483 – Les apôtres discutent sur la haine des juifs. Les dix lépreux guéris en Samarie

29 août 1946

Le jeudi 29 août 1946.

483.1 - Ils sont toujours dans les montagnes, des montagnes escarpées, sur certains petits chemins où ne passent certes pas des chars, mais seulement des voyageurs à pied ou des gens montés sur des ânes vigoureux de la montagne, plus grands et plus robustes que les ânes que l’on rencontre habituellement dans les régions moins accidentées. Une observation qui à plusieurs paraîtra inutile, mais que je fais quand même.

En Samarie il y a des usages différents de ceux des autres lieux, en fait de vêtements et pour beaucoup d’autres choses. Et l’un c’est la quantité de chiens, insolite ailleurs Insolite ailleurs : c'est dans la vision du 31 mars 1944 (EMV 605.3) que Maria Valtorta a noté pour la première fois la présence d'un chien, et la seconde fois dans la vision du 13 mars 1945 (EMV 129.1). , qui me frappe, comme m’a frappée la présence des porcs dans la Décapole. Beaucoup de chiens peut-être parce que la Samarie a beaucoup de bergers et doit avoir beaucoup de loups dans ces montagnes si sauvages. Beaucoup aussi parce que les bergers, en Samarie, je les vois le plus souvent seuls, tout au plus avec un enfant, faisant paître leurs propres troupeaux, alors qu’ailleurs, la plupart du temps, ils sont à plusieurs pour garder des troupeaux nombreux de quelque riche. Le fait est qu’ici chaque berger a son chien ou plusieurs, selon le nombre de brebis de son troupeau.

Une autre caractéristique c’est précisément ces ânes presque aussi grands qu’un cheval, robustes, capables d’escalader ces montagnes avec un lourd chargement sur le bât, même de grosses bûches, forts comme ils en descendent de ces magnifiques montagnes couvertes de bois séculaires.

Autre particularité: les manières dégagées des habitants qui, sans être des “pécheurs” comme les jugent les juifs et les galiléens, sont ouverts, francs, sans bigoterie, sans toutes ces histoires qu’ont les autres, et hospitaliers. Cette constatation me fait penser que dans la parabole du bon samaritain La parabole du bon Samaritain se trouve en EMV 281.10. , il n’y a pas eu seulement l’intention de faire ressortir que le bon et le mauvais existent partout, dans tous les lieux et chez toutes les races, et même chez les hérétiques il y en a qui peuvent avoir le cœur droit, mais vraiment aussi la description réelle des habitudes samaritaines envers ceux qui ont besoin d’être aidés.

Ils se sont arrêtés au Pentateuque — je ne les entends parler que de cela — mais ils le pratiquent, du moins envers le prochain, avec plus de droiture que les autres, avec leurs six-cent-treize articles de préceptes, et cætera.

483.2 - Les apôtres parlent avec le Maître, et bien qu’ils soient incorrigiblement Israélites, ils doivent reconnaître et louer l’esprit qu’ils ont trouvé chez les habitants de Sichem qui, je le comprends par les conversations que j’entends, ont invité Jésus à séjourner au milieu d’eux.

“Tu as entendu, hein?” dit Pierre “comme ils ont dit clairement qu’ils connaissent la haine des juifs? Ils ont dit: “Pour Toi et sur Toi il y a plus de haine que pour nous samaritains pour tous ceux que nous sommes et que nous avons été. Leur haine pour Toi est sans bornes”.

“Et ce vieillard? Comme il a bien parlé: “C’est juste, au fond, qu’il en soit ainsi, parce que tu n’es pas un homme mais tu es le Christ, le Sauveur du monde et donc tu es le Fils de Dieu, car seul un Dieu peut sauver le monde corrompu. Par conséquent, étant sans limites comme Dieu, sans limites dans ta puissance, dans ta sainteté et dans ton amour, comme sera sans limites ta victoire sur le Mal, ainsi il est naturel que le Mal et la Haine, qui n’est qu’une seule chose avec le Mal, soient sans limites contre Toi”. Il a vraiment bien parlé! Et cette raison explique tant de choses!” dit le Zélote.

“Qu’explique-t-elle, selon toi? Moi… je dis qu’elle explique seulement que ce sont des sots” dit Thomas expéditif.

“Non. La sottise serait encore une excuse, mais ils ne sont pas sots.”

“Ils sont ivres alors, ivres de haine” réplique Thomas.

“Pas même. L’ivresse cède après s’être déchaînée. Cette rancœur ne cède pas”.

“Et plus déchaînée que cela! Et depuis si longtemps… qu’elle aurait dû tomber maintenant.”

“Amis, elle n’a pas encore touché le but” dit Jésus avec calme comme si le but de la haine n’était pas son supplice.

“Non?! Mais s’ils ne nous laissent jamais en paix?!”

“Maître, eux ne sont pas encore convaincus que j’ai dit la vérité. Mais je l’ai dite. Oh! oui, je l’ai dite! Et je dis aussi que si cela avait dépendu de vous, vous seriez tous tombés dans le piège comme y est tombé le Baptiste. Mais ils ne réussiront pas, car je veille…” dit l’Iscariote.

Et Jésus le regarde. Et je le regarde, moi aussi, me demandant, et je me le demande depuis quelques jours, si la conduite de l’Iscariote est due à un bon et réel retour sur le chemin du bien et de l’amour pour son Maître, une libération des forces humaines et extrahumaines qui le possédaient, ou si c’est un travail plus raffiné de préparation au coup final, un asservissement plus grand aux ennemis du Christ et à Satan.

Mais Judas est un être tellement spécial, qu’il est impossible de le déchiffrer. Seul Dieu peut le comprendre. Et Dieu: Jésus, laisse tomber un voile de miséricorde et de prudence sur toutes les actions et la personnalité de son apôtre… un voile qui se déchirera, en éclairant parfaitement tant de pourquoi, maintenant mystérieux, quand seront ouverts les livres des Cieux.

483.3 - Les apôtres sont tellement préoccupés par l’idée que la haine des ennemis n’a pas encore atteint son but, qu’ils ne parlent plus pendant un moment. Puis Thomas s’adresse encore au Zélote pour lui dire:

“Et alors, s’ils ne sont ni ivres ni sots, si leur haine explique tant de choses sans expliquer celle-ci, qu’explique-t-elle alors? Que sont-ils? Tu ne l’as pas dit…”

“Que sont-ils? Des possédés. Ils sont ce qu’ils disent de Lui. Cela explique leur acharnement qui ne connaît pas de trêve, qui au contraire croît davantage à mesure que se manifeste sa puissance. Il a bien parlé, ce samaritain. En Lui, Fils du Père et de Marie, Homme et Dieu, existe l’Infinité de Dieu, et infinie est la Haine qui s’oppose à cette Infinité parfaite, même si tout en étant sans limites la Haine n’est pas parfaite, car seul Dieu est parfait dans ses actions. Mais si la Haine pouvait atteindre l’abîme de la perfection, elle descendrait pour l’atteindre, se précipiterait même pour l’atteindre, pour rebondir ensuite, par la violence même de sa chute dans l’abîme infernal, contre le Christ, afin de le blesser avec toutes les armes arrachées à l’abîme infernal. Le firmament, réglé par Dieu, a un seul soleil. Il se lève et rayonne et disparaît, en laissant la place au soleil plus petit qu’est la lune, et celle-ci, après avoir rayonné à son tour, se couche pour céder la place au soleil. Les astres enseignent beaucoup de choses aux hommes, car ils se soumettent aux volontés du Créateur, mais les hommes non. Et c’en est un exemple de vouloir s’opposer au Maître. Qu’arriverait-il si, à une aurore, la lune disait: “Je ne veux pas disparaître, et je reviens par le chemin déjà fait?”

Certainement, elle irait heurter le soleil, avec horreur et au détriment de toute la Création. C’est ce qu’eux veulent faire, croyant pouvoir briser le Soleil…”