Est-ce que peut-être je cherche ma gloire? Dis-je peut-être que je suis l’Auteur de la Loi de grâce et de l’ère du pardon? Non. Je ne prends pas la gloire qui n’est pas la mienne, mais je donne gloire à la Gloire de Dieu, Auteur de tout ce qui est bon. Or ma gloire c’est de faire ce que le Père veut que je fasse, car cela Lui donne gloire. Celui qui parle en sa propre faveur pour qu’on le loue cherche sa propre gloire. Mais celui qui peut, même sans la chercher, avoir la gloire des hommes pour ce qu’il fait ou dit, et qui la repousse en disant: “Elle n’est pas mienne, créée par Moi, mais elle procède de celle du Père, comme Moi, je procède de Lui”, il est dans la vérité, et en Lui il n’y a pas d’injustice, car il donne à chacun le sien sans rien garder de ce qui ne Lui appartient pas. Je suis parce que Lui m’a voulu.”

486.8 - Jésus s’arrête un instant. Il tourne les yeux sur la foule, fouille les consciences, les lit, les pèse. De nouveau, il parle:

“Vous vous taisez. Pour la moitié dans l’admiration, pour la moitié vous demandant comment vous pourriez me faire taire. De qui sont les dix commandements? D’où viennent-ils? Qui vous les a donnés?”

“Moïse!” crie la foule.

“Non. Le Très-Haut. Moïse, son serviteur, vous les a apportés, mais ils sont de Dieu. Vous, qui avez les formules mais n’avez pas la foi, vous dites dans votre cœur: “Dieu, nous ne l’avons pas vu, ni les hébreux au pied du Sinaï”. Oh! il ne vous a pas suffi pour croire que Dieu était présent, pas même la foudre qui incendiait la montagne pendant que Dieu lançait la foudre et le tonnerre en présence de Moïse. Ils ne vous servent pas non plus les foudres et les tremblements de terre pour croire que Dieu est sur vous pour écrire le Pacte éternel de salut et de condamnation. Vous verrez une Épiphanie Épiphanie : ici au sens étymologique du grec Phainô, paraître. nouvelle, terrible, et bientôt, dans ces murs. Et les cachettes sacrées sortiront des ténèbres car il aura commencé le Règne de la Lumière, et le Saint des Saints sera élevé en présence du monde sans être plus caché sous le triple rideau. Et vous ne croirez pas encore. Que vous faudra-t-il donc pour vous faire croire? Que les foudres de la Justice marquent votre chair? Mais alors la Justice sera apaisée, et descendront les foudres de l’amour. Et pourtant même elles n’écriront pas sur vos cœurs, sur tous vos cœurs la Vérité, et ne susciteront pas le Repentir et puis l’Amour…”

Gamaliel a maintenant le visage tendu, et ses yeux fixent le visage de Jésus…

“Mais Moïse, vous savez que c’était un homme parmi les hommes. De lui vous ont laissé la description les chroniqueurs de son temps. Et pourtant, sachant qui il était, de qui et comment il eut la Loi, l’observez-vous, peut-être? Non. Aucun de vous ne l’observe.”

Un cri de protestation s’élève de la foule.

Jésus impose le silence:

“Vous dites que ce n’est pas vrai? Que vous l’observez? Et alors, pourquoi cherchez-vous à me tuer? Est-ce que le cinquième commandement ne défend pas de tuer l’homme? Vous ne reconnaissez pas en Moi le Christ? Mais vous ne pouvez pas nier que je suis un homme. Or, pourquoi cherchez-vous à me tuer?”

“Mais tu es fou! Tu es possédé! Un démon parle en Toi, il te fait délirer et dire des mensonges! Personne de nous ne pense à te tuer! Qui veut te tuer?” crient justement ceux qui veulent le faire.

“Qui? Vous. Et vous cherchez des excuses pour le faire. Et vous me reprochez des fautes qui ne sont pas vraies. Vous me reprochez, ce n’est pas la première fois, d’avoir guéri un homme pendant le sabbat. Et Moïse ne dit-il pas d’avoir pitié même de l’âne et du bœuf qui est tombé, car ils représentent un bien pour ton frère? Et Moi, je ne devrais pas avoir pitié du corps malade d’un frère pour lequel la santé reconquise est un bien matériel et un moyen spirituel pour bénir Dieu et l’aimer à cause de sa bonté? Et la circoncision que Moïse vous a donnée pour l’avoir reçue déjà des patriarches, ne la pratiquez-vous pas peut-être même pendant le sabbat? Si la circoncision d’un homme pendant le sabbat n’est pas une violation de la Loi mosaïque du sabbat, parce qu’elle sert à faire d’un garçon un fils de la Loi, pourquoi vous indignez-vous parce que j’ai guéri pendant le sabbat un homme tout entier, en son corps et en son esprit, et que j’en ai fait un fils de Dieu? Ne jugez pas selon l’apparence et la lettre, mais portez un jugement droit et avec votre esprit, car la lettre, les formules, les apparences sont des choses mortes, des tableaux peints mais non pas la vie vraie, alors que l’esprit des paroles et des apparences est vie réelle et source d’éternité. Mais vous ne comprenez pas ces choses parce que vous ne voulez pas les comprendre.

486.9 - Partons.”

Et il tourne le dos à tout le monde pour se diriger vers la sortie, suivi et entouré de ses apôtres et disciples qui le regardent, attristés pour Lui et pleins de dédain pour ses ennemis.

Lui, pâle, leur sourit en disant:

“Ne soyez pas tristes. Vous êtes mes amis, et vous faites bien de l’être, car mon temps arrive à sa fin. Bientôt viendra un temps où vous désirerez voir un de ces jours du Fils de l’homme. Mais vous ne pourrez plus le voir. Alors il sera réconfortant de vous dire: “Nous l’avons aimé et Lui avons été fidèles tant qu’il a été parmi nous”. Et pour se moquer de vous et vous faire paraître fous, ils vous diront: “Le Christ est revenu. Il est ici! Il est là!”. Ne croyez pas leurs paroles. N’allez pas, ne vous mettez pas à suivre ces faux railleurs. Le Fils de l’homme, une fois parti, ne reviendra plus qu’à son Jour. Et alors sa manifestation sera semblable à l’éclair qui resplendit et passe d’un point du ciel à l’autre, si rapidement que l’œil a du mal à le suivre. Vous, et pas vous seuls, mais aucun homme ne pourrait me suivre dans ma manifestation finale pour rassembler tous ceux qui ont existé, existent et existeront. Mais avant que cela arrive, il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, souffre tout, toute la douleur de l’Humanité et qu’en outre il soit renié par cette génération.”

“Mais alors, mon Seigneur, tu souffriras tout le mal dont sera capable de te frapper cette génération” observe le berger Mathias.

“Non. J’ai dit: “Toute la douleur de l’Humanité”. Elle existait avant cette génération, et elle existera, à travers les générations, après celle-ci. Et toujours elle péchera. Et le Fils de l’homme goûtera toute l’amertume des péchés passés, présents et futurs, jusqu’au dernier péché, en son esprit, avant d’être le Rédempteur. Et en outre sa gloire souffrira encore en son esprit d’Amour en voyant l’Humanité piétiner son Amour. Vous ne pouvez pas comprendre pour le moment… Allons maintenant dans cette maison. Elle m’est amie.”

Et il frappe à une porte qui s’ouvre pour le laisser entrer sans que le portier montre de l’étonnement pour le nombre des personnes qui entrent derrière Jésus.