“Je le garde couvert car elle souffre beaucoup de la lumière.”

“Ce ne sera qu’un moment de souffrance” dit Jésus.

Mais la petite se met à pleurer désespérément et ne veut pas qu’on enlève la bande.

“C’est qu’elle croit que tu vas la tourmenter avec le feu, comme les médecins” explique le père qui se débat pour enlever de dessus la bande les menottes de la fillette.

“Oh! Ne crains pas, fillette. Comment t’appelles-tu?”.

La petite pleure et ne répond pas. Le père répond pour elle:

“Tamar, du lieu où elle est née. Et le garçon, Fara Farah, en arabe, veut dire bonheur, satisfaction. .”

“Ne pleure pas, Tamar. Je ne te fais pas mal. Tu sens mes mains: je n’ai rien dans les doigts. Viens sur mes genoux. En attendant je vais guérir ton frère et lui te dira ce qu’il a éprouvé. Viens ici, petit.”

Le serviteur Lui pousse près de ses genoux le pauvre petit aveugle, aux yeux éteints par le trachome Trachome : Conjonctivite transmise par une bactérie de petite taille. Elle dégénère en cécité par perforation cornéenne. Cette maladie se transmet par les mouches, les linges sales, les poussières et le sable transporté par le vent. Le trachome sévit surtout dans les pays au climat chaud et sec. . Jésus le caresse sur la tête et lui demande:

“Sais-tu qui je suis?”

“Jésus le Nazaréen, le Rabbi d’Israël, le Fils de Dieu.”

“Veux-tu croire en Moi?”

“Oui.”

Jésus lui met la main sur les yeux en lui couvrant plus de la moitié du visage. Il dit:

“Je le veux! Et que la lumière des pupilles ouvre le chemin à la lumière de la Foi.”

Il enlève sa main. L’enfant pousse un cri en portant les mains à ses yeux, et puis il dit:

“Père! Je vois!”

Mais il ne court pas vers son père. Dans sa spontanéité enfantine, il s’attache au cou de Jésus et Lui dépose un baiser sur les joues et il reste ainsi, attaché à son cou, avec sa petite tête qui se réfugie sur l’épaule de Jésus pour réhabituer ses pupilles au soleil. La foule crie au miracle pendant que le père voudrait bien enlever l’enfant du cou de Jésus.

“Laisse-le. Il ne m’ennuie pas. Seulement, Fara, dis à ta sœur ce que je t’ai fait.”

“Une caresse, Tamar. Comme la main de maman. Oh! sois guérie toi aussi, et nous jouerons encore!”

501.7 – La fillette, avec encore un peu d’hésitation, se fait mettre sur les genoux de Jésus qui voudrait la guérir sans même toucher la bande. Mais les scribes et leurs compagnons se mettent à crier:

“C’est un truc: la fillette y voit. Un coup monté pour abuser de votre bonne foi, ô habitants d’ici.”

“Ma fille est malade. Moi…”

“Laisse-les. Toi, maintenant, Tamar, sois gentille et laisse-moi t’enlever les bandes.”

La fillette, convaincue, laisse faire. Quel spectacle, quand tombe la dernière bande! Deux plaies rouges, croûteuses, enflées, occupent la place des yeux et il en coule des larmes et du pus. Les gens font entendre un murmure d’horreur et de pitié alors que la fillette porte ses menottes à son visage pour se mettre à l’abri de la lumière qui doit la faire souffrir horriblement. Sur les tempes rougissent de récentes brûlures.