“Tu ne me reconnais pas? Je suis le rabbi Sadoq. De temps à autre nous nous rencontrons.”

“Le monde est toujours petit quand Dieu veut que deux personnes se rencontrent. Nous nous rencontrerons encore, rabbi. En attendant, que la paix soit avec toi.”

L’autre ne rend pas le salut de paix, mais il demande:

“Que fais-tu ici?”

“Ce que tu vas faire, j’ai fait. Cette montagne n’est-elle pas sacrée pour toi?”

“Tu l’as dit, et j’y viens avec mes disciples. Mais moi, je suis un scribe!”

“Et Moi, je suis un fils de la Loi. Je vénère donc Moïse comme tu le vénères.”

“C’est un mensonge. Tu annules sa parole avec la tienne et tu prétends que l’on obéisse à Toi, non plus à nous.”

“A vous, non. L’obéissance à votre égard n’est pas nécessaire…”

“Elle n’est pas nécessaire? Horreur!”

“Non, pas plus que ne sont nécessaires dans ton vêtement, pour te garder de l’air automnal, les zizits flottants et nombreux qui ornent ton vêtement. C’est ton vêtement qui te protège. Ainsi en est-il des nombreuses paroles que l’on enseigne, Moi j’accepte celles qui sont nécessaires et saintes, celles de Moïse, et je ne m’occupe pas des autres.”

“Samaritain! Tu ne crois pas aux prophètes!”

“Les prophètes, vous non plus vous ne les observez pas. Si vous les observiez, vous ne me diriez pas samaritain.”

“Mais laisse-le, Sadoc. Veux-tu parler avec un démon?” dit un autre pèlerin qui arrive avec d’autres personnes.

Puis, en tournant son dur regard sur le groupe qui entoure Jésus, il voit Judas de Kérioth et le salue en se moquant.

501.5 – Peut-être arriverait-il quelque incident car les gens du village veulent défendre Jésus. Mais voilà qu’en criant se fraie un chemin l’homme de Pétra suivi d’un serviteur. Lui et le serviteur ont un enfant dans les bras.

“Laissez-moi passer. Seigneur, je me suis trop fait attendre?”

“Non, homme, viens vers Moi.”

Les gens s’écartent pour le laisser passer. Il vient à Jésus et il s’agenouille pour déposer par terre une fillette dont la tête est bandée de lin. Le serviteur l’imite en mettant par terre un garçon aux yeux éteints.

“Mes enfants, Maître Seigneur!” dit-il, et dans cette courte phrase, tremble toute la souffrance et l’espérance d’un père.

“Tu as eu beaucoup de foi, homme. Et si je t’avais déçu? Si tu ne m’avais pas trouvé? Si je te disais que je ne puis les guérir?”

“Je ne te croirais pas. Je ne croirais même pas à l’évidence de ne pas te voir. Je dirais que tu t’es caché pour éprouver ma foi et je te chercherais jusqu’à ce que je te trouve”.

“Et la caravane? Et ton gain?”

“Ces choses? Et que sont-elles par rapport à Toi qui peux guérir mes enfants et me donner une foi pleine d’assurance en Toi?”

501.6 – “Découvre le visage de la fillette” ordonne Jésus.