“Et que voulez-vous? Que je ne glorifie pas les grandes choses que Dieu m’a faites? Voulez-vous que je ne le bénisse pas?”
“Bénis-le dans ton cœur et tais-toi” lui répondent-ils, fâchés.
“Non, je ne puis me taire. Dieu met les paroles sur mes lèvres ” et il reprend à haute voix: “Gens des deux endroits de frontière, gens qui passez par hasard, arrêtez-vous pour adorer Celui qui régnera au nom du Seigneur. Je me moquais de tant de paroles Toutes ces paroles : il s'agit de celles d'Isaïe 11-12. , mais maintenant je les répète car je les vois accomplies. Voici que toutes les nations s’ébranlent et viennent joyeuses vers le Seigneur par les chemins des mers et des déserts, par les collines et les monts. Et nous aussi, peuple qui avons cheminé dans les ténèbres, nous allons marcher vers la grande Lumière qui a surgi, vers la Vie, en sortant de la région de la mort. Loups, léopards et lions que nous étions, nous allons renaître dans l’Esprit du Seigneur et nous nous aimerons en Lui, à l’ombre du Rejeton de Jessé devenu un cèdre sous lequel campent les nations rassemblées par Lui aux quatre coins de la Terre. Voici venir le jour où la jalousie d’Éphraïm prendra fin parce qu’il n’y a plus Israël et Juda, mais un seul Royaume: celui du Christ du Seigneur. Voilà, je chante les louanges du Seigneur qui m’a sauvé et consolé. Voilà, je dis: louez-le et venez boire le salut à la source du Sauveur. Hosanna! Hosanna aux grandes choses que Lui fait! Hosanna au Très-Haut qui a placé au milieu des hommes son Esprit en le revêtant de chair, pour qu’il devienne le Rédempteur!”
483.9 - Il est intarissable. Les gens viennent plus nombreux, se groupent, encombrent la route. Ceux qui étaient en arrière accourent, ceux qui étaient en avant rebroussent chemin. Les gens d’un petit village, près duquel ils sont maintenant, s’unissent aux passants.
“Mais fais-le taire, Seigneur. C’est un samaritain: les gens le disent. Il ne doit pas parler de Toi si tu ne permets même pas que nous te précédions en t’annonçant!” disent les apôtres indisposés.
“Mes amis, je répète les paroles de Moïse à Josué, fils de Num, qui se lamentait de ce que Eldad et Madad Ils avaient reçu l'Esprit comme les soixante-dix anciens, alors qu'ils n'étaient pas concernés. Puisse tout le peuple de Dieu devenir un peuple de prophètes ! répond Moïse (Nombres 11, 26-30). prophétisaient dans les campements: “Es-tu jaloux pour moi, à ma place? Oh! si le peuple tout entier prophétisait ainsi et si le Seigneur pouvait donner à tous son esprit!” Mais cependant je vais m’arrêter et je vais le renvoyer pour vous faire plaisir.”
Et il s’arrête en se retournant et en appelant à Lui le lépreux guéri, qui accourt et se prosterne devant Jésus en baisant la poussière.
“Lève-toi. Et les autres où sont-ils? N’étiez-vous pas dix? Les neufs autres n’ont pas éprouvé le besoin de remercier le Seigneur. Et quoi? Sur dix lépreux dont un seul était samaritain, il ne s’est trouvé que cet étranger pour éprouver le besoin de revenir pour rendre gloire à Dieu, avant de se rendre lui-même à la vie et à sa famille? Et on l’appelle “samaritain”. Ils ne sont plus ivres alors les samaritains, puisqu’ils voient sans avoir la berlue et accourent sans chanceler sur le chemin du Salut? La Parole parle donc un langage étranger, s’il est compris par les étrangers et pas par ceux de son peuple?”
Il tourne ses yeux magnifiques sur une foule de tous les lieux de la Palestine qui se trouve là. Et ces yeux dans leur éclat sont insoutenables… Plusieurs baissent la tête et poussent leurs montures ou s’éloignent…
483.10 - Jésus abaisse les yeux sur le samaritain agenouillé à ses pieds, et son regard devient très doux. Il lève la main, qui pendait le long de son côté, en un geste de bénédiction et dit:
“Lève-toi et va-t-en. Ta foi a sauvé en toi quelque chose de plus que ta chair. Avance dans la Lumière de Dieu. Va.”
L’homme baise de nouveau la poussière et, avant de se lever, demande:
“Un nom, Seigneur. Un nom nouveau, puisque tout est nouveau en moi, et pour toujours.”
“Dans quelle terre nous trouvons-nous?”
“Dans celle d’Éphraïm.”
“Et désormais tu t’appelleras Ephrem, parce que c’est deux fois que la Vie t’a donné la vie Deux fois, car le sens littéral d'Ephrem est " double fruit ". . Va.”
L’homme se lève et s’en va.
Les gens de l’endroit et quelques pèlerins voudraient retenir Jésus, mais Lui les subjugue par son regard qui n’est pas sévère, mais au contraire est très doux quand il les regarde, mais qui doit dégager une puissance car personne ne fait un geste pour le retenir.
Et Jésus quitte la route sans entrer dans le petit village, traverse un champ, puis un ruisselet et un sentier, et il monte sur le coteau oriental couvert de bois, et s’y enfonce avec les siens en disant:
“Pour ne pas nous tromper, nous allons suivre la route, mais en restant dans le bois. Après cette courbe, la route s’appuie à cette montagne. Nous y trouverons quelque grotte pour dormir, pour franchir à l’aube Éphraïm…”