499 – Fuite d’Hesbon et rencontre d’un marchand de Pétra
22 septembre 1946
Le dimanche 22 septembre 1946.
499.1 – Je ne vois pas la ville d’Hesbon. Jésus et les siens en sortent déjà, et d’après les visages des apôtres je comprends que cela a été une déception. Ils sont suivis, ou plutôt poursuivis, à la distance de quelques mètres par une foule qui vocifère et menace…
“Ces lieux qui entourent la Mer Salée La mer morte. sont maudits comme la mer elle-même” dit Pierre.
“Ce lieu! Toujours celui du temps mosaïque, et tu es trop bon pour ne pas le punir comme il le fut alors Destruction de Sodome et de Gomorrhe détruits par le feu du Ciel dans la suite des viols et des assassinats perpétrés par ses habitants. Voir Genèse, chapitre 19 et notamment les versets 23 à 29. Ainsi que son rappel en Deutéronome 29,22. . Mais il le mériterait bien, et il faudrait bien en venir à bout par les puissances du Ciel ou par celles de la Terre, tous jusqu’au dernier homme et la dernière localité” dit Nathanaël fâché, avec une lueur de dédain dans ses yeux profonds.
La race hébraïque ressort fortement chez l’apôtre maigre et âgé dans l’accès de dédain, et le fait ressembler beaucoup aux nombreux rabbis et pharisiens qui s’opposent toujours à Jésus.
Jésus se retourne et lève la main pour dire:
“Paix! Paix! Ils seront eux aussi attirés à la Vérité. Mais il faut la paix. Il faut de la compassion. Nous ne sommes jamais venus ici, ils ne nous connaissent pas. D’autres endroits furent ainsi la première fois, mais ensuite ils changèrent.”
“Ces endroits sont comme Massada Cf. EMV 392.4/6. : des vendus! Retournons au Jourdain” dit Pierre avec insistance.
Mais Jésus s’en va par la route milliaire qu’il vient de reprendre en direction du sud. Les plus enflammés contre Lui ne cessent de le poursuivre, en attirant l’attention des voyageurs.
499.2 – Quelqu’un - ce doit être un riche marchand, ou au moins quelqu’un qui est au service d’un marchand - conduit une longue caravane qui va vers le nord. Il les observe stupéfait, en arrêtant son chameau, et en même temps que lui s’arrêtent tous les autres.
Il regarde Jésus, il regarde les apôtres, désarmés et d’un aspect si bienveillant; il regarde ces gens qui arrivent en criant et en menaçant et, curieux, il les interpelle. Je n’entends pas ses paroles mais les cris qui lui répondent:
“C’est le Nazaréen maudit, le fou, le possédé. Nous ne voulons pas de Lui dans nos murs!”
L’homme n’en demande pas plus. Il retourne son chameau, crie quelque chose à quelqu’un qui le suivait de près, et aiguillonne l’animal qui en quelques foulées rejoint les apôtres.
“Au nom de votre Dieu, qui d’entre vous est Jésus le Nazaréen?” demande-t-il aux apôtres Matthieu, Philippe, Simon le Zélote et à Isaac qui sont dans le dernier petit groupe.
“Pourquoi le demandes-tu? Toi aussi, pour l’ennuyer? N’est-ce pas assez de ses compatriotes? Tu t’y mets toi aussi?” dit Philippe très fâché.
“Je vaux mieux qu’eux, et je demande une grâce. Ne me repoussez pas. Je vous le demande au nom de votre Dieu.”
Il y a dans la voix de l’homme quelque chose qui persuade les quatre, et Simon lui dit:
“Le premier de tous, en avant, avec les deux plus jeunes.”
L’homme excite de nouveau l’animal car Jésus, qui était déjà en avant, a encore avancé durant le bref dialogue que Lui ignore.
499.3 – “Seigneur!… Écoute un malheureux…” dit-il en le rejoignant.
Jésus, Jean et Marziam se retournent étonnés.
“Que veux-tu?”
“Je suis de Pétra, Seigneur. Je passe pour le compte d’autrui des marchandises venant de la Mer Rouge, jusqu’à Damas. Je ne suis pas pauvre, mais c’est comme si je l’étais. J’ai deux enfants, Seigneur, et le mal les a pris aux yeux et ils sont aveugles, l’un tout à fait, le premier qui a été pris, l’autre presque aveugle et qui le sera bientôt complètement. Les médecins ne font pas de miracles, mais Toi, oui.”