“Fils!” avec un déchirement qui me fait souffrir.

Jésus la serre sur son cœur, et elle pleure sur ce cœur…

“Maman, j’ai voulu te parler en cette heure de paix pour ceci… Je te confie mon secret et ce que j’ai de plus cher ici-bas. Aucun des disciples ne sait que nous ne reviendrons plus de ce côté, que quand tout sera accompli. Mais toi… Pour toi, il n’y a pas de secrets… Je te l’avais promis Je te l'avais promis, en EMV 460.10. , Maman. Ne pleure pas. Nous avons encore beaucoup d’heures à rester ensemble. C’est pour cela que je te dis: “Viens en Judée”. De t’avoir près de Moi, me dédommagera de la fatigue de la plus difficile évangélisation à ces cœurs durs qui font obstacle à la Parole de Dieu. Viens avec les disciples galiléennes. Vous me serez si utiles! Jean s’occupera de trouver un asile pour toi et pour elles. Maintenant, avant qu’il ne vienne, prions ensemble. Puis tu retourneras au village, et Moi aussi je viendrai de nuit…”

477.10 - Ils prient ensemble et sont aux derniers mots du Pater quand Jean apparaît et dans la pénombre, quand il est proche, voit avec étonnement les traces de larmes sur le visage de Marie. Mais il ne dit rien à ce propos. Il salue le Maître et Lui dit:

“Je serai à l’aurore sur la route, hors de Nazareth… Viens, Mère. En dehors du bois, il fait encore clair, et en bas, la route est bien éclairée par les lanternes des chars qui y circulent…”

Marie embrasse encore Jésus en pleurant dans son voile et puis, aidée par Jean qui la tient par le coude, elle descend le sentier et puis en bas, vers la vallée.

Jésus reste seul à prier, à réfléchir, à pleurer. Car Jésus pleure en regardant sa Mère qui descend. Et puis il revient où il était avant et reprend la position qu’il avait alors que l’ombre et le silence deviennent de plus en plus épais autour de Lui.

Le lundi 14 février 1944.

[…] Maria Valtorta eut une première vision de l'épisode. Elle est rapportée dans les Cahiers de 1944 à la date du 14 février. La catéchèse de Jésus, qui va suivre, la commentait. Mais elle eut, par la suite, une vision plus complète, le 21 août 1946. C'est celle qui figure ci-dessus.

477.11 - Jésus dit:

“Parmi toutes les douleurs de Marie, ma Mère, je n’ai pas oublié celle-ci: avoir dû la torturer par l’attente de ma souffrance, avoir dû la voir pleurer. C’est pour cette raison que je ne lui refuse rien. Elle m’a tout donné. Je lui donne tout. Elle a connu toute la souffrance. Je lui donne toute la joie.

Je voudrais que, quand vous pensez à Marie, vous méditiez sur son agonie, qui a duré trente-trois ans et a eu son sommet au pied de la croix. C’est pour vous qu’elle l’a endurée. C’est pour vous qu’elle a supporté les quolibets de la foule qui la considérait comme la mère d’un fou. Pour vous, elle a subi les reproches de sa parenté et des personnages d’importance. Il était encore pour vous, mon apparent désaveu Voir EMV 269.12. : “Ma Mère et mes frères sont ceux qui font la volonté de Dieu.” Or qui accomplissait mieux qu’elle cette terrible volonté, qui lui imposait la torture de voir son Fils être supplicié?

C’est pour vous qu’elle a connu les fatigues de me rejoindre ici ou là, c’est pour vous qu’elle a fait des sacrifices, depuis celui de laisser sa petite maison et de se mêler à la foule, jusqu’à celui de quitter son village pour le tumulte de Jérusalem. Pour vous, elle a dû être en contact avec celui qui fomentait dans son cœur de me trahir. Pour vous, elle a ressenti la douleur de m’entendre être accusé de possession diabolique. Tout, tout a été pour vous.

477.12 - Vous ne savez pas combien j’ai aimé ma Mère. Vous n’imaginez pas à quel point le cœur du Fils de Marie a été sensible aux affections. Vous croyez que ma torture fut seulement physique, tout au plus vous y ajoutez cette torture spirituelle que fut l’abandon final du Père.

Non, mes enfants. J’ai aussi éprouvé les passions humaines. J’ai souffert de voir la douleur de ma Mère, de devoir la conduire au supplice comme une douce brebis, ou la déchirer par mes adieux successifs: à Nazareth avant l’évangélisation ou dans ce que je vous ai montré et qui précède ma Passion imminente, et encore — lorsque déjà elle a commencé par la trahison de Judas — avant la Cène, enfin lors de cet atroce adieu sur le Calvaire.

J’ai souffert de me voir raillé, haï, calomnié, entouré de curiosités malsaines qui n’ont pas évolué vers le bien, mais vers le mal.

J’ai souffert de tous les mensonges que j’ai dû entendre ou voir à l’œuvre à mes côtés: ceux des pharisiens hypocrites qui m’appelaient Maître et m’interrogeaient, non par foi en mon intelligence, mais pour me tendre des pièges; ceux à qui j’avais accordé des bienfaits et qui se changèrent en accusateurs au Sanhédrin et au Prétoire; celui, prémédité, long, subtil de Judas, qui m’a vendu et a continué de jouer au disciple, puis qui m’a désigné aux bourreaux par un geste d’amour. J’ai souffert du mensonge de Pierre, pris d’une peur humaine.

Que de mensonges, qui tous me révoltèrent, moi qui suis la Vérité! Combien y en a-t-il aujourd’hui encore à mon sujet! Vous prétendez m’aimer, mais vous ne m’aimez pas. Vous avez mon nom sur les lèvres, mais au fond du cœur vous adorez Satan et vous suivez une loi contraire à la mienne.

J’ai souffert en pensant que, devant la valeur infinie de mon sacrifice — celui d’un Dieu —, trop rares sont ceux qui seraient sauvés. Tous, je dis bien tous ceux qui, dans les siècles des siècles de la terre, allaient préférer la mort à la vie éternelle, rendant vain mon sacrifice, je les ai gardés présents à l’esprit. Et c’est avec cette connaissance que je suis allé à la rencontre de la mort.

477.13 - Tu vois, petit Jean, que ton Jésus et sa Mère ont profondément souffert dans leur être moral, et longuement. Patience donc, si tu dois connaître cela. Je l’ai dit En EMV 265.11. : “Le disciple n’est pas plus grand que son Maître.”

Demain je te parlerai des douleurs de l’esprit. Pour l’instant, repose-toi. Que la paix soit avec toi.” Fiche mise à jour le 08/04/2020.