé descend à la moitié du visage. Il y a avec elle le cavalier de tout à l’heure, maintenant à pied et trois autres hommes somptueusement vêtus.
“Nous te saluons, Maître.”
“Paix à vous.”
“C’est la femme. Écoute-la et exauce son désir.”
“Si je puis.”
“Tu peux tout.”
“Tu le crois, toi, sadducéen?”
Le sadducéen Les sadducéens ou sadocites forment le clan issu de Sadoc, grand prêtre de David. C'est d'eux que sortent traditionnellement les grands prêtres (Hanne, Caïphe, …). Ils ne croient pas à la résurrection des morts. c’est celui qui était à cheval.
“Je crois à ce que je vois.”
“Et tu as vu que je puis?”
“J’ai vu.”
“Et pourquoi le puis-je, tu le sais?”
Silence.
“Puis-je savoir, Moi, comment tu juges que je le puis?”
Silence.
Jésus ne s’occupe plus de lui ni des autres. Il parle à la femme:
“Que veux-tu?”
“Maître… Maître…”
“Parle donc, sans crainte.”