Connaissez-vous mon origine? Non. Connaissez-vous mes œuvres? Non. Voyez-vous leurs fruits? Non. Vous ne connaissez rien de Moi. Vous voyez donc qu’en cela aussi, je suis le “Christ” dont l’Origine, la Nature et la Mission doivent être inconnues jusqu’au moment où il plaira à Dieu de les révéler aux hommes. Bienheureux ceux qui sauront, qui savent croire avant que la Révélation terrible de Dieu ne les écrase de son poids contre le sol et ne les y cloue et ne les brise sous la fulgurante, puissante vérité tonnée par les Cieux, criée par la Terre: “Lui était le Christ de Dieu Cf. La proclamation du soldat romain sur le Calvaire : "Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu !" (Cf. Matthieu 27,54 et EMV 609.30). ”.
Vous dites: “Lui est de Nazareth. Son père, c’était Joseph. Sa Mère, c’est Marie”. Non, je n’ai pas de père qui m’ait engendré comme homme. Je n’ai pas de mère qui m’ait engendré comme Dieu. Et pourtant j’ai une chair et je l’ai assumée par l’œuvre mystérieuse de l’Esprit, et je suis venu parmi vous en passant par un tabernacle saint. Et je vous sauverai, après m’être formé Moi-même par la volonté de Dieu, je vous sauverai, en faisant sortir mon véritable Moi-même du Tabernacle de mon Corps pour consommer le grand Sacrifice d’un Dieu qui s’immole pour le salut de l’homme.
487.9 - Père, mon Père! Je te l’ai dit au commencement des jours: “Me voici pour faire ta Volonté Psaume 39 (Hébreu 40),8-9 que reprend la Lettre aux Hébreux 10,7-9. Le Christ est de toute éternité : Jean1,1-3. ”. Je te l’ai dit à l’heure de grâce avant de te quitter pour me revêtir de la chair pour pouvoir souffrir: “Me voici pour faire ta Volonté”. Je te le dis encore une fois pour sanctifier ceux pour lesquels je suis venu: “Me voici pour faire ta Volonté”. Et je te le dirai encore, toujours, jusqu’à ce que ta Volonté soit accomplie…”
Jésus, qui a levé les bras vers le ciel pour prier, les abaisse maintenant, les croise sur sa poitrine et incline la tête, ferme les yeux et s’abîme dans une prière secrète.
Les gens chuchotent. Pas tous ont compris, même la plupart (et je suis du nombre Cf. la dictée de Jésus écrite plusieurs après cet épisode : "Je ne prétends pas que l'Œuvre soit un livre canonique, et encore moins mon porte-parole, que son ignorance absolue dans ce domaine empêche même de distinguer les théologies dogmatique, mystique ou ascétique ; s'il ignore les subtilités des définitions et les conclusions des conciles, il sait aimer et obéir — et cela me suffit, je n'attends rien d'autre de lui —. Néanmoins, je vous déclare, en vérité, que c'est un livre inspiré, car l'instrument est incapable d'écrire des pages qu'il ne comprend même pas si je ne les lui explique moi-même pour lui ôter toute crainte." (Dictée du 28 janvier 1947, extraite des "Cahiers de 1945 à 1950", page 317). Voir aussi, a contrario, l'avis des censeurs sur la haute valeur théologiques de l'Œuvre : "Au milieu d'un si grand étalage de connaissances théologiques… ésus est loquace à l'extrême, en véritable publicitaire, toujours prêt à se proclamer Messie et Fils de Dieu et à faire des exposés de théologie dans les termes mêmes qu'emploierait un professeur de nos jours… [La Vierge Marie] est toujours prête à donner des leçons d'une théologie mariale mise à jour selon les plus récentes études des spécialistes actuels en la matière". ) n’ont pas compris. Nous sommes trop ignorants. Mais nous avons l’intuition qu’il a énoncé de grandes choses, et nous nous taisons pleins d’admiration.
Les malveillants, qui n’ont pas compris ou n’ont pas voulu comprendre, raillent:
“Il délire!”
Mais ils n’osent pas en dire davantage et ils s’écartent ou bien se dirigent vers les portes en secouant la tête. Tant de prudence je crois qu’elle vient des lances et des dagues romaines qui brillent au soleil au bout du mur.
487.10 - Gamaliel se fraie un passage parmi ceux qui sont restés. Il arrive près de Jésus qui prie encore, absorbé, loin de la foule et de cet endroit, et il l’appelle:
“Rabbi Jésus!”
“Que veux-tu, rabbi Gamaliel?” demande Jésus en levant la tête, les yeux encore absorbés dans une vision intérieure.
“Une explication de Toi.”
“Parle.”
“Retirez-vous tous!” commande Gamaliel, et sur un tel ton que les apôtres, les disciples, les partisans, les curieux et les disciples eux-mêmes de Gamaliel, s’écartent en vitesse.
Ils restent, seuls l’un en face de l’autre, et ils se regardent. Jésus toujours plein d’une suave douceur, l’autre autoritaire sans le vouloir, et l’air involontairement orgueilleux. Expression qui lui est certainement venue d’années d’obséquiosité exagérée.
“Maître… on m’a rapporté certaines de tes paroles dites à un banquet… que j’ai désapprouvé parce qu’il manquait de sincérité Banquet offert par Elchias le pharisien à la Pentecôte. C'est à ce banquet que Jésus profère les malédictions contre les pharisiens Cf. EMV 414.4/11. . Moi, je combats ou je ne combats pas, mais c’est toujours ouvertement… J’ai médité ces paroles. Je les ai confrontées avec celles qui sont dans mon souvenir La prophétie donnée par le jeune Jésus lors de sa confrontation avec les docteurs du Temple : EMV 41.9. … Et je t’ai attendu, ici, pour t’interroger sur elles… Et auparavant, j’ai voulu t’écouter parler… Eux n’ont pas compris. Moi, j’espère pouvoir comprendre. J’ai écrit tes paroles pendant que tu les disais. Pour les méditer, non pas pour te nuire. Me crois-tu?”
“Je te crois. Et veuille le Très-Haut les faire flamboyer à ton esprit.”
“Qu’il en soit ainsi. Écoute. Les pierres qui doivent frémir, sont peut-être celles de nos cœurs?”
“Non, rabbi. Celles-ci (et dans un geste circulaire, il indique les murailles du Temple). Pourquoi le demandes-tu?”
“Parce que mon cœur a frémi quand m’ont été rapportées tes paroles du banquet et tes réponses aux tentateurs. Je croyais que ce frémissement était le signe…”
“Non, rabbi. C’est trop peu que le frémissement de ton cœur et celui de quelques autres pour être le signe qui ne laisse pas de doutes… Même si toi, grâce à un rare jugement d’humble connaissance de toi-même, tu donnes à ton cœur le nom de pierre. Oh! Rabbi Gamaliel, ne peux-tu pas vraiment faire de ton cœur de pierre un lumineux autel pour accueillir Dieu? Non dans mon intérêt, rabbi, mais pour que ta justice soit complète…”
Et Jésus regarde avec douceur l’ancien maître qui tourmente sa barbe et passe ses doigts sous son couvre-chef en serrant son front et en murmurant, et il baisse la tête pour le dire:
* Je ne puis… Je ne puis encore… Mais j’espère… Ce signe, est-ce que tu le donneras toujours?”
“Je le donnerai.”
“Adieu, rabbi Jésus.”